PARABOLE
Un Syrien, vers Kharazmo, A pied conduisait un chameau.
La bête, qu'un mot guide et touche, Par malhasard devient farouche, Se cabre et montre un œil si blanc, Que son maître s'enfuit tremblant.
Un puits est dans le voisinage,
Mais Tanimal est plein de rage.
Le chamelier, perdant l'esprit, Sent le souffle qui le poursuit Et dans la citerne s'élance.
De l'entonnoir aux flancs obscurs, La ronce tapissait les murs, Et l'homme, accroché, s'y balance..
Aux branches qu'il a pu saisir Il se cramponne; et de gémir.
Qu'aperçoit-il en haut? La bête, Dent féroce, allongeant la tête Pour le happer par le turban.
Et que voit-il en bas? Misère! Un monstre à gueule horrible et fière Dont le rictus béant espère Voir bientôt le pendu tombant.
Est-ce tout? Non. Le pauvre hère Qui déjà n'ose plus bouger Découvre un troisième danger.
La ronce a de faibles racines, Hélas ! et deux souris voisines, Le nez en l'air se laissent voir.
L'une a manteau blanc, l'autre noir.
Et chacune à son tour grignote,