‹ Les étrangers à ParisChapitre 64 sur 67 · LUC · texte numérisé non relu

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Le chambellan put en effet s'assurer par celte lecture que son gracieux souverain n’ignorait rien de ce que faisaient ou disaient les Russes en pays étranger. Les documents placés sous ses yeux contenaient une espèce de journal de voyage, écrit par diverses mains. Limanoff avait été suivi pas à pas, observé d’un regard pénétrant, écouté d’une oreille atteutive. Heureusement pour lui, les griefs énoncés dans ce rapport n'étaient pas très-importants. Les torts de Limanoff se bornaient à quelques im-

prudences : il avait tenu parfois des propos légers ; il s’était trouvé en relations avec des Polonais proscrits et des étudiants entachés de libéralisme. Ce n’était pas assez pour l'envoyer en Sibérie, mais c'était suffisant pour l'empêcher d’aller à Paris.

Lorsque le chambellan eut rendu compte à son neveu du peu de succès de sa démarche ; quand il lui eut raconté ce qui s'était passé dans son entrevue avec l’empereur, Limanoff tomba dans un profond abattement : il perdit tout espoir, et, sans doute, il aurait complétement abandonné ses projets de voyage, si une Parisienne ne füt venue à son secours. Une jeune et spirituelle actrice, attachée au théâtre français de Saint- Pétersbourg, remarqua la tristesse du comte, et Ini en demanda le motif avec lant d'instances gracieuses, qu'elle finit par recevoir sa confidence.

« Pourquoi vous désespérer? lui dit-elle; jusqu'ici vous avez suivi la ligne droite, c'est le chemin le moins sûr; prenez un détour, employez la ruse : nous en trouverons aisément une dans mon répertoire. »

Fort de cette nouvelle assistance, Limanoff se remit à l’œuvre. Le ministre à qui il s'était adressé d’abord jouissait d’un grand crédit à la cour; C'était un vieux diplomate, marié depuis peu à une Jeune et jolie femme dont il était extrêmement jaloux. A partir de ce moment, le comte

ne négligea rien pour éveiller cette jalousie qui était sa dernière ressource : il annonça à ses amis les plus indiscrets qu'il était éperdument amoureux de la femme du ministre ; il se plaçait en face de sa loge au spectacle; il la suivait dans les promenades, dans les salons; il l'entourait de soins et d'hommages si éclatants, que le jaloux ne tarda pas à manifester son trouble et son mécontentement. Limanoff, qui était pressé d’arriver au dénoûment de cette comédie, écrivit une lettre très-Significalive, très-inquiétante, el s'arrangea de façon à ce que cette épitre, adressée à la femme, tombât entre les mains du mari. La pièce obtint le succès que l’auteur ambitionnait, Le ministre, qui était un homme de tête, se rappela que Limanoff avait demandé l'autorisation de visiter Paris; ce voyage éloignait le danger, et donnait au mari le temps de préparer sa défense. « Sans doute, pensait-il, le comte reviendra avec d’autres idées ; 1l se compromettra peut-être dans ce voyage, et cela pourra le mener loin. En tous cas, son départ est le moyen le plus expéditif pour me débarrasser de ce jeune fat. » Dès que ce fut pour lui une affaire personnelle, le ministre trouva dans son portefeuille d'excellentes raisons qui déterminèrent le consentement de l'empereur. Limanoff reçut donc son passe-port, avec l'autorisation de passer six mois à Paris.

Si tous les Russes que nous voyons paraître en France n'ont pas été

obligés d'employer de pareils expédients pour quitter leur pays, il n’en est pas un, du moins, qui n’ait éprouvé des lenteurs et des obstacles de plus d’une sorte avant de monter dans sa chaise de poste; et ces obstacles n’ont cédé que devant des considérations d’une certaine force. Les voyageurs des autres nations viennent à Paris quand bon leur semble; ils n’ont de permission à demander qu'à leurs affaires et à leur bourse. Les difficultés qu'il lui à fallu surmonter rendent le Russe heureux et fier d'être à Paris; son séjour parmi nous à presque la saveur du fruit défendu, et il n’épargne rien pour mettre à profit une liberté si difficile à conquérir, si sévèrement limitée, et qui ne se renouvellera peut-être pas une seconde fois dans sa vie. La proximité de la situation ou la facilité du voyage font que les autres nations nous envoient une foule de visiteurs peu considérables : de petits bourgeois allemands, des Anglais de mince aloi, de médiocres Hollandais, de piètres Belges, des Espagnols au manteau troué, des lazzaroni italiens, des flibustiers, des aventuriers, des banqueroutiers ; en un mot, toutes sortes de voisins qui ont eu des démêlés avec la fortune ou avec la justice. La Russie, au contraire, la iussie qui garde si bien ses frontières, ne nous expédie guère que des gens de première qualité; voilà pourquoi les Russes jouissent à Paris d'une considération toute particulière et sont très-recherchés dans le monde, si souvent trompé par les autres nations.

