‹ Les étrangères. Poésies, traduites de diverses liteèraturesChapitre 25 sur 73 · RANZ SUISSE · texte numérisé non relu

RANZ SUISSE

Sur les coteaux

Tranquilles, Vu les agiles

Oiseaux :

Ils chantent, volent Et caracolent, Puis ont bâti

Leur nid.

Dans le bois, plein

D'herbettes, Vu des avettes

L'essaim :

L'essaim foisonne, Vibre et bourdonne, Fait bien et bel Son miel.

Frais tourbillon ,

Qui brille, Vu la famille Du papillon :

Sur lis et rose, Va, vient, se pose L'aile aux mutins

Lutins.

Vient mon ami

Que j'aime, Son cœur aussi

Essaime.

Et, comme eux tous, Ivres et doux, Nous sommes fous

De même.

De l'allemand. (Dialecte suisse.) Gœthe.

LA REPUDIEE

Que voit-on de blanc sur la forêt verte? Est-ce de la neige ou des cygnes? Point. La neige, il fait chaud, aurait fondu, certe ; Les cygnes auraient bougé sur un point. Ce n'est pas la neige, encor moins des cygnes De Hassan Aga c'est le campement.

Hassan est blessé dangereusement.

Sa mère et sa sœur, en dames très-dignes,

Entourent son lit. A l'épouse, hélas, La pudeur défend ici d'apparaître; Aussi, près d'Hassan, sa femme n'est pas.

Quand de sa blessure est guéri le maître, Sa main rude écrit ces mots foudroyants : « A femme sans cœur je n'ai plus de joie, « Pars ! et que jamais on ne te revoie ce Ni dans ma maison, ni vers tes enfants. »

L'épouse au cœur pur que ce mot renvoie, Blanche comme un marbre, a perdu le sens. Le fer d'un cheval au lointain résonne ; L'épouse au cœur fier, dont le sang bouillonne Et monte au cerveau, s'élance, à la tour, Pour trouver la mort, la mort qui la tente, Sur le froid pavé de la grande cour.

« Reviens, bonne mère, et sans épouvante, « Va, ce n'est pas lui, c'est l'oncle, le bey, « C'est Pintorovitch. » Et la pauvre mère, Dont l'élan terrible est déjà tombé, Se jette en pleurant au cou de son frère : « Frère, il m'a chassée, et je n'ai que toi. « A mes cinq enfants il m'arrache !... moi! »

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