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Qu'on le retirât donc au plus vite de son cachot, qu'on le mit sur son yacht, et qu'on l’envoyât au diable avec un bon arrêté d'expulsion.
Mais qu’on fit au plus vite cesser ce cauchemar qui pesait sur des gens dont ce n'était pas le métier de servir de garantie à un personnage que nul ne connaissait, accusé d'une faute que l’on ignorait, et d'ailleurs peut-être innocent.
Ce serait bien mal connaître le. gouvernement, anglais que de supposer un moment qu'il s'émût pour si peu ?
C’est une abstraction, un être impersonnel ou, si l'on préfère, une machine qui n'a ni âme, ni sensibilité, ni volonté ; qui fonctionne brutalement, immuablement en vertu d'un rythme, d’une formule qui est la constitution, et dont nul ne peut s'affranchir.
La constitution déclare que force doit rester à la loi, et le gouvernement, quoi qu'il advienne, fait exécuter la loi.
En conséquence, messieurs les otages, quelque justes et pressantes que fussent leurs instances, quelque terribles et légitimes que fussent leurs alarmes, se virent accucillis par une glaciale fin de non-recevoir.
On ne voulut même pas accepter la caution offerte, une simple plaie d'argent qui, à défaut d’autre chose, assurait du moins une demi-tranquillité.
On leur répondit simplement de se garder avec vigilance, de redoubler de précautions, que du reste le gouvernement veillerait à leur sécurité.
C’est pourquoi le Vice-Roi, par dépêche, mit la province en état de siège,
“ Mais, le prisonnier !.… le prisonnier !… ditesnous du moins qu'il ne manque de rien... que vous
put
varantissez sa santé... que sa vic ne court aucun
+ danger.
— Tranquillisez-vous donc ! Le capitaine Pennyless dort, boit, mange à merveille.
‘* Deux médecins le visiteront chaque jour et veilleront sur lui jusqu'à la fin de l'instruction
Ces promesses ne rassurèrent personne,
Il y eut dans cinq cents familles un remue-ménave infernal : on réalisa des valeurs, on écrivit des testaments, on fit des malles et l’on se prépara, sans retard à une fuite éperdue.
… Et cette fuite devint une débandade sans nom, une débâcle affolée quand, deux jours après, les journaux de Calcutta publièrent cette sinistre nouvelle :
‘* Le capitaine Pennyless vient d'être trouvé mort dans son cachot...”?
N'ayant plus d'asile, Patrick et Mary passèrent leur première nuit sous le banian, ou figuier sacré,
En principe, cela paraît fort agréable de dormir en plein air, sur un épais tapis de mousse, quand la chaleur est considérable et qu'on à pour abri un feuillage impénétrable.
Cela vous a des apparences de jeunes Robinsons, très séduisantes au premier aspect.
En réalité, c'est chose parfaitement incommode, fatigante et même pénible,
D'abord, les enfants brisés d'émotion et de lassitude s’endormirent d’un sommeil de plomb, à la garde de Bob, leur bon chien.
Ils s'éveillèrent, au milieu de la nuit, les mem-
bres endoloris par le contact du sol très imparfaitement capitonné de mousse. |
D'imperceptibles buées se condensaient en une fine rosée sur leur visage, leurs mains, leurs vêtements et les faisaient frissonner.
Ils perçurent aussitôt très nette la cruelle impression d'isolement, de solitude et d'abandon.
De vagues terreurs les assaillirent en se voyant ainsi complètement seuls, au milieu de cette nature sauvage à laquelle le voisinage d’une grande vii: n’enlevait rien de ses dangers.
Des bruits mystérieux, très vagues s'élevaient autour d'eux.
Hurlements lointains de chacals, glapissements d'oiseaux nocturnes, frôlements de phalènes, allées et venues de chauves-souris effrontées et curieuses, craquements incessants des mandibules d'insectes, froissements de reptiles, tout cela se confondait, amplifié par la nuit, résonnait à leurs oreilles en une symphonie sauvage et troublante.
Puis, il y avait cette obscurité lourde que leurs yeux essayaient vainement de percer, et qui, en les immobilisant sur place, les empêchait de combattre par le mouvement ces appréhensions dont ils se fussent moqués en plein jour.
C’est à peine s'ils osaient se mouvoir, dans la crainte de mettre le pied sur une de ces bestioles répugnantes qu’ils sentaient vaguer autour d’eux.
Bob de temps en temps, grognait sourdement, s’agitait, puis se recouchait près d'eux, avec de petits gémissements de bonne bôîte affectueuse et vigilante.
Enfin, l'horizon s'empourpra de lueurs ardentes qui firent scintiller les feuilles emperlées de rosée.
Les deux enfants eurent un long soupir de soulagement quand les cris joyeux des bengalis, des
ents alcuules se >urs te.
urs
perruches multicolores, des boulbouls remplaça la symphonie nocturne.
