LES JOURS DE MON BONHEUR
(sonnet.)
Les jours de mon bonheur, comme un éclair, ont fui. Dès longtemps, à mes yeux, la belle chasseresse, La joie, est disparue, et mes longs jours d'ennui Se traînent lentement après l'enchanteresse.
Que pouvez-vous encor me donner aujourd'hui, Folles prétentions, faux biens, vaine allégresse? Le temps, inexorable à ce qui vit pour lui, Sous la cendre a glacé mon cœur et sa tendresse.
Et maintenant je fouille en mes décombres morts, Mais je n'y vois qu'erreurs et fautes; mon jeune âge A mûri pour mon âme un seul fruit, le remords.
Importuns souvenirs dont m'obsède l'image, Avec le reste, au moins, puisse le temps volage Balayer dans l'oubli vos douloureux trésors !
Du portugais. CamoËNS.
XLVII y'