‹ Les étrangères. Poésies, traduites de diverses liteèraturesChapitre 7 sur 73 · LES NUAGES · texte numérisé non relu

LES NUAGES

Oiseau, sans fin je planerais Au ciel, dans les^nuages;

Peintre, sans fin j'ébaucherais Leurs flottantes images.

Je les aime d'un fol amour, Qu'ils s'ouvrent ou se joignent;

S'ils viennent je leur dis : Bonjour ! Au revoir! s'ils s'éloignent.

Aussi leur peuple aérien

De tendresse me paye; Il me cherche et comprend fort bien

Ce que mon cœur bégaye.

Cent fois je les ai contemplés, Au couchant comme à l'aube,

Tels que de beaux enfants, roulés Dans leur changeante robe.

Et je les ai surpris souvent

Irrités, en querelle, Comme des rivaux, dans le vent

Se bourrant de leur aile.

Et j'ai vu leur cortège errant

Bondir en cavalcade, Puis en bons frères, entourant

La lune, sœur malade.

Avec tendresse, avec émoi

Je les suis, je les aime; Dans toutes leurs formes, sur moi

Leur empire est le même.

Page 1