‹ Les étrangers à Bordeaux: étude d'inscriptions de la période romaine portantChapitre 8 sur 13 · ESPAGNE · texte numérisé non relu

ESPAGNE

Bllbllltanl.

GAtSTATVTO DOMOBlLWtl OŒLLIQ^lLIi

^UjjaAo) Antonio L{ucii) f{ilio) domo Bilbil{i) Ocellio l{ibertus).

Gal{eria) statuto

Plaque quadrangulaire haute de 0*40, large de 0"62, trouvée dans les travaux du cours d'Alsace-Lorraine; les caractères en sont beaux et anciens; plusieurs lettres sont liées ; les mots sont séparés à la première ligne par des feuilles cordiformes et à la quatrième par un oiseau posé sur une branche au-dessous de laquelle est gravé un petit losange,

Antonius Statutus, fils de Lucius, à qui son affranchi Ocellio traçait une épitaphe, était de Bilbilis ; la forme domo comportait le nom de lieu à l'ablatif (1). Lltinéraire d'Antonin place Bilbilis sur la voie conduisant de Segontia à Caesaraugusta (2), et d'importantes ruines en montrent l'emplacement; c'est aujourd'hui le Gerro de Bambola à trois kilomètres au nord de Galatayud. De nombreuses monnaies frappées sous Auguste, Tibère et Caligula por-

(1) Cf. Wilmanns, t. II, p. 410.

(2) Edit. Parthey et Pinder, pp. 208 et 209.

tent le nom de Bilbilis (1), mais aucun des textes lapidaires retrouvés jusqu'à ce jour ne mentionne cette ville. Bilbilis était célèbre par son acier dont la trempe, suivant Pline (2), était due à la qualité de ses eaux.

La deuxième ligne de Tinscription nous apprend que Bilbilis était, comme plusieurs villes de la Tarraconaise, rattachée à la tribu Galeria. Les hommes et les femmes portant le nom de la gens Antonia^ étaient extrêmement nombreux en Espagne si Ton en juge par les inscriptions déjà retrouvées. Statutus « solide » et dans Plante (3) « de haute taille » se rencontre souvent comme surnom dans les inscriptions. Quant au nom de Taffranchi, M. AUmer (4) pense qu'il aurait dû régulièrement être écrit Aucellio^ contraction d'avicellio^ et qu'il devrait être rapproché d'aucella ^OMT avicella, si bien que l'image de l'oiseau serait un rébus, reproduisant le nom de l'auteur du monument. Quelque ingénieuse que soit Pexplication donnée par le savant épigraphiste, je ne crois pas que l'oiseau soit une sorte de signature. En effet, un oiseau se rencontre également à la fin d'autres inscriptions, par exemple, à Lyon, entre les lettres P. G., dans l'épitaphe que s'était tracée le sévir G. Salvius Mercurius (5).

Le mot aucellio^ équivalent du français oisillon ne serait pas écrit en latin par o au lieu de au; cette altération semble appartenir à l'époque où le latin a commencé à faire place aux langues modernes. Oc^Wio, connu comme

(1) Aloïss Heiss, Description générale des monnaies antiques de VEs* pagne, p. 181 et suiv.

(2) Summa autem differentia in aqua est cui subinde candens immergitur. Haec alibi atque alibi utilior nobilitavit loca gloiia ferri^ sîcut Bilbilim in Hispania et Turiassonem, Comum in Italia, quum ferraria metaUa in his locis non sint.Plin. Hist, nat,, XXXIV, XLI, 3, édit. Didot, t. II, p. 452. Voyez aussi Martial, épigi*. I, 50.

(4) Rev, épigr, du midi de la France y septembre et octobre 1882, p. 305.

(5) Inscript, antiques de Lyon, p. 184.

surnom appliqué à un esclave (1), est dérivé d'Oc^Z/ms dont le féminin Ocellia s'est déjà rencontré (2), ainsi qxi'Ocella (3). Ce dernier mot désignait suivant Pline (4) les enfants nés avec de petits yeux; le masculin ocellus^ petit œil, est employé par divers auteurs et notamment par Plante, comme terme de tendresse. Si donc on voulait trouver Torigine du nom de l'affranchi auteur de Tépitaphe précédente, il faudrait sans doute la chercher dans ce mot ocelliis.

Curnoiileiises*

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