‹ Les étrangers à Bordeaux: étude d'inscriptions de la période romaine portantChapitre 5 sur 13 · POMPIVNIVS OB MERITIS CO N • C MAE · texte numérisé non relu

POMPIVNIVS OB MERITIS CO N • C MAE

[D{iis) M{anibus)] et memor[iaé) Pomp{eiae) Menap{iae) d[é)f[uncfae) an{norum) XXXVIII Pomp{eius) lunius oh meritis con{iugi) c[arisssi]mae.

(1) Spon, Antiquités de la ville de Lyon, nouvelle édition annotée par Monfalcon et Léon Renier, 1857, p. 162 et suivantes,

Le texte précédent figure parmi les épitaphes d'étrangers trouvées, suivant M. Sansas (1), dans des fondations romaines à l'emplacement de la maison Lesperon. Le monument, détruit sur place, consistait en un cippe à oreilles avec le signe de Vascia sur une de ses faces latérales. L'ancien directeur du Musée signale la régularité des caractères et les nombreuses ligatures qu'ils présentaient ; la panse de la lettre o, à la première ligne, remplaçait le jambage vertical de la lettre r; dans le gentilicium de la défunte, I'm et le p étaient unis ; il en était de même de l'A et du p dans l'ethnique. Enfin, à la dernière ligne Pm renfermait I'a, et I'e se reliait à cette lettre double.

M. Sansas proposait de lire Pomponia fille de Menapius; on peut admettre en effet, Pomponia ou même Pomponiana aussi bien que Pompeia ; mais Tinscription ayant été trouvée à côté d'autres épitaphes à ethniques, il est probable qu'il s'agit d'une Ménapienne morte à Bordeaux. Les Ménapiens, mentionnés par César, Pline et Ptolémée, ne figurent pas, au quatrième siècle, dans la Notice des Provinces, d'où Ton peut conclure que leur chef-lieu, n'avait pas le rang de cité ; il y a peut-être un rapprochement à faire entre ce fait et l'absence du mot civis dans l'épitaphe dont il est ici question.

(1) Le Progrès^ 186T; Société archéologique de Bordeaux, t. VII, 1880, p. 223.

Reml?

SECYRIAPRO

TOGENIAONp IVNXETMAl^ '

RiyîFE

T'xt^W^).)/^^

iî^mo ann{orum) XL; Securia Protogenia coniunx

et Maiorius Felicissimus Ub{ertus) d{e)[d{icàverunt)].

Fragment de 0^60 de haut sur 0"53 de large, découvert en 1871 dans les travaux de la voie du Peugue et publié la même année par M. Sansas dans le journal la Gironde.

La dernière lettre, dont le côté droit a disparu, est douteuse ; M. Sansas y voyait un P, mais il semble bien que rinscription se soit terminée par la formule habituelle, D. D.

La pierre ayant été rencontrée dans la partie de Tenceinte romaine où étaient enfouies d'autres épitaphes d'étrangers, il est permis de supposer que jR^mws est ici un ethnique, encore bien qu'il se rencontre dans les inscriptions comme cognomen. On sait par Strabon que la

laine des cités belges était déjà renommée pour son épaisseur et sa flexibilité ; un Remus fabriquait à Lyon le vêtement appelé sagum. On comprend qu'un habitant de Durocortorum ait eu à Bordeaux un comptoir de laines ou de tissus.

Securia^ comme Securius (1), est un nom dérivé du surnom Seeurus, si commun dans les inscriptions (2).

Protogenia est le nom grec îIpoTOY^vta (3) ; c'est l'équivalent de Primigenia fréquent dans les inscriptions (4), et de la forme plus spécialement latine Primus^ Prima qui s'est employée dans tout l'empire romain. Les inscriptions grecques portent de même llpôToç (dorien llpaxoç) et au féminin llpwTTi, dont on trouve dans les vieilles inscriptions romaines la forme latinisée Protus (5). Le sens originaire de tous ces mots est « premier-né. » On trouve à Bordeaux même les synonymes gaulois Cintugenus, Cintugena (6), mots identiques au nom propre Cetgen en vieil irlandais (7) et au nom commun qui est toujours employé en Irlande et en Ecosse sous les formes céidghin, ceudrghin, pour signifier « premier-né ». Les éléments de ce mot se rencontrent aussi en vieux breton (8).

TrcvcrI.

On sait que la colonia Augusta Treverorum h îonè vlti rôle considérable. Plusieurs empereurs y résidèrent. Elle possédait un des trois ateliers monétaires officiels de

(l)Brambach,n«921.

(2) Cf. Corp. Inscr. laU, t. V, 4876 ; — Wilmanns 1579.

(3) Corpus inscr iptionum graecarum, t. IV, n^ 6982.

(4) Wilmanns, n^» 431, 485, etc.

(5) Corp, inscr, îat,, t. 1, laP 1540.

(6) S&nssiS, Notes sur diverses sépultures antiques de Bordeaux^ 1863, p. 27 et 28.

(7) Grammatica celtica, 2* édit. p. 307.

(8) Ibid., p. 687, 137.

la Gaule et figure dans la Nojtice des Provinces, à la fin du iv8 siècle, comme la métropole de la Belgique première. Aussi les Treveri devaient-ils laissée de nombreux souvenirs dans répigraphie lapidaire. Trois inscriptions mentionnant des Treve^n ont déjà été découvertes à Bordeaux : les voici daiis Tordre probable de leur ancienneté.

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