‹ Les étrangers à ParisChapitre 55 sur 67 · YA · texte numérisé non relu

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« Pour un pays libre, voilà d’étranges facons de liberté, pense alors notre hidalgo. Cependant le fils de Castille. qui est au demeurant le meilleur fils du monde, se résigne ; il court, il vole redemander ses effets. La police les lui rend; mais elle prend ordinairement prétexte d’une conspiration carliste ou espartériste pour confisquer ses plus beaux poignards.. Le poignard catalan, qui à la longueur d’un compas, étonne les

naifs employés de la préfecture ; ils ne savent pas, ou ils feignent d'ignorer

qu’un Espagnol sans couteau est un homme à qui 1l manque un œil. En général, la police française se mêle beaucoup trop des réfugiés de tout pays. Le réfugié est le meilleur et le plus pacifique de tous les êtres. Il y en à qui font des aquarelles, d’autres écrivent comme ils pensent dans les journaux. L’hospitalité que Paris leur accorde, ils la reconnaissent, ils l’estiment; la France est pour eux une seconde patrie. Non qu'ils jugent la capitale de la civilisation française en adorateurs exclusifs et prévenus, je n’en veux pour témoin que le journal tenu par la jolie madame d’A..., l’une des plus spirituelles lionnes de Madrid.

« Madame la comtesse d’A..., née à Valence, est belle et jeune; c’est une des merveilles de notre Prado : elle est au courant de tout, excepté de la France. Il lui manquait de visiter votre pays, elle qui a visité l'Orient, la terre classique des roses. Elle s’est décidée, il y a un mois, à suivre ici la reine Christine, et voici le résultat de ses observations de chaque jour. Je vous donne ce journal nonchalant et caustique pour ce qu'il est, mais songez que c’est une Espagnole qui le rédige. Excusez le décousu de ses remarques.

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