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réellement déconcertant chez des êtres si bons et si affectueux !
Ils arrivèrent bientôt devant un immense bazar où circlait librement la foule curicuse et malodorante à laquelle il fallut bon gré, mal vré, se méler.
Tous trois descendirent de la voiture qui prit la file, et entrèrent dans le gigantesque monument, ajouré, qu’encombraient des objets de toute nature.
Patrick offrit son bras à sn sœur, et tous suivirent leur mère qui ouvrit la marche,
Les indigènes fort, nombreux, circulant en flàneurs devant ces merveilles, s'écartaient respect ueusement à leur approche, leur laissant libre toute la place.
La jeune mère allait entrer dans un magasin de confections.
deux
Un indigène, vêtu avee une certaine recherche, en sortait en même temps.
I ne vit pas l’orgucilleuse Anglaise qui ne voulait pas, ne pouvait pas se déranger, et Ja coudova violemment en se retournant.
Comme il est dit plus haut. les Anglais même les meilleurs, même les plus égalitaires, professent à l'égard des indigènes de leurs colonies un mépris qui va jusqu'à la répulsion.
our eux, ces créatures à peau noire, jaune ou rouge, n’appartiennent pas à l'humanité. Ts ne subissent Jleur présence qu'avec répulsion et, les mettent bien au-dessous de leurs animaux favoris: chiens où chevaux de race.
En un mot, le “native * est une bôte immonde qui doit se ranger à l'approche de l'Européen et Ini faire une large place pour lui éviter son contact.
Les Anglaises, naturellement, professent le méme mépris, mais en l'exagérant encore s’il est possible, de toute leur morguc de blanches, de toute leur nervosité de femmes.
C'est monstrueux, c’est absurde, mais c’est ainsi !
Maladroitement ct rudement heurtée, lady Lennox, d'ordinaire si bonne et si douce, poussa * un léger cri de colère ct de dégoût, comme si, traver- Sant un troupeau, elle cût été bousculée par une des bêtes,
Elle pâlit, lève la main et applique sur la joue bronzée de‘l’homme un soufflet retentissant.
En même temps, elle lui jette cette insulte que les Anglais prodiguent à tout propos à l'Hindou.…
‘* Soura ! ”’ ( Pourceau ! )
D'habitude l’homme ainsi malmenée baisse la tête, s’éclipse ct dispaiaît, trop heureux quand il n'a pas affaire à un gentleman, boxeur émérite, qui lui met en capilotade le torse et la figure.
Contre toute présomption, contre toute probabilité, l’homme redresse fièrement la tête et lance un regard terrible à l’imprudente, un de ces regards de tigre aSsSOupi provoqué par un enfant.
Une indicible expression de férocité contracte Son fin profil aquilin : ses dents ont un grincement, saccadé ; ses lèvres, convulsées par un rictus cffra /ant, se frangent, d’écume...
Prompt comme la pensée, il arrache de sa ceinture un krandjar au manche enrichi de pierreries, et le plonge dans la poitrine de la malheureuse femme qui s’abat en râlant d’une voix mourante:
“T1 m’a tuée !…
“Mon Dieu !… prenez pitié de moi ! (1) ”
(1) Tous ces faits et, ceux qui yon£ suivre sont rigoureusement historiques.
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Une stupeur effroyable, que nulle expression ne saurait rendre, envahit Patrick et Mary quand ils entendirent le cri d’agonie poussé par leur mère et quand ils la virent chanceler, mortellement frappée.
Puis il y eut dans leur cœur un déchirement atroce, une répercussion épouvantable qui, du méme coup, les atteignit aux sources de la vie.
Instinctivement ils se jetèrent en avant, étendant leurs mains tremblantes pour soutenir la malheureuse femme qui trébuchait, et dont les doigts se crispaient sur la poignée de l'arme plantée dans sa poitrine.
Un cri d'horreur jaillit de leurs lèvres blèêmies, puis une plainte angoissée d'enfants torturés :
“* Maman !... oh ! maman chérie !.. ”
Le sang coulait à flots de la blessure et s’épanouissait en une sinistre tache rouge sur la légère étoffe de surah.….
Les yeux, dilatés par l’épouvante et la douleur, se voilaient, devenaient vitreux, sans regard. La bouche, où tout à l'heure s’épanouissait le sourire de la mère si fière, si heureuse, se frangeait d’une écume rosée.
Eux, les pauvrets, torturés par cette sensation atroce de l’anéantissement prochain, par la pensée terrifiante de l'irréparable qui s’accomplissait, poussaient toujours leurs clameurs éperdues,
“Maman !.. on a tué maman !