Le jour, pour eux, c'était déjà la moitié de la vie.
Puis, brusquement et en raison de l’unique et trop sommaire dîner qu'ils avaient pris la veille, la faim se fit sentir.
Et, cout naturellement, ils songèrent aux fleurs de ‘* Bassia ”” qui les avaient rassasiés.
Ils se levèrent tout engourdis et retournèrent à l'opulente jonchée qui couvrait le sol.
Ils mangèrent avec avidité, pour faire cesser les douloureux tiraillements de leur estomac anglais habitué à une nourriture plus succulente, et sentirent combien devaient être cruelles ces tortures des malheureux faméliques si nombreux dans cette Inde, pourtant si fertile, si opulente.
Ils vidèrent, comme la veille, chacun une coupe de népenthès et, dans toute autre cirer-stance, se fussent égayés de cette frugale dînette sui remplaçait imparfaitement le thé odorant, les belles tranches rosées de rosbif et les juteuses côtelettes de mouton.
Mais ils pensaient à leur pauvre mère qu’ils ne reverraient plus, à leur père exposé là-bas aux dangers de la guerre, €‘ nr cœur se gonfla.…. et leurs yeux s’emplirent de : rmes silencieuses.
Is pleurèrent longtemps, appuyés l’un contre l’autre, se regardant navrés, n’osant pas envisager cet avenir, le lendemain qui leur apparaissait plein d’une sombre désespérance.
Patrick fit un effort, essuya ses yeux, affermit sa voix et dit à sa sœur :
‘IT faut prendre une décision.
— Oui, répondit la jeune fille ; mais, qu’allonsnous faire ?
gi
— Nous l'avons projeté hier : partir pour Peschaver, et retrouver à la œucrre notre papa.
— C'est loin Peschaver ?
— Oui, bien loin. au nord-ouest de l'empire... à 1,400 milles de Calcutta. , — Il y a le chemin de fer... près de trois jours et
trois nuits.
— Oh ! beaucoup plus, car, tu sais, ici, les chemins de fer ne marchent pas vite...
* Mais le temps n'est rien. il nous faut de l'argent, pour payer nos places et manger en route.
— Ü'est juste !.… et nous n'avons pas d'argent.
— Alors, comment ferons-nous ?
— Je ne sais pas !
Nous avons vécu hier et aujourd’hui comme les | pauvres.
‘* Peut-être pourrions-nous voyager comme eux dans ces trains qui les emmènent gratuitement dans les pays où il n’y a pas ia famine.
— Cela ne te fait rien A'êvre avec ces malheureux ?
— Non ! j'aime mieux cela que de demander,
—Moi aussi !
Tout en devisant de la sorte, ils s'étaient avancés vers les décombres noircis, vers Famas des débris de ce qui avait été le nid où s'était écoulée leur enfance.
Ils contemplaient tristement ces ruines aussi poignantes qu'une tombe, et cherchaient de l'œil quelque chose ayant survécu au sauvage anéantixsement, un petit souvenir, un rien.
Un cri échappe à Mary.
Elle vient d'apercevoir, au milieu des cendres, mêlées à des pierres et à des ferrailles, quelque chose de brillant.
“ Tiens, Patrick, vois done... là... tiens... là... on dirait de l’or.
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eux ment
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— C’est vrai !. ?”
Le jeune garçon, bravement s'aventura sur les débris croulants, escalada quelques moellons jusqu'à la cheville dans les cendres et poussa un cri de joie.
Mary ne s'était pas trompée. C'était de l'or.
Probablement quelque bijoux à demi fondu, ayant perdu toute forme, mais conscrvant néanmoins sa valeur de métal précieux.
Patrick le saisit, l'éleva triomphalement au-dessus de sa tête et s'écria joyeux :
* Mary ! petite sœur, nous allons le vendre et avec l'argent qu'on nous donnera, nous pourrons payer nos places de chemin de fer.
— Oui, mon chéri ! tu as raison, partons sans retard.
‘“* Moi je ne puis plus rester ici. vois-tu, c’est
trop affreux et cela me perce le cœur.
Le jeune garçon mit le bijoux dans sa poche, et tous deux, suivis de leur chien qui gambadait, reprirent le chemin de Calcutta.
Comme ils sortaient du parc ils rencontrèrent les malheureux Hindous qui, la veille, leur avaient montré, sans le savoir, les proprittés alimentaires des fleurs du Bassia.
Eux aussi étaient revenus à l'humble et frugal garde-manger et avaient fait un copietx repas.
Ils prononcèrent quelques mots de bienvenue aux jeunes Anglais et ceux-ci leur sourirent amicalement, comme à de vieilles connaissances.
Mary caressa les pauvres petits enfants si horriblement décharnés, tapota gracieusement leurs joues, passa ses doigts sur leur noire chevelure et leur murmura quelques mots d'affectueuse pitié.
