‹ Les étrangères. Poésies, traduites de diverses liteèraturesChapitre 41 sur 73 · NUIT DE LUNE · texte numérisé non relu

NUIT DE LUNE

De tes clartés tu remplis Vallon, bois et plaine,

Et mon âme, au sein des nuits, Redevient sereine.

Astre pur, dans mon tourment, Ta flamme adoucie,

Me semble un regard aimant Penché sur ma vie.

Mais l'écho de mille voix,

En ma solitude, Rend à mon cœur d'autrefois

Son inquiétude.

Gai ruisseau, poursuis ton cours ' Tu vis mon ivresse :

Jeux, plaisirs, serments, amours, Plus rien ô détresse!

Pourquoi faut-il voir finir Ces douces chimères

Qui laissent au souvenir Des marques amères ?

Coule, coule, cher ruisseau ;

Chante à mon oreille.

Au gazouillement de l'eau,

Ma lyre s'éveille.

Tu m'inspires, que l'hiver

Enfle ton écume, Ou qu'Avril, tiédissant l'air,

De fleurs te parfume ;

NUIT DE LUNE. l45

Et je comprends la douceur,

La douceur profonde De presser contre son cœur,

A l'abri du monde,

Un ami fidèle et sûr

Pour qui, joie austère, L'âme, nageant dans l'azur,

N'ait plus de mystère.

De l'allemand. Gœthe.

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