‘‘ Au secours !.. au secours !…. ?’
Tout cela, dans l'espace de quelques secondes tragiques, longues pourtant comme une suppliciante éternité.
HS —
Ils ne voyaient pas l'assassin, ne le cherchaient même pas, tout entiers à cette inhumaine douleur trop forte pour leurs jeunes cœurs.
Lui contemplait avec une impassibilité sauvage cette scène de désolation, ne cherchait pas à s’enfuir et semblait éprouver une volupté abominable à la vue de cette agonisante, de ce sang qui coulait en nappe, et de ces enfants affolés.
Au cordon de soie écarlate qui pend à son épaule, on reconnaît un brahmane, un de ces redoutables élus de la caste saccrdotale qui jamais ne plièrent sous le joug anglais, ont toujours tenté de fomenter des révoltes, ct disposent d’une puissance d'autant plus formidable qu'ils commandent à une véritable armée de fanatiques.
Il n’est pas, comme on pourrait le croire, seul au milieu de ces gens qui accourent de tous côtés, soutiennent la blessée, tâchent de la secourir et la transportent dans le magasin dont la porte s’ouvre à deux battants,
Des Hindous sordidement vêtus, aux traits farouches, surgissent de la foule, se groupent autour de lui, l’isolent et s'efforcent de l'entraîner.
Des fakirs, sans doute.
Ils vont réussir et le soustraire au châtiment.
Par bonheur, un soldat du Royal-Marine, un géant, casqué de blanc, vêtu de rouge, qui de loin a vu le drame, s’élance au milieu des sinistres gardes du corps, les écarte avec une vigueur irrésistible, empoigne l'assassin au collet ct s’écrie d’une voix de tonnerre :
‘* A moi ! camarades... ”
Une demi-douzaine de militaires qui flânaient aux devantnres accourent à son appel, culbutent la troupe des Hindous, et bientôt l'assassin, happé au torse et aux poignets, est emmené au milieu des cris de mort des Européens.
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Un médecin militaire passait, Il aperçoit, étendue sur une chaise longue en rotin, lady Lennox, blanche comme un linve,
Il entre, s'approche, lui prend la main, tate Je pouls, et pendant qu'on lui raconte en quelques phrases rapides l'attentat, examine tristement la blessée.
À genoux près de la chaise longue, étouffant leurs sanglots, Patrick ct Mary, antantis, le re gardent à travers leurs larmes, l'implorent, attondant de son expérience un miracle,
Le pouls bat encore imperceptiblement,
Avec d'infinies précautions, le docteur essave de retirer l'arme, et cette tentative, opérée pourtant avec une dextérité, une délicatesse dé main infinies, arrache à la blessée un râle affreux.
C'est fait maintenant ct la poitrine trouée se soulève sous l'effort, d'une longue inspiration.
Le docteur tire de sa trousse un stylet à pointe mousse, l’introduit lentement entre les bords de la Plaie et, malgré son calme professionnel, ne peut s'empêcher de serrer significativement, les lèvres.
“Enfin ! murmura-t-il, nous ferons l'impossible,
— Oh! vous la sauverez, sienr !..
‘Oui, vous guérirez notre pauvre maman,” s'6crient, avec un irrésistible accent de prière, deux enfants.
Il était impossible de lui donn sin, les soins délicats et état.
Le docteur la fit transporter, séance tenante. l'hôpital militaire, heureusement peu éloiwné.
On l’emporta sur une chaise longue, bien dovrement, avec un parasol au-dessus de sa tête, et lag enfants suivirent Je lugubre cortège qui semblait un enterrement,
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Déjà le bruit de l'attentat se répandait dans les rues voisines avec la rapidité des mauvaises nouvelles,
ne blanche assassinée par un ‘“ native ” !
l'iappés dans leur orgueil, menacés dans leur sécurité, les Européens s'indignaient, s'exaspéraient, et déjà réclamaient hautement d'implacables rigueurs,
Quelqu'un reconnut Patrick et Mary.
La victime était donc Lady Lennox, la femme d'un duc !….
La fureur ct l’appréhension s’augmentèrent d'autant plus, que l'assassin avait osé frapper une des plus hautes personnalités de l'aristocratie.
Cependant, on était arrivé à l'hôpital.
On mit à la disposition de la blessée un appartement d'officier général, ct naturellement son fils et sa fille furent autorisés à demeurer près d'elle,
Là, du moins, le docteur pouvait se consacrer tout entier au miracle de sa résurrection.
Il le fit avec une science, une abnégation, et l’on pourrait ajouter avec un véritable acharnement.
