‹ Les étrangères. Poésies, traduites de diverses liteèraturesChapitre 33 sur 73 · LE PECHEUR · texte numérisé non relu

LE PECHEUR

L'eau murmure. Tonde gazouille;

Au bord est un pêcheur.

Sa ligne flotte et dans l'eau fouille ;

Le frais lui monte au cœur.

Calme il attend, paisible il rêve;

Soudain, du flot qui dort Le miroir ondule et s'élève;

Des mers, la nymphe sort.

Et sa voix chante, et sa voix cause : « Que t'ont fait mes petits,

« Homme cruel, songeur morose, « Pour me les tuer, dis?

a Si tu savais comme heureux nage « Le poisson, sous mes eaux,

« Tu t'y jetterais, je le gage, et Pour oublier tes maux.

a La lune et le soleil, dans l'onde,

« Viennent se rafraîchir, « Et, tout rajeunis, sur le monde

« On les voit revenir.

« Le ciel profond et sans nuage

« Dans mes flots est plus pur; « Vois, sur la vague, ton image

et Plus belle en mon azur. »

L'onde gazouille, l'eau murmure

Et cherche son pied nu.

Le cœur lui bat, bat sans mesure,

Plein d'un trouble inconnu.

Et la voix parle, et la voix chante

Sa complainte d'amour; Elle l'attire, elle le tente

Il plonge sans retour.

De l'allemand. Gœthe.

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