Le premier soin du comte Limanoff, à son arrivée, fut de se rendre chez l'ambassadeur de son souverain. C’est là un devoir qu'un Russe ne s’aviserait pas de négliger. Rien de ce qui touche l'étiquette ne saurait lui être indifférent; il doit scrupuleusement éviter tout ce qui ressemblerait à un oubli ou à un mystère. La chancellerie à besoin de notes : on veut savoir combien de temps il à mis à son voyage ; quel jour il est arrivé, dans quel hôtel il est descendu. Les petits renseignements entretiennent la diplomatie.

Après cette visite officielle, le comte s’empressa de satisfaire sa curiosité. IL voulut d’abord connaître la ville, ses monuments, ses divers aspects, ses beautés physiques ; les études morales devaient venir ensuite, lorsque l'étranger se serait un peu acclimaté. Les Russes aiment beaucoup le spectacle ; ils sont familiers avec les chefs-d’œuvre de nos anciens auteurs et avec les principales pièces de notre répertoire moderne, qu’on leur donne à Saint-Pétersbourg, revues, corrigées et quelquefois singulièrement défigurées par la censure moscovite, la plus ombrageuse, la plus tranchante de toutes les censures. Limanoff commença

sa tournée dramatique par l’Académie royale de Musique. À tout seigneur, tout honneur.

Dans le premier entr'acte, pendant que le comte, debout à l'orchestre et armé d’une excellente lorgnette, passait en revue la brillante assemblée qui garnissait les loges et l'amphithéâtre, un jeune homme parfaitement élégant vint se placer à côté de lui, dans la stalle voisine de celle qu'il avait fait retenir le matin. Le nouveau venu, ayant légèrement effleuré le coude du comte, lui demanda pardon avec une exquise politesse: le comte lui fit un léger salut, et aussitôt le dandy, qui paraissait très-communicatif, engagea la conversation d’abord d’une manière indirecte, puis en attaquant son homme de front. Il nomma tout haut les femmes les plus remarquables de l'assemblée ; il lança quelques mots à double sens qui devaient piquer la curiosité la plus engourdie, et il manœuvra si habilement, que le comte finit par lui adresser la parole. On aurait difficilement trouvé un meilleur cicerone. Le complaisant voisin connaissait tout Paris, était au Courant de toutes les anecdotes, et ne demandait pas mieux que de débiter sa chronique.

«A vos questions, monsieur, dit-il au comte, je vois que vous êtes étranger ?

— Oui, monsieur.

— Et arrivé depuis peu à Paris?

— Depuis quelques jours seulement.

— À votre diction si pure, à la manière à la fois si correcte et si élégante dont vous parlez notre langue, il est aisé de deviner que vous êtes Russe.

— En effet, monsieur, je suis Russe.

— de ne vous ferai pas l’injure de vous demander si vous êtes gentilhomme.

— Je me nomme le comte Alexis Limanoff.

— Et moi, le chevalier Anatole de Montalbin, » reprit le dandy après avoir incliné la tête devant le nom et le titre qu'on venait de lui révéler.

Le comte lui rendit son salut, et le chevalier continua :

« J'ai rencontré beaucoup de vos compatriotes dans le monde parisien, et j'ai eu l'honneur d’être particulièrement lié avec quelques-uns d’entre eux qui sont retournés en Russie.

— Je serai peut-être assez heureux pour pouvoir vous donner de leurs nouvelles, répondit le comte.

— Oh! vous me feriez un grand plaisir. J'ai conservé d'eux un si agréable souvenir !

LE RUSSE. à ÉS

— ls en pensent autant de vous, je n’en doute pas.

— Vous êtes trop aimable! Par exemple, me direz-vous ce qu'est devenu un Charmant garçon avec qui j'ai fait de bien bonnes parties, le comte Isidore Kaméraneiff ?

— Peu de temps après son retour à Saint-Pétersbourg, il a été exilé en Sibérie.

— Ah! voilà qui est affreux !... ce pauvre ami! Et le prince Paul Dolanewitch? celui-là était un jeune homme grave, un savant, un penseur. Nous avons souvent débattu ensemble des questions d’une haute portée. Où est-il? que fait-il maintenant? Sans doute, il oceupe quelque poste important, car il était en passe d'arriver à tout?

— Îl est arrivé en Sibérie presque en même temps que Kaméraneiff.

— Ah! voilà qui est'étrange ! s’écria le chevalier.

