‹ Les étrangères. Poésies, traduites de diverses liteèraturesChapitre 53 sur 73 · VIE BRISÉE · texte numérisé non relu

VIE BRISÉE

Elle n'aima jamais qu'une lois; et ce rêve

Vint éclore dans son cœur pur, Comme au sein d'une fleur monte la jeune sève,

Comme l'aube naît dans l'azur.

Mais son âme, aspirant aux choses immortelles,

Croyant à l'espoir comme à Dieu,

Se fiança sans voir les ailes

Que portait cet ange de feu.

Elle n'aima jamais qu'une fois, et victime,

Elle apprit dès lors à souffrir Ces blessures que fait au cœur l'amour sublime

Et que seul l'amour peut guérir. Et, lorsqu'elle sentit les roses de sa vie

Se faner, résignée au sort,

Son âme, échappant à l'envie,

Sourit tristement à la mort.

Sur terre elle est encor, mais n'ayant plus de joie Qu'aux choses des temps disparus;

Secourable à tous ceux que Dieu met sur sa voie, Son cœur pourtant n'aimera plus.

Oh ! s'il pouvait cesser de battre en sa poitrine, Ce cœur, pour retrouver un jour, Plus beau, dans la splendeur divine.

Son premier, son unique amour!

De l'anglais. Milnes.

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