Puis nantis du bijou mutilé, seul reste de l’aisance passée, ils enfilèrent vivement la voie qui longe l'Hougli et débouche bientot dans le Strand.
Ils remarquèrent alors que le petit clan des faméliques leur emboîtait le pas, à distance respectueuse, et les suivait de loin.
Arrivés dans la ville européenne, ils cherchèrent et trouvèrent bientôt une maison de changeur.
Mais alors une invincible timidité les arrêta net.
Is n’osaient pas entrer, ne sachant que dire, craignant qu'on ne leur demandât la provenance de cet or, et qu'on doutât qu'ils en fussent les propriétaires légitimes.
Ils hésitèrent longtemps, cherchant comment ils allaient s'exprimer, apprétant des phrases, des explications.
Enfin, Mary, plus brave, prit son parti et brusqua le dénouement.
Elle tourna vivement le bouton de la porte et se trouva en face d’un parsi à lunettes qui comptait des banknotes et s’interrompait de temps en temps pour griffonner sur un gros registre.
“Monsieur, lui dit-elle toute rouge, d’une voix tremblante, je vous prie de vouloir bien m’estimer cet or et de me l'acheter si vous le jugez à propos.”
Il y avait dans son attitude unc telle grâce, dans son accent une telle prière et en même temps une telle dignité, que le marchand ne songea même pas à lui demander la provenance du bijou.
Il salua, examina le métal, le passa sur une longue pierre brune ; imbiba la trace avec un acide renfermé dans une fiole de verre et reconnut que c'était bien de l'or sans alliage.
Cela fait, il le mit dans un des plateaux d’une petite balance à trébuchet, déposa des poids dans l’autre plateau, fit la pesée, puis ajouta :
“Cela vaut exactement trente-cinq roupies, mademoiselle (1 ).”
(1) Le cours de la roupie varie de 21 à 36 cents.
faec-
nt
Toute surprice, Mary 21llait s'écricr :
‘* Tant que cela !.… oh ! que je suis heureur ».”
L'amour-propre et le raisonnement arrétèrent cette réflexion naïve ou imprudente.
Le marchand compta la somme, la lui remit, salua et reprit sa hesogne.
Une fois dans la rue, le frère et la sœur, devenus ainsi des capitalistes, ne se sentaient plus les mémes.
Une soudaine assurance leur venait, en songeant que cette somme bien minime pourtant allait leur permettre de gagner Peschaver.
Dès lors, l’idée de partir le plus vite possible les obséda.
Le séjour de Calcutta ieur était désormais trop pénible pour qu'ils y restassent plus longtemps.
Is se firent indiquer la gare centrale par un policeman indigène qui, les voyant à pied, les regarda stupéfaits.
Ils se mirent en route et arrivèrent bien las ct déjà tout affamés après une course qui leur parut interminable.
Patrick, nanti des fonds, avait pris la direction de la petite expédition.
Il lui fallut se débrouiller à travers ce remueménage indescriptible qui emplissait ce monument, aux proportions gigantesques, où s’agitait une population égale à celle d’une ville de province.
Le pauvre enfant, pour ses débuts, éprouva une cruelle humiliation qu'il fut heureux d’épargner à sa sœur.
I venait de demander deux places pour Peschaver.
L'emplové auquel il <’adresca, voyant deux beaux adolescents de race blanche et luxueusement vêtus, pensa qu'ils allaient effectuer ce long
trajet dans un train de luxe avec arrêt aux principales stations qui sont Burdwan, Barakar, Shergotty, Allahabad, Futtehpour, Cawnpour, Etawolah, Agra, Delhi, Lahore, Eala-Musa, Attoch et Peschaver.
I prépara deux billets analogues à ceux de nos coupés-lits, les lui présenta et dit :
“ Voilà, monsieur. deux places pour Peschaver: cent vingt roupies.
Somme relativement minime, puisque en France, le trajet de Paris à Marseille, c'est-à-dire huit cent soixante-trois kilomètres, coûte, en simple compartiment de première classe, quatre-vinut-treize francs soixante-cinq par place.
Patrick rougit, fit un haut-le-corps et balbutia tout honteux :
“ C’est trop cher... beaucoup trop cher... je n'ai Pas assez d'argent... nous voulons voyager, ma sœur ct moi, comme les ‘ natives ” et avec eux.’
L'employé, devenu soudain arrogant, les toisa de haut et s'écria, d'un air méprisant :
‘Voyager avec les natives !… des Anglais...des blancs. vous n’y pensez pas, mon garçon...
‘ Vous êtes sans doute, quelque boy et votre sœur une petite servante... votre maître ne le permettra pas.”
L'enfant redressa la tête avec une dignité incomparable et riposta fièrement :
‘Je suis Patrick Lennox, duc de Richmond !