— Oui, vos amis ont eu du malheur. »

Lette observation, à laquelle le comte était loin de prêter une intention maligne, troubla le chevalier : une légère rougeur passa sur son visage ; mais il sut dissimuler cette impression fâcheuse. Le rideau venait de se lever ; le chevalier reprit son rôle de cicerone pour dévoiler au comte quelques mystères de coulisse. Les danseuses firent particulièrement les frais de ce nouveau chapitre, dans lequel la Russie devait nécessairement figurer. « Oui, vraiment, disait le chevalier, la Russie est fort à la moce aujour@ hui dans ie monde des arts et dans la vie privée des comédiennes. Sur ce terrain, votre pays a complétement détruit l'influence anglaise. Le poids de vos roubles a effacé l'éclat des guinées, et la perfide Albion s’est vue contrainte de vous céder l'empire des cœurs dramatiques. Vous régnez sur le ballet, sur l'opéra, sur le drame, sur le vaudeville, et il ne tiendra qu’à vous de prendre votre part dans cette toutepuissance irrésistible... »

Le spectacle était fini; Limanoff et Montalbin sortirent ensemble. Arrivé au bout du passage de l'Opéra, le comte voulut prendre congé de son Compagnon.

« Je ne rentre pas encore chez moi, lui dit-il; je vais souper au Café Anglais.

-— Volontiers; j'accepte, répondit le chevalier. Vous voyez que je suis sans façons.

— C'est vrai, » repartit Limanoff, qui était encore beaucoup trop Russe pour déguiser sa surprise ; mais comme il était poli, il se hâta d'ajouter : « C'est vrai, vous êtes sans façons, et c’est ainsi que j'aime les gens. D'ailleurs ne le suis-je pas aussi, moi qui, pendant tout le spectacle, vous

d14 LES ÉTRANGERS A PARIS.

ai accablé de mes questions auxquelles vous avez bien voulu répondre avec une complaisance dont je ne saurais trop vous remercier. »

Il y eut un échange de compliments jusqu’au moment où l’on se mit à table. Le chevalier, qui était véritablement en fonds, redoubla de saillies et multiplia ses anecdotes, entremêlées de renseignements instrucufs et piquants ; il acheva ainsi de captiver le comte. La connaissance était faite, il ne s'agissait plus que de la cultiver; le chevalier sollicita cette faveur avec une grâce dont Limanolf se montra tout attendri. Les Russes sont, en général, très-disposés à l’attendrissement, vers deux heures du matin, après un souper où les vins de Sauterne et de Chambertin n’ont pas été épargnés. — En se séparant, on se promit de se revoir bientôt. Le comte était enchanté de sa soirée. « Voilà, disaitil, une rencontre charmante. Ce chevalier est un compagnon précieux ; il est rempli d'esprit, aimable, bienveillant ; il sait son monde sur le bout du doigt, et, de plus, c’est un homme très comme il faut : on s’en aperçoit à ses manières, à son langage, aux secrets qu'il possède et aux personnes qu'il salue. »

Le lendemain, à son réveil, Limanoff ne fut pas médiocrement surpris lorsque Ivan lui remit une douzaine de lettres, toutes timbrées de Paris. Qui donc pouvait lui écrire dans une ville où il était à peine arrivé, et où, à l'exception du chevalier de Montalbin, il ne connaissait personne. — Il ne savait pas qu'un étranger riche n’est jamais inconnu à Paris. Dès qu'il a mis le pied sur le sol parisien, son apparition est signalée de tous côtés par d’invisibles agents et de mystérieux télégraphes. Les argus de l’industrie, de la spéculation, de l'intrigue sont aux aguets, et apprennent bientôt tout ce qu'il leur importe de savoir. Ils ont un art merveilleux pour obtenir des renseignements exacts et secrets sur le nouveau débarqué, sur ses goûts, ses projets, sa fortune et la valeur de ses lettres de crédit; — puis ils dressent leurs batteries en conséquence.

C'était un premier feu que le comte recevait par la petite poste.

Une de ces lettres était d’un tailleur breveté qui avait déjà habillé plusieurs seigneurs russes, et qui priait le comte de lui accorder l'honneur de sa pratique. L'industriel s’engageait à lui donner une tournure parisienne et lui garantissait tous les genres de succès qu’un jeune homme peut obtenir dans le monde à l’aide d’un habit bien coupé, d’un pantalon avantageux et d'un gilet flamboyant.

Cette autre lettre, imprégnée d’une forte odeur de muse, était de madame la marquise de **. La marquise faisait savoir au noble étranger qu'elle tenait une table d'hôte servie à cinq heures et demie et fréquentée

par la meilleure société des deux sexes. Ses diners, d’un prix modéré,

étaient aussi distingués par le choix des mets que par la délicatesse et le piquant de la conversation. Après le repas on se réunissait dans de beaux salons pour jouer à la bouillotte et danser au piano. Une fois par semaine, il y avait grand bal et souper. Le comte Limanoff était particulièrement invité à venir prendre sa part de ces festins et de ces réJouissances.

