‹ Les étrangères. Poésies, traduites de diverses liteèraturesChapitre 50 sur 73 · MIGNON · texte numérisé non relu

MIGNON

Connais-tu le pays où la grenade en fleur Voit l'orange, fruit d'or, sortir d'un noir feuillage: Où dans un ciel d'azur souffle un vent de bonheur? Où le myrte au laurier se mêle? doux rivage!

Le connais-tu? Mon bien-aimé,

Fuyons au pays embaumé.

Connais-tu la maison? le toit gai rit à l'œil; Un portique est autour; la vigne s'y replie;

Les déesses de marbre, à l'hôte, font accueil. . . ; Ici, pauvre Mignon, qu'a-t-on fait de ta vie?

Le connais-tu? Mon protecteur,

Fuyons au pays enchanteur.

Connais-tu les hauts monts et leur âpre sentier?

Dans le brouillard, la mule a trouvé le passage ;

Aux cavernes, frémit le dragon prisonnier;

Le roc se précipite et le torrent fait rage.

Le connais-tu? Là-bas, là-bas,

Le sentier, père, attend nos pas.

De l'allemand. Gœthe.

XLV y

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