SPARTACUS
Le hardi Spartacus, le gladiateur thrace
Aux esclaves armés du fer Dont il fit des soldats et qui suivent sa trace,
Entre le Vésuve et la mer, Parle : « L'ancien esclave est désormais un homme !
Fils du glaive, que voulons-nous?
Combattre l'oppresseur, faire agenouiller Rome.
Volcan à l'éternel courroux, Sois ici mon témoin! Peuple-roi, je te somme
De nous rendre la liberté!
Gaulois, Scythes, Germains, Parthes, Albanais, Daces,
Peuple justement révolté, Tu reçus mille affronts, sache avoir mille audaces !
Pour leur exécrable plaisir Nous fûmes trop longtemps meurtriers l'un de l'autre. Le Romain ,, dans le sang, comme un tigre se vautre :
Nubien, tu le feras fuir!
Le Romain est un loup : frappe-le de ta chaîne,
Valeureux Cimbre, étends-le mort!
Que vos muscles d'acier qui tantôt dans l'arène
Usaient, épuisaient leur ressort,
Donnent pour but à leur effort, Les applaudissements de notre seule haine.
Les cadavres des fiers Romains, Dans le cirque, feront, bien mieux que leur louange,
Honneur à l'œuvre de nos mains.
Ils adorent les jeux : hache, épieu, dard, alfange,
Cimeterre, en hommes de cœur, Faites -les donc briller, montrez à leur surprise
Le grand jeu du gladiateur.
Sans trêve et sans merci, frappez ! Partout qu'on vise
A la toge des chevaliers ! ' Que le bronze et le fer que votre rage aiguise
Aux flots de leur sang soient rouilles!