‹ Les études classiques avant la RévolutionChapitre 18 sur 81 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

1. Vicissitudes de l'engeignement dn grec. — II. Méthode adoptée duis l'erueigaeEpent de cette langue.

Dans la pensée des novateurs, les réformes proposées pour l'enseignement du latin, devaient à plus forte raison s'appliquer au grec. On connaît les destinées variables de cette langue dans l'éducation classique '. Les maîtres établis par François I", en 1530, au Collège royal, furent presque les seuls chargés de la professer. Il y eut cependant de très brillants élèves. Ronsard était le disciple de Dorât et avait appris le grec au collège de Coqueret, en compagnie de Jodelle,

■ ' Voy. Egger : De fHeHèniime en France.

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Belleau et du Bellay. Maludan avait été, au collège de Boorgogne, le précepteur de ceiHenri de Mesme qui, si nous en croyons ses mémoires, t récitait en public ■ deux mille vers grecs, » savait « Homère par cœur d'un bout à l'autre, * lisait enân t après dîner, par forme de jeu, Sophocles, ou Aristophanes, ou Ëuripides, et quelquefois Démosthènes, Cioero, Virgilius, Horatîus. > Les deux fils de Robert Estieune apprirent le grec avec Esnérius , le fils atné de Budé avec Guillaume Main. A. de Govea fit de sérieux efforts pour introduire les lettres grecques dans le collège d'Aquitaine. Ramus mêlait le grec au latin dans les cours du collège du Mans. Malgré des exemples éclatants et des tentatives isolées, quoi qu'on fût dans la patrie des Budé, des Estienne et des Scaliger, l'étude du grec ne fut pas organisée d'une façon ef^cace et régulière dans les collèges de l'Université durant le xvi» siècle. Il y eut plutôt des hellénistes distingués, qu'un véritable système d'enseignement.

Les statuts de 1598 donnèrent enfin droit de cité à la langue d'Homère et de Démosthène. Ils comprirent même dans le programme des classes un assez grand nombre d'auteurs '. L'exemple donné par les Jésuites, dont le Ratio studiorum prescrit l'étude du grec dès la sixième, concurremment avec le latin, avait exercé

* L'article 33 portait qae les écoliers ne devaient pas demeurer ■ étrangers à la laogne grecque. » Dans ce bat, * aprè» avoir appris les préceptes de la grammûre, ils apprendront, disaient les sliuts, quetqne chose de l'Iliade ou de VOdyttée d'HomÈre, dn poËme d'Hésiode sur les Fraunux et les jours, des Idylles de Thëocrite ; en outre, quelques dialogues de Platon, un certain nombre de harangues de DémostbËaes et d'isocrate, des bymAes de Pindore et d'autres morceaux de ce genre. »

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sur ce point une heureuse influence. Tandis que l'enseignement de cette langue se soutint avec honneur dans les collèges des Jésuites durant le cours du xvn" siècle, il tomba en décadence dans l'Université • à partir de 1650, au moment où Port-Royal allait essayer de lui donner une grande impulsion. Au commencement du xvin< siècle, Rollin s'efforce de réagir contrela défaveur des lettres grecques. Il fait ressortir longuement dans son ouvrage • l'utilité de la langue grecque > , q.u'il revendique comme un héritage de l'Université de Paris. II est néanmoins obligé d'eu constater la décadence.. < La plupart des pères » regardaient, dit-il, comme > absolument perdu i le temps consacré par leurs enfants à cette étude, sous prétexte qu'ayant eux aussi appris le grec dans leur jeunesse, ils n'en avaient rien retenu. Rollin fait observer que très probablement ils n'avaient pas eu grand chose à oublier, et il conjure les maîtres de 4 ne pas céder k ce torrent qui a déjà presque tout entraîné '. • Rollin ne réussit pas à faire remonter le courant. En 1753, le P. Berthier se plaignait de ce siècle i si ennemi de l'étude de l'antiquité et de toute bonne littérature. Dans trente ans, disait-il, personne ne saura lire le grec. » Dix années s'écoulent, et La Chalotais se fait l'écho des mêmes plaintes. Convaincu qu'il n'y a • de vraie, ni de solide érudition 1 sans la double connaissance du grec et du latin, il dit qu'il t serait très utile de ne pas abondonnçr comme on a fait » la première de ces langues *. Vains désirs! En 1768, le président Rolland, tout en affir-

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