‹ Les étrangers à ParisChapitre 61 sur 67 · LE DANOIS · texte numérisé non relu

LE DANOIS

Déliez-vous des géographes; rien n’est tranché comme leurs assertions que très-souvent l’on considère à l’égal des paroles de l'Évangile.

Par exemple, ouvrez la première géographie qui vous tombera sous la main, vous trouverez infailliblement, à l'endroit où le savant auteur traite des mœurs et du caractère des Danois, une appréciation formulée à peu près en ces termes :

« Le Danois est lourd, tout dans sa démarche annonce la pesanteur ; son air froid et cérémonieux laisse de prime abord sur son compte une impression fâcheuse; son intelligence ne parait pas très-vive, et son esprit manque de vivacité. »

Mais, malheureux géographes que vous êtes, chacune de vos paroles est un blasphème !

Comment! vous accusez cette nation d'être lourde? vous ne connaissez donc pas Lucile Grahn, cette sylphide d’entre les sylphides ?

Vous ne l’avez donc pas vue bondir avec la légèreté de la gazelle sur la scène de l'Opéra, dont elle effleurait à peine le plancher?

Comment! l'intelligence du Danois ne parait pas très-vive?

Vous ne connaissez donc pas Thorwaldsen, le sculpteur, dont le vaste front rayonnait de génie, dont les traits et le sourire étincelaient d'esprit?

Des deux suppositions l’une, géographes que vous êtes : ou le premier d'entre vous à écrit cette sottise qui fut copiée successivement par ses émules et ses successeurs, ou la science vous à abrutis au point d’avoir confondu les habitants du Danemark avec les Danois de la race canine, au sujet desquels nous voulons bien admettre jusqu’à un certain point le manque d'intelligence.

Pour les confondre — non les Danois, mais les géographes — citonsleur, parmi les notabilités de la nation danoise établies à Paris, le banquier 177, qui, après avoir amassé, à force de travail et de persévérance, une fortune colossale à Paris, en fait le plus digne usage.

I ne protége pas les artistes comme le faisait son confrère M. Aguado, marquis de Las Marismas : mais il encourage, avec cette bonté et cette noblesse quile distinguent, les jeunes négociants, en les appuyant de son crédit et en leur ouvrant sa caisse, C’est, nous n’hésitons pas à le dire, un second Laffite.

On cite de lui un trait rare, et qui vient naturellement à l’appui de ce que nous disons.

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