‹ Les étrangères. Poésies, traduites de diverses liteèraturesChapitre 34 sur 73 · LA BATAILLE NAVALE · texte numérisé non relu

LA BATAILLE NAVALE

Le roi Christiern, sous le grand mât,

Frappe sans trêve; Et sur le pont des Goths, s'abat La grêle affreuse du combat.

Des Goths est tombé le grand mât.

Leur cri s'élève :

« Sauve qui peut, pour cette fois !

« Comment braver du roi danois <i Le glaive ? »

Nils Youl a donné le signal

De l'abordage :

ce Hissez le pavillon royal ! »

Des canons le rire infernal Fait danser le terrible bal,

Bal du carnage.

« Enfer ! fuyons pour cette fois !

« Qui peut braver d'Youl le Danois, « La rage? »

Sous les boulets, ô mer du Nord,

Chaude de poudre, Sombrent les vaisseaux de haut bord ; Cris de fureur, suprême effort, D'une haine qui dans la mort

Va se dissoudre.

De Tordenskiold, au ciel rougi, — Arrêt sans appel — a rugi La foudre.

Des Danois, le sentier d'honneur,

C'est le flot sombre.

Prends pour ami l'homme de cœur, Loyal, indomptable et sans peur

LA BATAILLE NAVALE. Il5

Qui ne tient point, en sa valeur,

Compte du nombre; Et méritons, bravant le sort, La couche, où glorieux, l'on dort A l'ombre.

Du danois. Chant populaire.

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