‹ Les étrangères. Poésies, traduites de diverses liteèraturesChapitre 5 sur 73 · LE MONT NE BO. 1J · texte numérisé non relu

LE MONT NE BO. 1J

Quand, sur l'âpre sommet, Moïse est arrivé, Vers tous les horizons se tourne son front pâle. Il le voit, cet Eden cent ans par lui rêvé, Terre qu'il ne doit point fouler de sa sandale.

De Dan à Galaad, de Tsoar à la mer

Se déploie, habité par des races maudites,

Le pays des palmiers, du blé d'or, du pré vert;

Moïse a contemplé les champs des Moabites.

« Je t'ai vu, Canaan, mon labeur n'est pas vain. « Jéhovah, de ton doigt ferme ici ma paupière ! » Et l'Esprit du Seigneur dans un nuage vint, Et soudain disparut le prophète en prière.

Heureux qui peut mourir sur la cime des monts, Où les rayons du jour colorent les nuages : Quel suaire! forêts, cités, plaines, vallons; Quel dais ! l'éther immense ouvrant ses paysages

De l'allemand. Freiligrath.

BELSAT-ZAR

Minuit. Dans les places, personne.

Tout dort. L'ombre est sur Babylone.

Mais au palais du roi, grand jour :

Flambeaux, rumeurs, gala de cour.

Et, pour la fête colossale, Belsatzar trône dans la salle.

Joyeux, vidant la coupe d'or, Les grands à l'entour font décor.

Aux chants, aux rires, au tumulte, Belsatzar, le roi sombre, exulte.

Sa joue a perdu sa pâleur,

Le feu du vin gonfle son cœur.

A sa perte, il court de lui-même; Aveuglé, Belsatzar blasphème.

Son discours, toujours plus hardi, Des flatteurs est plus applaudi.

Ivre d'une audace coupable,

Il donne un ordre : et, sur la table,

On apporte, pour braver Dieu, Les vases d'or du temple hébreu.

L'impie en saisit un. Rapide, Il l'emplit de vin et le vide.

Il le retourne lentement, Et s'écrie alors, é:umant :

« Jéhovah, honte à ta couronne!

« Je suis le roi de Babylone! »

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