‘Est-ce donc un crime d'être pauvre et de ne rien demander à personne ?
‘“ Donnez-moi deux billets d’émigrants.””
Ce fut au tour du malotru de rougir et balbutier quelque plate excuse.
Il prit deux autres billets et ajouta, redevenu poli.
‘* C’est seulement dix-huit roupies, ”
Patrick solda froidemens offrit son bras à sa sœur et tous deux, suivis de Bob, s'engagèrent sur les quais où se pressait la cohue des gens qui partaient.
I lui restait en voche, exactement, vingt-huit francs et un sou.
Is avisèrent alors un de ces compartiments contigus aux wagons-lits, avec lesquels ils communi-
quent et où se tiennent les bovs indivènes au serl à
vice des riches voyageurs anglais.
Bob, sur un signe de son maître, escalada les marchepieds et s'installa sous la banquette.
Un coup de sifflet déchira l'air, il y eut un tapave assourdissant, puis le train démarra.
Les jeunes voyageurs poussèrent un long soupir de soulagement et crurent de bonne foi qu'ils allaïent filer indéfiniment, se griser de vitesse et se rapprocher insensiblement du théâtre de la guerr
Après avoir roulé dix minutes à peine, le train stoppait non loin de ces marais qui bordent le canal Balliaghâtta, en un lieu sinistre, énergiquement dénommé le ‘ Camp de la Misère.”’
On pouvait dire plus justement encore: ‘ l'Enfer de la Faim ” ; car jamais, peut-être, on ne vit, de mémoire d'homme, pareille réunion de gens en proie à cet épouvantable fléau : la farnine !
Is sont là des centa'nes et des centaines, des milliers, de tout âge et de tout sexe, accroupis ou vautrés sur le sol, faibles à ne pouvoir se remuer et arrivés à un état de maigreur absolument inoui,
À se demander comment une créature humaine peut, sans succomber, subir un tel décharnement !
À l’arrivée du train, tous ces moribonds tendent leurs bras de squelettes, implorant, d’une voix fêlée, quelques bribes d’aliments.
Des mères présentent, au bout de leurs mains, leurs enfants qui semblent flotter, comme dans un vêtement trop large, sous leur peau fripée et dont les membres pendent lamentablement affaissés.
C'est là que se réunissent, clopin-clopant, tous les miséreux de Calcutta, c’est-à-dire tous ceux qui, n'ayant pas une occupation, leur permettant de vivre tant bien que mal, se trouvent sans ressources.
Le séjour de l'opulente cité leur est interdite rigoureusement, et ils n’ont pas le droit de transformer en tables de festin les tas d'ordure.
11 ne faut pas attrister l’opulence par une telle détresse ! On leur assigne pour résidence temporaire le “ Camp de la Misère ”? où, du reste, ils ne sont pas absolument délaissés,
Tous les trains qui partent de Calcutta leur apportent des vivres que leur distribuent, les voyageurs apitoyés. Il y a cn outre des distributions régulières opérées par des agents spéciaux, qui répartissent équitablement les rations amenées dans des fourgons,
Enfin, des convois particuliers emmènent. les plus valides jusque dans l’intérieur, où on les restaure un neu, et d’où on les dirige sur des points où s'accomplissent de grands travaux.
Une manière de chantiers nationaux où l’on peine dur, où l’on mange peu, où l’on meurt, ferme ! Charvés de victuailles, des gentlemen et des ladies étaient descendus et s'étaient mêlés à cette cohne navrante,
Ts offraient des galettes, des petits pains, des sandwichs sur lesquels se jetaient, avec une vorncité de bêtes, ceux qui pouvaient en attraper une bribe.
Et les deux enfants, Patrick et Mary, enviaient
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à ces heureux privilégiés de la fortune non pas leur richesse, mais l'ineftable joie de pouvoir donner,
Cela dura dix minutes, puis ladies et gentiemen remontèrent dans leurs compartiments
De nouveau, le sifflet retentit et Le train démarra.
Mais Patrick et Mary, stupélaits, S'aperçurent aussitôt qu'ils demeuraient immobiles, au milieu des lamentables pensionnaires du Camp de la Misère.
ils descendirent à leur tour et constatèrent que le train avait été coupé en deux. Avec la machine de grande vitesse partaient cinq ou six voitures de luxe pour les gens du ‘* high-life.””
Il en restait une trentaine et pli : auxquelles on allait atteler une locomotive de marchandises, pour le transport des miséreux.
Des employés couraient, aïfairés, ouvrant, à grand bruit, les portes à jalousies des imme: -s wagons coloniaux.
ils proférèrent en langue hindoue, des ordres retentissants accompagnés de grands éclats de voix.
Ces commandements suscitèrent parmi tous ces squelettes une vive émotion qui contracta les faces parcheminées où grimacèrent d'étranges et douloureux sourires.
