‹ Les étrangères. Poésies, traduites de diverses liteèraturesChapitre 43 sur 73 · LE SOIR D UN JOUR DE FETE · texte numérisé non relu

LE SOIR D UN JOUR DE FETE

De l'allégresse, on voit succéder les jours gris. Par le temps, par la mort, ce qui fut nous, est pris. Des hommes disparus, des glorieux ancêtres,

De ces Romains dont la grandeur

Remplit de sa vaste splendeur La terre et l'Océan qu'ils régissaient en maîtres,

Que reste-t-il? Un bruit confus; Le monde marche, et d'eux ne s'inquiète plus.

Dès mes premiers ans, lorsque l'âme Pour un jour de plaisir d'ordinaire s'enflamme, Ce jour n'était pas mort que j'en portais le deuil. Et dans mes longues nuits, morne et sans fermer l'œil, J'y songeais. Et déjà la simple chansonnette Qui, d'échos en échos se jouant, semble fuir, En jetant à mon lit sa note de fauvette, Alors comme aujourd'hui, m'attristait à mourir.

De l'italien. Leopardi.

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