Afin d'empêcher une syncope mortelle, un brusque arrêt du cœur, il pratiqua vivement une iniection hypodermique d’éther, puis immédiatement, une autre de caféine.
Le pouls devint perceptible et une légère tache rouge apparut aux pommettes. Comme la malheureuse femme avait déjà perdu ue énorme quantité de sang, il fallait promptement, et dans les limites du possible, réparer cette perte.
Aidé, d'ailleurs, d’un personnel expérimenté, le chirurgien fit une injection intra-veincuse de sérum artificiel dont l'effet fut instantané.
Puis, sans relâche, auscultant le cœur et le poumon, toujours prêt à combattre la défaillance de
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l'un ct la congestion de l'autre, alternant et répétant les injections hypodermiques, infusant une vie artificielle à ce pauvre corps, il réussit à prolonger de vingt-quatre heures ce souffle d’existence,
Confinés dans une pièce voisine, les enfants allongeaient de temps en temps la tête, ou s'approchaient quelquefois sur la pointe du pied, voyaient que leur mère vivait, adressaient au docteur un long regard de gratitude et rentraient, l'espoir au gœæur,
Pensiant ce temps, le président de la Haute- Cour, dont Calcutta est le siège, avait réuni les magistrats de son ressort,
On faisait à l'assassin les honneurs de la Cour suprême, étant donné qu’il avait attenté à la vie d'une personne de race blanche et que cette personne appartenait à la haute aristocratie.
Les formalités ne traînèrent pas en longueur et par leur brièveté rappelèrent l'implacable et somnaire justice des cours, martiales.
De fait, le flagrant délit supprimait l'instruction ct l'assassin était condamné d'avance.
Il le savait, ne s’en montrait nullement préoccupé. conservait un calme absolu, et une fois devant le .ribunal montra une impassibilité inouic.
Le vaste prétoire était comble. Là encore l'esprit hiérarchique des Anglais s’étalait avec son naïf orgueil, Le public, trié en trois catégories bien distinctes, comprenait l'aristocratie, le commerce européen, les Hindous.
La première catégorie dans les tribunes, la «seconde sur des bancs, la troisième debout.
Âmené en présence de la Cour par deux sergents de justice qui ne le quittaient pas, l’assassin conserva un mutisme dédaigneux et obstiné.
À la fin, comme le président le harcelait de questions relatives à son nom, à son âge, à sa naissance, il répondit d'une Voix qui vibra comme des cymbales :
‘* Vous voulez savoir mon nom...
‘* Eh bien ! je m'appelle : .l'Ennemi !
‘* Oui, l’Ennemi, et vous vous en bientôt.
Ces mots prononcés avec un accent de haine indicible soulevèrent de rauques imprécations dans la foule noire et malodorante évidemment favorable à l'accusé,
Le président reprit en lui montrant l'instrument, du crime :
apercevrez
‘* Vous reconnaissez le fait d'avoir frappé, avec cette arme, lady Lennox, duchesse de Richmond !
— Je suis Narindra, brahmane du quatrième degré, quatre fois saint et quatre fois sacré.
‘Or, le livre de Manou dit expressément :
“Quiconque par colère et à brahmane, ne fût-ce ‘doit périr sur-le-
dessein a frappé un ‘qu'avec un brin d'herbe, champ, pour renaître pendant vingt et une transmigrations dans Je ventre “ d'un animal immonde. ?
‘ Celle que vous nommez la duchesse de Richmond m'a frappé... j'ai obéi aux ordres du divin Manou, le Vâivasvata, fils du Soleil.
— Vous avouez l'assassinat ?
— Je l’avoue, et j'en suis fier.
— Vous n'ignorez Pas que ce forfait entraîne Pour vous la peine capitale.
— Le livre de Manou dit encore, et vous devez le savoir : “Que le roi se garde bien de tuer un ‘ brahmane, quand même “les crimes possibles ; ‘me en Jui laissant toi ‘re le moindre mal. ”’
ce
il aurait commis tous qu'il le bannisse du royau- 1 ses biens et sans lui fai-
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‘“ Telle est la loi !
— Nous ne reconnaissons ni les prescriptions de Manou ni l’autorité des brahmanes.
“* Vous êtes un simple sujet de Sa Majesté l'impératrice et reine, et vous méritez la mort.”
Le brahmane haussa les épaules et ajouta de sa voix d’airain :
‘* Vous ne pouvez pas... vous n'oserez pas me faire périr.
— En conséquence, reprit froidement le président, nous vous condamnons à être pendu jusqu'à ce que la mort s’en suive.
‘‘ La sentence, justement prononcée contre vous, sera exécutée aujourd'hui même, deux heures avant le coucher du soleil. ”?