Et aussitôt il y eut une ruée silencieuse vers les wagons qui furent pris d’assaut, et où l’on s'empila sans le moindre souci de l'hygiène ou simplement, de la commodité.
il en monta ainsi plus de deux mille qui emplirent les voitures, les couloirs et jusqu'aux platesformes.
Enveloppés par la cohue, les enfants du major se sentirent portés vers une voiture quelconque, et
rudement projetés côte à côte, sur un banc, sans même savoir comment ils se trouvaient là.
Bob, grondant et montrant les crocs, les avait suivis et son aspect rébarbatif écarta un peu la cohue.
Et alors, chose étrange, ils s’aperçurent que le hasard leur donnait pour compagnons de route ce petit clan de miséreux qu'une commune détresse rapprochait d'eux depüis deux jours.
Après s'être restaurés dans le parc du cottage détruit, avec les fleurs du bassian ces derniers les avaient suivis à Calcutta et finalement étaient venus s’échouer au Camp de la Misère pendant qu'ils couraient la ville pour vendre leur bijou.
Ils se reconnurent, se saluèrent, de la tête, et si sourirent, se sentant devenir amis en présence de cette destinée qui sans relâche les rapprochait.
Quand tout le monde se fut tassé, la grande distribution de vivres commença. Les fourgons venaient d'être ouverts et de nombreux employés couraient, poussant devant eux des wagonnets encombrés de victuailles.
Par les portières s'allongeaient, toutes grêèles, comme d'énormes pattes d'araignées, des mains décharnées qui happaient au vol ces aliments grossiers, mais du moins substantiels.
Dans l’intérieur se produisaient des bousculades intenses, comme dans une basse-cour ou dans un chenil où se gourmandent les bêtes affamées.
Les morceaux passaient de mains en mains, arrachés, cassés, émiettés, pour disparaître, escamotés au vol par des bouches avides, béantes, et palissadées de dents de loups.
Il allait être midi et la chaleur était accablante, bien que les wagons fussent protégés latéralement par des persiennes en auvent.
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veoyés s enêles, ains
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Patrick et Mary, qui n'avaient rien pris depuis le lever du.soleil, commençaient à défaillir.
Alors le jeune garçon s’enhardit et, se penchant à la portière, appela un employé.
“ Monsieur, lui dit-il, ne pourrais-je pas, en payant, avoir quelque chose à manger, pour ma sœur et pour moi. ””
L'homme, étonné de le voir en pareille société, lui répondit d'un ton bourru :
“* My boy, ce que vous demandez là est impossible.
— Pourquoi ?
— C'est l’aumône aux malheureux...
‘* Et l'aumône voyez-vous, my boy, ne se vend pas.
— Mais, cependant, nous avons bien payé nos places.
— Vous avez eu tort. ct puis je n'ai pas le temps de faire des discours...
‘* Vous avez faim... acceptez donc..."
L’orgueil écossais du pauvre petit fléchit devant un regard suppliant de Mary qui défaillait.
Rouge de honte et de colère impuissante, il tendit la main et reçut deux galettes que les faméliques, leurs nouveaux amis, ne lui disputèrent pas.
Il en tendit une à sa sœur ct dévora l’autre, pendant que deux grosses larmes coulaient de ses yeux.
Brusquement, le sifflet déchira l’air et le train démarra.
Quand le geôlier, flanqué de son coulie, pénétra dans le cachot de Sans-le-Sou, il fut étonné de voir le prisonnier allongé immobile sur le sol.
Il s’approcha, et, rompant le silence obligatoire dans les prisons anglaises, lui dit :
** Gentleman... eh ! gentleman...
Pas de réponse.
‘* Entendez-vous ?.. c'est le déjeuner.
‘ By God ! vous avez le sommeil bien dur.”
Rien !. pas un mouvement !
Le geôlier commença bientôt à s’effrayer. Il se baissa, toucha la main du capitaine, puis son front et recula en murmurant :
‘* God bless me ! il est froid comme un marbre.
‘* Est-ce qu'il serait mort ? ”
Il essaya de le soulever et le trouva lourd, inerte et rigide comme un cadavre. …
‘ Eh bien ! me voilà joli garçon ! ”
Alors, épouvanté de la responsabilité que laissait peser sur lui ce phénomène inexplicable, il quitta en courant le cachot, laissant là le coulie dont les yeux noirs avaient d’étranges lueurs.
Il fila, d’une haleine, à travers les couloirs et alla prévenir le gardien-chef.
Ce dernier en référa de suite au directeur, qui fit appeler le médecin de l'infirmerie heureusement présent à son service.
Pendant ces allées et venues, le coulie s'approchaït à son tour du prisonnier, le regardait longuement, fixement, puis poussait, dans le lugubre silence du cachot, un éclat de rire guttural, un vrai rire de démon.
Entendant, par les corridors voûtés, la marche
des gens qui revenaient cifarés, il reprit son impassibilité de statue de bronze.
