‹ Les étrangères. Poésies, traduites de diverses liteèraturesChapitre 4 sur 73 · LE MONT NEBO · texte numérisé non relu

LE MONT NEBO

Au bord du vert Jourdain, au pied du mont Nébo.

Réchappé du désert et de l'Egypte, campe

Le peuple d'Israël. En face est Jéricho.

Les Hébreux dans le sol ont enfoncé la hampe.

Les bâtons sont posés, les rouleaux étendus, Les ceinturons défaits, la provende étalée. Femme, enfant, sont assis sur les moelleux tissus; L'homme est brun, svelte, vif; barbe noire et bouclée.

l6 RHYTHMES CONNUS.

Bientôt, sur le gazon, de leurs tentes de lin Pour le prochain sommeil ils ont dressé la flèche. Puis, loin des feux du jour, dans le taillis voisin, Tous vont, après que l'outre a puisé l'onde fraîche.

Plus tard, le chamelier étrille ses chameaux ; L'huile a purifié les corps de leur poussière ; A l'ombre, en ruminant, sommeillent les troupeaux ; L'étalon délié bondit dans la clairière.

Et les voix des Hébreux s'élèvent pour prier, Saluant la patrie et la Terre promise.

De son glaive, chacun examine l'acier; Sa main impatiente en attendant l'aiguise.

Sur l'autre bord du fleuve est le Jardin de Dieu, Asile du repos, pays de l'abondance, Dont le lait et le miel, dans les sables en feu, Excitant leur désir, soutint leur espérance.

<t Canaan ! Canaan ! » — Mais du Nébo rocheux, Leur chef, un grand vieillard, à pied gravit les rampes, De sa tête, à longs flots, la neige des cheveux Tombe, et deux rayons d'or jaillissent de ses tempes.

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