Ainsi de suite. — Toute la correspondance était pleine de propositions diverses et d'offres de services. Au milieu de ces épitres, le comte trouva une invitation à une soirée chez madame la baïonne de Tamankin, dont il avait souvent entendu citer le nom à Saint-Pétersbourg. Enfin, comme si le hasard eût voulu le dédommager d’un quart d'heure d’ennui, les deux dernières lettres qu’il lut étaient les plus engageantes. Chacune était signée du nom d'une actrice appartenant à un de nos théâtres de vaudevilles. L'une lui disait :

« Monsieur le comte, j'ai beaucoup connu l’année dernière, pendant « son séjour à Paris, M. le prince Alexandre Berkaïloff. Vous devez l'a- « voir vu depuis peu à Saint-Pétersbourg, et vous seriez bien aimable «si vous vouliez me donner de ses nouvelles en détail et de vive € VOIX. »

L'autre écrivait : « Mon excellente amie Adeline, qui joue la comédie « à Saint-Pétersbourg, m’a souvent entretenu de vous dans ses lettres, « monsieur le comte. Sa dernière m’annonçait votre départ pour Paris ; « j'ai appris votre arrivée, et je viens vous dire combien je serais heureuse « si vous vouliez causer d’elle un moment avec moi. Excusez l’indiscré- « tion de l'amitié. »

Limanoff achevait la lecture de ce billet, — dont l'orthographe n'était pas très-instructive pour un étranger, — lorsque le chevalier de Montalbin entra chez lui.

« Comment se porte Votre Seigneurie, s'écria le dandy en entrant. Avons-nous rêvé ballet et ronds de jambes? Vous voyez que je continue à être sans façons. Je pénètre dans votre appartement sans me faire anaoncer, et de plus je viens vous enlever pour toute la matinée. Mais Je suis dans mon droit : je n’ai pas refusé le souper que vous m'avez Si galamment offert hier soir, et j'espère qu’à votre tour vous accepterez le déjeuner que je vous offre ce matin.

— Volontiers, répondit le comte.

— Et puis, ajouta le chevalier, je voulais vous faire savoir que je Suis tout à vous. Un vieux Parisien comme moi peut se trouver de quelque utilité pour un étranger comme vous, arrivé d'hier et tout neuf dans notre monde. Disposez done entièrement de moi, je vous en prie ; Je

m'estimerai fort heureux si je puis vous être bon à quelque chose. »

Le comte fut touché de cette ouverture cordiale, et il témoigna sa graüitude au chevalier en lui serrant affectueusement la main. C'était déjà un commencement d'amitié.

« Je compte profiter de votre obligeance, répondit Limanoff à Montalbin ; — et d’abord, continua-i-il en souriant, voulez-vous bien, pendant que je vais achever ma toilette, jeter un coup d'œil sur les lettres que J'ai reçues ce matin, et me donner quelques notions sur mes divers correspondants.

Montalbin ne se fit pas répéter cette invitation : mais à De eut-il jeté un regard sur les missives soumises à son examen, qu'il s'écri a avec un profond dédain :

© Charlatans !.… intrigantes !.. Vous ne sauriez trop vous méfier des gens qui viennent ainsi se jeter à votre tête, »

Cette parole fut à peine lancée, que Montalbin eût bien voulu la reprendre ; — mais Limanoff ne songea nullement à en faire l'application : une autre idée l’occupait : il s’approcha du chevalier, et lui montrant les deux lettres qu’il avait lues les dernières :

« Ne ferons-nous pas une exception en faveur de celles-ci ? lui demanda-t-il.

— Allons ! reprit Montalbin avee un sourire de satisfaction. Je vois que vous voulez soutenir dignement la réputation de galanterie que messieurs les Russes se sont faite à si juste titre et à si grands frais. Du reste, vos deux correspondantes méritent toute votre politesse : elles sont charmantes. Mais de toutes les lettres que vous avez là, une seule doit être d’un grand intérêt pour vous : c’est l'invitation de madame la baronne de Tamankin. La baronne est votre compatriote: son salon est un des plus distingués de Paris; on rencontre chez elle la fleur du beau monde, et tous les étrangers de quelque valeur tiennent beaucoup à se faire présenter dans cette maison, qui est le rendez-vous de l'Europe. »

Limanoff promit d'aller à la soirée de la baronne, qui devait avoir lieu la semaine suivante ; mais en attendant, le plus pressé pour lui était d’organiser son établissement à Paris. Bien qu’il ne dût y resler que six mois, il ne voulait pas demeurer en camp volant dans un hôtel garni. C'est là un scrupule aristocratique qui est tout à fait dans le caractère russe : les plus grands seigneurs anglais ne se trouvent pas déplacés dans une auberge, et ils ne pensent pas déroger en y logeant, pourvu que cette auberge soit la plus belle de la ville et la plus confortable. Le Russe entend

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