Le médecin et le directeur accouraient, essoulîlés, et, procédaient à de rapides constations.
Le premier tâta le pouls, ausculta la poitrine, souleva les paupières, eut un geste désole et s'écria :
—Je crois bien que cet homme est mort !
— Mais, c'est impossible ! exclama le directeur non moins effrayé que le porte-clefs en songeant, lui aussi, à sa part de responsabilité.
‘* 11 est en léthargie, n'est-ce pas ?
— aites venir un brancaid et transportez de suite ce corps à l'infirmerie, interrompit le médecin.
D'une main tremblante, le directeur, aidé du geôlier, ouvrait les cadenas fermant les anneaux des chaînes et, dix minutes après, le capitaine Pennyless reposait sur un lit, au premier étage, dans une salle affectée aux prisonniers malades.
Là, le docteur put reprendre à loisir et minutieusement ses investigations, en présence du directeur qui, peu à peu, s'affolait.
Il y avait abolition compiète de la sensibilité cutanée, rigidité des membres, immobilite des pupilles, absence de tout bruit, respiratoire, stase complète du sang dans les vaisseaux.
On employa, coup sur coup et presque simultanément, les frictions sèches, les sinapismes et les moxas ; on fit des injections hypodermiques ; on pratiqua la respiration artificielle ; on essaya de l'électricité.
Vains efforts ! Trois heures s'écoulèrent en tentatives infructueuses. Le corps de Sans-le-Sou demeura invariablement immobile, insensible et glacé.
“En mon âme et conscience, conclut en désespoir de cause le médecin, je crois pouvoir affirmer qu'il est bien mort,
— Mais à quelle cause attribuez-vous cette catastrophe que rien ne faisait prévoir et dont les conséquences, vous le savez bien, peuvent être effroyables ?
— Je l’ignore, pour le moment,
‘* Mais l'autopsie me l’apprendra.
— Gurdez-vous bien de toucher à ce corps !
‘* C’est celui d’un prévenu et il ne nous appartient pas... la loi est formelle.
‘“ Nous avons droit seulement sur la dépouille des condamnés,
— Alors, je vais le garder en observation.
‘* Vingt-quatre heures seulement.
— Oui, c’est cela. vous avez raison... gagnons du temps...
‘* Encore dois-je informer de suite l’autorité judiciaire, qui est forcée de prévenir en même temps le consul général des Etats-Unis,
“Mon Dieu !. mon Dieu !.… quelle déplorable aventure, après les menaces lancées par les adeptes !…
‘* On va dire que nous l’avons fait périr… et dès lors que vont devenir les malheureux dont l’existence garantissait la sienne ? ?’
Et l’épouvante, ressentie par le fonctionnaire colonial, gagnait de proche en prorte le personnel de la prison, franchissait, l’enceinte en même temps que la nouvelle de la mort du prisonnier, et se répandait dans Calcutta.
Oui, la menace des pundits avait terrifié les plus braves.
Car elle s’adressait non seulement aux cinq cents otages désignés par eux, au cas où Sans-le-Sou
désesirmer
atas-
con- 'Oya-
)par-
uille
viendrait à périr, mais encore elle planait, sombre et mystérieuse, sur toute la ville, où allait sans doute s'abattre l'épouvantable fléau de la peste.
Le consul américain, très ému, accourut, parlant haut et ferme, reprochant aux autorités leur coupable incurie, et laissant transparaître dans ses récriminations la pensée d'un attentat commis par un subalterne, ;
I voulut voir le corps du capitaine et, là éclata en nouveaux reproches, qui affolèrent ces Anglais d'habitude si arrogants à l'égard des étrangers.
Il critiqua violemraent la procédure, la mise au secret et s'indigna quand il sut qu'on l'avait enchaîné.
On protesta timidement, en alléguant la sécurité de l'Etat.
‘* Eh ! je me moque un peu de votre Etat et de sa sécurité, interrompit le consul avec sa rudesse américaine.
‘* Si vous avez des droits, vous avez aussi des devoirs établis par les codes internationaux.
‘* Et vous laissez là ce corps, sur un grabat d’infirmerie…
— Il est en observation interrompit le médecin.
— Je m'en fiche un peu, moi, de votre observation.
‘* J'exige que, à défaut de soins que vous n'avez pas su ou voulu lui donner de son vivant, vous lui rendiez les honneurs dus à son rang et à sa fortune.
‘ Quant à prévenir sa malheureuse femme de cette mort si étrange et si compromettante, c’est, un devoir que je ne laisserai pas à d’autres.”
Il partit, très rouge, en laissant atterrés les
fonctionnaires anglais qui, de plus en plus, perdaient la tête.
Il se fit conduire au yacht où son caractère diplomatique put fléchir la consigne jusqu'alors implacable.
