LA GÉOGRAPHIE
particulier à cette partie de l'enseignement. • Nous étudions, dit-il dans sa lettre à Innocent XI, la géographie en jouant, et comme en faisant voyage, en examinant les mœurs, surtout celles de la France, nous arrêtant dans les plus fameuses villes, pour connaître les humeurs opposées de tant de divers peuples qui composent cette nation belliqueuse et remuante '. >
Voilà UD bon enseignement géographique . Il s'agissait de le généraliser, d'y faire participer non senlement les enfants des princes, mais encore tous ceux qui venaient s'asseoir sur les bancs des écoles publiques. Aussi, entendons-nous tous les éducateurs du xvm» siècle réclamer à l'envi une place pour la géographie dans les collèges. Locke * avait, en bon Anglais, plaidé énergiquement la cause de cette science en montrant que, sans elle et sans la chronologie, U ne peut pas y avoir d'histoire sérieuse. D'Agues* seau avait répété à son tour : < La géographie et la chronologie sont deux clefs de l'histoire sans lesquelles on s'égare d'autant plus que l'on y fait plus de chemin *. •
n ne fallait donc plus négliger l'enseignement géogra* phlque. • On donnera chaque jour un certain temps àla géographie >, dit Rollin ; t la géographie, ajoute La Ohalotais, ne doit jamais être séparée de l'histoire. * Cette étude, étant pour les enfants plutôt un
<L& Bruyère avait hit anasi une porta la géographie dans l'édualioit du duc da Bourbon. Nicole, dans son Lvre de l'Éducation '.'m prince, ne manque pas de recommander cette science.
' Locke, op. cit.
' D'Agnessean : Deuxième instruction sur les étndea.
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divertissement qu'un travail, < l'ouvra^ des sens..., l'affaire des yeux et de la mémoire » plutôt qu'une question de raisonnement , on ne saurait les y appliquer de trop bonne heure. La Clialotais fait commencer la géographie et l'histoire dès l'âge de six ans. Tous les auteurs sont d'accord avec Rollin pour recommander l'usage des cartes, car il s'agit d'une < science des yeux, i En&n, on ne se contente pas,, dans cette étude, d'une sèche énumération des pays, des villes, des fleuves ou dès montagnes; on veut répandre sur ces connaissances tout l'intérêt dont elles sont susceptibles. Nous avons Vu avec quelle largeur Bossuet comprenait l'enseignement géographique. La Bruyère écrivait à Condé au sujet de l'éducation de sou petit-âls : i Je n'oublie pas les gouvernements que je mâle toujours avec la géographie. > Le xvHi* siècle parla de faire encore davantage. La Chalotais demande des leçons de géographie comprenant tout ce qui touche aux mœurs, aux coutumes, à la religion, à l'industrie, à l'agriculture, au commei'ce des différents peuples '.
Ce programme n'était-U pas un peu ambitieux pour l'époque? Le président Rolland se montre plus modeste, se contentant de désirer ■ qu'on donne aux enfants une teinture de géographie, à commencer par celle de leur pays • Peut-être, en demandant si peu, avait-il la juste mesure de ce qu'il pouvait obtenir. Le lecteur a pu s'en convaincre par les citations précédentes; on a disserté depuis longtemps dfuis
' Voy. pour la qaeaUoa de la géographie : Rolllii, op. cit.. Ut. I, chap. X. La Chalotais ; op. cit., p. S6, 91. Gn;toD de Horveau, p. 17», tSl..
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notre pays sur l'importance de la géographie, sans se décider jamais sérieusement à l'apprendre '. Il y eut pourtant un grand effort tenté au xvm" siècle. Nous verrons en particulier les, congrégations chargées des écoles militaires, tes Bénédictins, les Doctrinaires faire une telle place à la géographie dans leurs programmes, qu'un membre de l'Université de Paris ne craindra pas de leur reprocher d'avoir tout sacrifié à cette science.
■ Au collège d'ADCénis, en i77S, noas voyons les ëlèveb de seconde et de rbétorîque assister le jeudi et le dimanche, à nn cours de géographie dont ils rendaient compte dans l'exercice public de fin d'année. Voj. Léon Matlre, op. cit., p. 1S4. — Le ràgtemeat du collège de Cambrai, art. Z8 (Durieux, op. cit., p. 197), ordonne, en 1765, d'enseigner ta géographie et l'histoire ane demi-heure chaque jour de congé. « On enseignera en quatrième les principes de géographie, en troiaièine la France avec soo histoire, en seconde l'Europe avec son tableau ancien et actuel, en rhétorique le globe entier et la science de la sphère. On distribuera des prix une fois l'année, suivant la capacité des écoliers devant subir à cet elTet des épreuves publiques. ■ — Au collège de Clermont [Jaloustre, p. 413), nons trouvons la géographie de Crozat ea seconde.