Le brahmane écouta sans sourciller ces terribles paroles, et quand le président lui demanda «il n'avait rien à ajouter pour sa défense, il redressa fièrement sa haute taille, et regardant avec une incomparable majesté la foule des Hindous, il s'écria :
“Et vous, mes fidèles, vous vengerez ma mort.
‘‘ Faites !.. ”
Il y eut un remous et un sourd grondement parmi les fakirs, contenus d'ailleurs par un triple rang de baïonnettes, et quelques terribles serments proférés à demi-voix prouvèrent que cet ordre sauvage serait obéi.
Jusque-là, il n’y avait rien à reprendre à cette procédure sommaire, mais juste,
C'était la peine du talion.
Mais afin de frapper l'esprit des indigènes et leur inspirer un respect plein de terreur pour la
personne des Européens, les juges de la Cour suprême eurent la malencontreuse idée d’aggraver le supplice par des mesures qui eurent positivement, un résultat contraire.
À peine le brahmane avait-il crié : Vengeance ! ”’ que le président ajoutait de sa voix sèche, après s'être concerté avec ses assesseurs :
“* Et quand vous aurez subi le dernier supplice, le bourreau séparera votre tête de votre corps ; votre tête, rasée, sera enfermée, cousue dans une peau de truie encure Saighante, et votre corps également, mais dans une autre dépouille de l'animal immonde.
‘Tête et corps seront jetés dans deux rivières différentes et seront à Jamais privés des honneurs de la sépulture suivant les rites de votre foi...
“ Et il en sera ainsi de quiconque, brahmane ou Paria, osera porter la main sur un sujet européen de Sa Gracieuse Majesté l’impératrice et reine.”
Pour qui connaît l'insurmontable horreur des Hindous pour certains animaux réputés immondes, et le respect religieux professé pour leurs morts, il y avait là une profanation effroyable, un véritable sacrilège qui leur fit jeter de rage.
Le brahmane lui-même pâlit sous son bistre, et d’une voix tremblante dit au président :
‘Vous ne ferez pas cela.”?
Le juge suprême ne daigna l’'honorer ni d'un mot ni d’un regard.
“ J’offre une rançon Pour que mon corps porté sur le bûcher sacré... ?’
Même silence glacial et méprisant,.
“ Dix mille livres ! ( 250,000 fr.
mille livres ! 1,250,000 francs ) (2,500,000 francs ).
— Emmenez le condamné !
président.
Les gardes entraînèrent 1
des clameurs
soit ancs ), cinquante . cent mille livres ” fit simplement Je
€ misérabie que rien jusqu'alors n’avait Pu émouvoir et qui, mainte-
Vengeanix sèche,
supplice, } COPS ; ans une re COrps de l'ani-
rivières onneurs De nane ou uropéen eine.” ur des immonir leurs ble, un ameurs
tre, et
i d’un
soit
juante livres
nant, poussait des hurlements furieux à la pensée de l'outrage réservé à sa dépouille,
A l'heure dite, en dépit des offres et des menaces, la sentence fut exécutée.
Non pas dans l'intérieur de la prison, subrepticement, à l'anglaise, mais sur une place, en publie, devant la multitude.
On voulait un :xemple, et rien au monde nent empéché le gouvernement de sévir.
La foule des indigènes, contenue par de la cava lerie, de l'infanterie et de l’art illerie, assistait avec une morne épouvante aux luvubres préparatifs opérés avec une sorte de bravade.
Au pied de la potence rapidement dressée, on avait amené deux truies énormes, aux mamelles pendantes et qui grouinaient stupidement,
Deux charcutiers les évoruèrent et les dépouillérent pendant que le condamné était amené pieds nus, entravé, garrotté, au milicu d'une compagnie de royal-marine,
Il voulut parler, protester, essaver peut-être un appel d'ailleurs inutile, à la force.
Un roulement de tambour étouffa Sa Voix,
Les spectateurs, indignés, furieux, poussant des hurlements de rage et de désespoir, le virent bien- … tôt osciller ligubrement au bout de la corde.
Maintenus à distance par les fusils, les canons, les piques des lanciers rouges, ils assistaient im- “ puissants à la profanation.
À Déjà la mort avait fait Son œuvre, L' ë n'était plus qu'un cadavre.
# L'exécuteur, d'un coup de sabre, Tui trancha Ja tête. Un de ses aides la ramassa, la rasa vivement, la prit et l'enroula dans la beau sanglante d'une truie. Un autre saisit le “Orps, l'enpaqueta, le ficela de même, puis les deux ballots furent
déposés dans une voiture reux chevaux.
