‹ Les étrangères. Poésies, traduites de diverses liteèraturesChapitre 10 sur 73 · SPARTACUS · texte numérisé non relu

SPARTACUS

Le hardi Spartacus, le gladiateur thrace

Aux esclaves armés du fer Dont il fit des soldats et qui suivent sa trace,

Entre le Vésuve et la mer, Parle : « L'ancien esclave est désormais un homme !

Fils du glaive, que voulons-nous?

Combattre l'oppresseur, faire agenouiller Rome.

Volcan à l'éternel courroux, Sois ici mon témoin! Peuple-roi, je te somme

De nous rendre la liberté!

Gaulois, Scythes, Germains, Parthes, Albanais, Daces,

Peuple justement révolté, Tu reçus mille affronts, sache avoir mille audaces !

Pour leur exécrable plaisir Nous fûmes trop longtemps meurtriers l'un de l'autre. Le Romain ,, dans le sang, comme un tigre se vautre :

Nubien, tu le feras fuir!

Le Romain est un loup : frappe-le de ta chaîne,

Valeureux Cimbre, étends-le mort!

Que vos muscles d'acier qui tantôt dans l'arène

Usaient, épuisaient leur ressort,

Donnent pour but à leur effort, Les applaudissements de notre seule haine.

Les cadavres des fiers Romains, Dans le cirque, feront, bien mieux que leur louange,

Honneur à l'œuvre de nos mains.

Ils adorent les jeux : hache, épieu, dard, alfange,

Cimeterre, en hommes de cœur, Faites -les donc briller, montrez à leur surprise

Le grand jeu du gladiateur.

Sans trêve et sans merci, frappez ! Partout qu'on vise

A la toge des chevaliers ! ' Que le bronze et le fer que votre rage aiguise

Aux flots de leur sang soient rouilles!

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