A son grand étonnement, il trouva Mrs. Claudia informée déjà de la fatale nonvelle.
Très pâle, les yeux secs, brûlés de fièvre, la jeune femme semblait plus résolue qu'il n’eût osé l'espérer.
Avec infiniment de tact et de courtoisie, il se mit à sa disposition absolue, lui offrit son dévoucment en la priant en grâce d'accepter.
‘* Je suis non seulement votre compatriote, mais encore le représentant officiel de notre grand et cher pays.
‘* Vous êtes, désormais, sous la protection du pavillon américain et elle ne vous manquera pas, quoi qu’il advienne. ”
Elle répondit avec effort, d’une voix étouffée :
“* Merci !... merci de tout cœur. à vous qui m'apportez, au nom de la patrie, ce puissant réconfort... au milieu du deuil navrant.… de la douleur atroce qui me brisent.
“ Maintenant, je veux sortir d'ici. je veux le voir !
‘* Les bourreaux qui me l'ont pris n’oseront pas me retenir plus longtemps.”
Un officier d'ordonnance arrivait sur ces entrefaites, envoyé par le gouverneur militaire. Il était porteur d’un ordre qui levait la consigne et autorisait les communications des passagers du yacht avec la ville.
Mrs. Claudia, enfin libre de débarquer, fit appeler Marius le maître d'équipage et Johnny le timonier.
Le Provençal et le Yankee arrivèrent silencieux, désespérés par la mort de ce maître qu’ils chérissaient.
‘Mes amis, leur dit doucement la jeune femme, je vous emmène avec moi. venez lui rendre les derniers devoirs ! ?”
Tous deux ne trouvant pas un mot à répondre, émus jusqu'aux larmes et craignant d’éclater en sanylots comme des enfants s’inclinèrent avec respect.
Puis tous quatre quittèrent le vacht sur lequel on venait de hisser, en signe de deuil, le pavillon en berne.
La voiture du consul attendait sur le quai. Elle les emmena au grand trot à la prison où ils entrèrent en frissonnant de désespoir et de colère.
Pendant ce temps. un aréopage de médecins groupés autour du lit funéraire du capitaine Pennyless avait fait de nouvelles constatations.
Après un minutieux examen, ils avaient à l’unanimité conclu que le prisonnier était mort, et qu’il n’v avait plus qu’à l’inhumer.
Alors, par ordre supérieur, on s'était empressé de rendre nn pen plus décente l’horrible salle où visait sa dénpouille :
Le lit avait été recouvert d’un pavillon américain, d’où émergeait, noble et fière jusque dans la mort, la tête brune du capitaine.
Des lumières brûlaient en quantité autour du lit transformé en chanelle ardente.
Au chevet priaient deux chergymen : l’aumônier de la prison et son assistant.
Quand la malheureuse femme pénétra dans cet asile de la mort, un cri sourd lui échappa et un flot de larmes jaillit de ses veux.
Elle s’abattit lourdement sur les genoux, saisit
les doigts raïidis de l’adoré compagnon de sa vie, et couvrit de baisers affolés sont front glacé.
Puis elle murmura d'une voix brisée :
‘ Georges !.. mon Georges bien-aimé.… est-ce donc ainsi que nous devions nous revoir ! ”
Emus et sanglotants, les deux marins s'étaient agenouillés près d'elle, cherchant dans leur mémoire rebelle quelques fragments de prières bégayées pendant leur enfance...
Avec infiniment de tact ct de discrétion les deux pasteurs s'étaient retirés.
La jeune femme et les fidèles serviteurs étaient demeurés seuls pour la veillée funèbre.
Mrs. Claudia s'était approchée du corps de son mari et se penchaient sur lui, le dévorant des Yeux, comme si elle eût cherché, sur ce masque immobile et froid une étincelle de vie !
Le fakir lui :vait dit : “ Contre toute apparence, contre toute possibilité, vous devez espérer!
Affolée d'angoisse, le cœur broyé, elle subissait l’abominable torture d'une attente que rien ne semblait légitimer.
On lui avait promis un miracle !
Mais ce miracle était-il possible, quand les plus Savants médecins avaient eux-mêmes déclaré que le comte de Solignac était mort,
Dans la ville, au delà des murs glacés et silencieux de la prison, l'émotion était indescriptible,
Les otages épouvantés se barricadaient chez eux. Les indigènes qui habitent la cité noire s’agitaient, poussés par de mystérieux agents qui parcouraïent les groupes.
Des patrouilles d'infanterie et de cavalerie circulaient sans relâche à travers les rues encombrées d’une foule frémissante.
On craignait une émeute, et l’autorité s’appréait, le cas échéant, à une répression sauvage.
La situation parut même si grave au commanant militaire, qu'il jugea essentiel de procéder
Qux funérailles sans plus tarder, au milieu de la uit.
Loin de s’opposer à une pareille détermination, a jeune femme l’accepta comme une délivrance.