Un escadron de lanciers se groupa autour de la voiture qui partit au galop dans la direction du fleuve, où, conformément à la sentence, la dépouille devait être jetée, en deux points différents,
La foule avait assisté dans un état d'exaspération inouïe à cette Sauvage mutilation dont elle n'avait perdu aucun détail.
Quand le drame fut terminé, elle redoubla de clameurs et bondit affolée qui disparut.
Il fallait à ces fanatiques la vue de l'épilogue, tant pour aiguiser encore leur haine que pour essayer, au dernier moment, le sauvetage de la dépouille profanée.
Et pendant que les Européens se reti aient, diversement impressionnés,
atteiée de deux vigour
à la suite du groupe
ceux qui connaissaient, bien la population indigène faisaient cette réflexion :
‘ Les juges se sont trompés ou ont été mal conseillés.. ils ont cru faire un exemple et n’ont réussi qu’à soulever la haine.
‘Dieu veuille que bientôt nous n'ayons pas à souffrir de sauvages représailles ! ”’
Ces craintes, hélas ! n'étaient que trop fondées.
Trente-six heures s'étaient écoulées depuis l’attentat, Contre toute présomption, Survivais à son a{freuse blessure.
Le médecin qui avait opéré maintenant plein d'espoir.
Patrick et Mary, écrasés
ce miracle était,
de fatigue, anéantis
IX vigou-
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Kaspérant elle
ubla de groupe
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ndées.
; lJ’at- Æennox
enfin
* était
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par la douleur, n'avaient pu jusqu'alors goûter une heure de sommeil ni prendre le moindre aliment. ;
Les pauvres enfants commençaient maintenant à renaître.
Un pâle et navré sourire, furtif comme un rayon de soleil d'hiver, était clos sur les lèvres décoloées de leur mère qui avait murmuré leurs noms.
Ce sourire, cet imperceptible appel, avait détenlu leurs nerfs, fait battre leur cœur et provoqué hez eu” une abondante crise de larmes.
: ils voyaient leur mère enfin sauvée, ‘ Aussi, quelles touchantes actions de grâces !… quels élans d’infinie gratitude pour celui dont la Kcience et le dévouement avaient empêché l'épou- Vantable catastrophe !
ÿ Ils purent enfin absorbe: un peu de nourriture, Jet, la nuit venue, tous deux s’endormirent de ce sommeil profond qui suit les grandes émotions.
} Le docteur lui-même, littéralement épuisé, avait L regagné son appartement, et confiée la blessé aux @ soins vigilants d’une infirmière sur laquelle il sa-
vait pouvoir absolument compter.
Du reste, il s'était jeté tout habillé sur son lit, prêt à accourir au premier appel du timbre électrique.
Au petit jour, des cris terribles l'éveillent.
Ces cris viennent de l'appartement de lady Lennox, séparé seulement du sien par un couloir.
I se lève d’un bond et accourt, pressentant un } malheur.
Il ouvre la porte et un spectasle réc lement terrifiant s'offre à ses regards.
Par terre, l'infirmière garrottée, bâillonnée,
l'œil éteint et dans l'impossibilité de proférer un cri, de tenter un mouvement,
Nu
À côté d'elle, Mary, en proie à une
affreuse cris de neiis ; puis, debout, le regard fou, les main. crispées, Patrick hurle
ant d'une voix rauque, tout, cassée :
‘* Maman !.. maman !. ” La duchesse de Richmond, restait Sans mouvement, Son
allongée sur son lit.
visage avait la blancheur et la rigidité
marbre. Nul souifle ne soule
et une de ses mains pendait
De sa bouche entr'ouverte
de Sang brunâtre.
Autour de son cou é
du vait plus sa poitrine, , &lacée, hors du lit.
suintait un léger filet
tait enroulé un long foulard de soie noire serré avec une force incroyable et noué d'une facon particulière,
La malheureuse avait été sommeil, avec une les.
étranvlée pendant son audace et une dextérité inferna
Le docteur, en dépit d'une
raillance depuis long temps éprouvée, pâlit,
frissonna jusqu'aux moëlles et ne put retenir un cri d'épouvante,
Il venait d'apercevoir, au-dessus du lit, un large carré de papier traversé par la pointe d'un poi enard fiché dans la cloison de cèdre,
Et sur le papier se lisaient disaient long sur la vel attentat :
> ces trois mots qui en nature et les motifs de ce nou
Use Crise s main.
ue, toute
son lit, idité du poitrine, s du lit, fwer file
: foulard able et
lant son inferna
[LS long
moëlles
in large un poi
qui en ce nou