‹ Les étrangères. Poésies, traduites de diverses liteèraturesChapitre 67 sur 73 · MON PREMIER-NÉ · texte numérisé non relu

MON PREMIER-NÉ

Donnez-le-moi! — Je t'embrasse, ô mon fils, hôte nouveau, Toi, sur l'arbre de mes jours, poussé comme un vert rameau !

Salut mille et mille fois, toi, jeune aile de mon âme; Dans tes doux vagissements, mon allégresse t'acclame !

Ta faiblesse, en moi du père a fait tressaillir le cœur; Reçois un premier baptême aux larmes de mon bonheur 1

Astrologue je deviens, au monter de ton étoile : Sur ce front pur, livre ouvert, quel avenir se dévoile?

2 2Ô RHYTH M ES NOUVEAUX.

Une fleur naît sur la branche, et dans la fleur, un fruit d'or Que la précoce gelée en respecte le trésor !

Oui, la mort doit épargner cette espérance chérie !

Vis, mon fils, un peu pour moi, mais surtout pour la patrie.

Grandis, enfant, sois un brave, et puisses-tu l'effacer,

Cet homme dont le front penche, ou du moins le remplacer.

Sur ma tombe, en te voyant, que l'on dise : « Si le père « Nous a quittés, dans le fils, son âme revit plus fière. »

Du hongrois. Pétœfi.

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