Oui, il valait mieux en finir de suite, et ne pas isquer de donner à cette poignante cérémonie le anglant décor d’une bataille, ou plutôt d’un masacre.
On apporta un cercueil.
Marius et Johnny, voulant rendre à leur capiaine l’ultime et douloureux devoir, l’y couchèent en refusant obstinément l’asssistance des An- Œlais.
D Le directeur de la prison, un juge et un greffier e tenaient près d’eux, témoins officiels de la luubre opération.
Mrs. Claudia, plus pâle s’il est possible que son Mari, capitonnait d’une main tremblante les étofes autour de cette chère dépouille, afin de lui Pargner les heurts et les cahots de la route.
Et quand tout fut fini, elle s’agenouilla, déposa ur son front un baiser, puis se renversa, à demi morte, sur un siège.
Les deux marins, aveuglés par les larmes, visaient le couvercle, pendant que de rauques sanlots soulevaient leur poitrine.
Dans la cour, plusieurs voitures attendaient out attelées.
Le cercueil fut descendu de l’infirmerie, puis hisfé dans un break, après avoir été enveloppé d’ube tenture noire.
Il était ainsi complètement invisible.
Mrs. Claudia monta dans une seconde voituri avec les deux matelots, ct les Pasteurs prirent pla ce dans une troisième,
La grande porte fut ouverte à deux battants.
Les voitures en sortirent au galop et se trou rent aussitôt enveloppées d'un escadron de lan: ciers rouges qui Stationnaient, massés dans la rue,
Le triste cortège, dont il était ainsi impossible de préciser la nature, partit à fond de train, sortit de la ville, et, après une randonnée assez longue, pour dépister les curieux, se dirigea vers le cime. tière.
Loin du tumulte de la grande cité, il y avai une solitude et un silence absolus,
La fosse creusée par les terrassiers hindous pré: posés d'ordinaire à ce t avail était toute prête,
Le cercueil y fut descendu avec d'infinies précautions à la lumière d'une simple lampe ; les aumi: niers récitérent, quelques prières, et tout fut fini !
Mais la vigueur factice qui jusqu'alors soutenait la jeune femme l’abandonna.
Cette cffrovable succession d'événements fut plus forte que sa volonté, l'espoir insensé auquel ell: avait voulu s'accrocher quand même fléchit.
Elle poussa un cri sourd et s’abattit comme fou froyée, entre les bras de Marius.
Un des fossoyeurs offrit, sa paillote, et le quartier-maître transporta la malheureuse femme dan: le taudis où habitait la famille de l'Hindou,
Mais ce n'était pas une femmelette coutumière de Pâmoisons, que cette énergique Américaine, dont la vie s'était passée en luttes épiques où bien des hommes fussent tombés,
Une légère effusion d'eau froide la fit revenir ? elle, et faisant, appel à toute sa vaillance, elle se trouva bientôt debout.
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Les deux aumôniers qui l'avaiént suivie lui offrirent leurs services, lui proposant de la ramener où elle le désircrait,.
Elle les remercia en leur disant que, avec ses deux marins, elle n'avait rien à crainre, et qu'elle désirait demeurer quelques moments sncore, dans ce séjour de deuil où elle laissait toute son âme,
Hs se retirèrent aprés un salut respectueux :et retournèrent aux voitures qui stationnaient en dehors des grilles,
Il était alors environ minuit.
L'émeute qui commença cutta s'était soudain apaisée.
Les troupes étaient rentrées dans leurs casernements où elles demeuraient consignées,
Mais la foule, naguère si hostile, semblait avoir oublié cette colère si mystérieusement soulevée, comme un vent de tempête.
Après un moment de vif émoi l'autorité commen- Cait à respirer, d'autant plus qu'il n'y avait ou aucun sévice d'exercé sur la personne des otages,
Quand brusquement, vers les dix heures du matin, une nouvelle extraordinaire vint révolutionner toute la haute administration.
Un des hommes de la police indigène était ac COUT annoncer à son chef que le corps du capitaine Pennyless avait été enlevé,
On le traita de visionnaire ou d'escroc voulant escamoter une gratification.
I'insista et fit tant qu'on résolut de s'en aseurer.
Mais quand on voulut faire fouiller la tombe, on Constata que tous les fossovenrs indivñnoc avaient disparu. 11 fallut en réquisitionner d'autres qui accomplirent sans retard la lugubre
rronder dans Cal-
besogne.
Le policier avait dit l’exacte vérité : Je cercucil était vide !
On courut au yacht, qui, lui, du moins, allait être de bonne prise,
Mais, là encore, nouveau ct plus humiliant mécompte.
Le gracieux navire, n'étant plus consigné, avait appareillé avant le lever du soleil,
I y avait de cela plus de six heures ; par conséquent, il se trouvait hors d'atteinte.