LA FILLE DE L'HOTESSE
Trois étudiants, passant par le Rhin, Chez la brave hôtesse entrent en chemin.
« Servez-nous, hôtesse, et bière et bon vin... « Où se cache donc la perle du Rhin?
— « Mon vin étincelle et ma bière est d'or, « Mais du grand sommeil ma Thérèse dort. »
Ils ont visité la chambre de deuil :
Thérèse dormait dans son noir cercueil.
Le premier,, levant le voile pieux, Contemple ses traits, des pleurs dans les yeux
« Belle aux yeux fermés, si tu respirais, « Dès cette minute, ah ! je t'aimerais. »
Le second remet le voile flottant,, Détourne la tête et dit sanglotant :
« Ravie en ta fleur, perdue à jamais!
« Moi qui dès longtemps en secret t'aimais ! »
Le troisième, ôtant le voile léger,
Sur la bouche pâle imprime un baiser :
« Je t'aimai toujours, je t'aime à présent, ce Et je veux t'aimer éternellement. »
De l'allemand. Uhland.