‹ Les étrangères. Poésies, traduites de diverses liteèraturesChapitre 29 sur 73 · LA CLOCHE QUI MARCHE · texte numérisé non relu

LA CLOCHE QUI MARCHE

Un gars vif, non des plus méchants, Mais d'humeur inquiète,

Prenait chaque dimanche aux champs La poudre d'escampette.

« Mon fils, quand la cloche a sonné, « Au temple il faut se rendre,

« Sinon, la cloche, enfant mal né, « Pourrait venir te prendre. »

Bon ! se dit le gars, à son clou La cloche est bien pendue;

Il prend ses jambes à son cou, On l'a perdu de vue.

Mais qu'a donc la cloche aujourd'hui Qu'elle se tait? Il trotte.

O terreur ! bientôt après lui, Quelque chose cahote.

La cloche à pied, trottin trottant, Le suivait. Sa grand'bouche

S'entr'ouvre. Le gars palpitant Fuit, éperdu, farouche.

A travers champ, haie et fossé, Tant sa peur a de zèle,

Le coupable s'est élancé

Tout droit vers la chapelle.

Depuis, on put voir le garçon

Décemment, sans reproche, Venir de lui-même au sermon, Au premier coup de cloche.

De l'allemand. GcETHE.

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