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le nœud gordien '. » L'abbé Coyer recule l'époque de la bifurcation à l'âge de quatorze ou quinze ans. A ce moment, il divise les élèves en cinq classes : • celle de la robe, celle de l'épée, celle de l'église, celle de la négociation et celle des savants », dont il développe successivement le programme '.
Ici encore, parmi les différentes carrières que les élèves peuvent embrasser, l'instinct utilitaire, auquel obéissent les iogtituteurs de ce siècle, les pousse à une prédilection manifeste pour les professions manuelles. La Chalotais veut habituer les enfants à observer • les machines simples qui produisent et facilitent le mouvement, à remarquer les effets sensibles du levier, des roues, des poulies, de la vis, du coin et des balances... Les femmes considèrent des ciseaux comme un bijou. > Cet auteur trouve je ne sais quel avantage à leur faire remarquer, de bonne heure, que cet instrument est composé « de deux leviers réunis par un clou, qui leur sert de point d'appui *. > Un écrivain de 89, désirant faire une large part à l'enseignement des arts et métiers, et voulant; éclairer par l'expérience les leçons mécaniques, conduit, aux jours de congé, les élèves dans différents ateliers, où les ouvriers les plus habiles leur expliqueront l'usage des outils. Cet enseignement, outre son utilité pratique, pourrait avoir, dit-il, les plus heu-
1 Flenry, Essai sw les moyen* de réformer fédueatûM, lîM, p. 16 et 4*. Un écrivain de 178B (Verlac : Nouveau plan d'idveation, p. 38-39), aprËs avoir consacré trois ans à l'élude da latin qui doit n'être « qo'une nomenclature de mots, • renrerme, dès onze ans, l'élève dans les connaissaiLces spéciales à la profession qu'il compte embrasser un jour.
' Coyer, op. cit., p. 282-322.
° La Chalotais, op. cit., p. 62.
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reuses conséquences pour le bien de la Société : ■ Un tour, un mbot, une scie, tombés par hasard sous la main d'un enfant, en ont fait quelquefois un très célèbre artiste. Quelques-uns de ces instruments, abandonnés pendant la récréation à la disposition des écoliers, feraient peut-être éclore des talents inconnus à leurs maîtres et & eux-mêmes '. >
Prétendre que la vue d'un rabot, d'une lime peut allumer quelquefois la flamme du génie, c'était pousser un peu loin l'amour des arts mécaniques; mais eel engouement n'était rien en comparaison de l'enthousiasme que les réformateurs de l'enseignement affîcbaient pour l'agriculture^ Les académies s'occupaient volontiers des questions apicoles. Celle de Ch&loQs avait pria pour devise.: A l'utilité ; elle provoquait des mémoires sur. la culture du chanvre, sur l'amélioration de la condition des laboureurs. L'agriculture fut surtout à la mode à partir de 1760. Plus de trante villes virent se former des sociétés qui faisaient des publications, encourageaient les laboureurs, provoquaient des cultures nouvelles, distribuaient des Instruments peri'ectiotmés, cherchaient à. améliorer les races *.
< Plan ttidwmiion tialionale, 1789, in-8°, p. Z^^i^, — Grivel, op. cit., t. U, p. 393 et Mq., p. 103-459, indique les travaux manuels, les principes de - labourage, les connaiasances commerciales auxquels il faut initier les élâvea. — Diderot parle comme La Chalotais : » Je pense, ditil, qu'on dsTrait donner dans les écoles une idée de tonl«» les connaiBsancea nécesBairea i un citoyeUi depuis ta législation jusqu'aux arts mécaniques, qai ont tant contribué aux avantages et aux agréments de la eociété ; et, dans les arts mécaniques, je comprends les proFesaious de la dernière classe des citoyens... Ces connaissuicea ont un attrait naturel pour les enfants dont la curiosité est la première .qualité. »
■ Babeau : La ville, p. 523. . - . . ,
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BNSEIGNEHENT UTIUTAIRE ZiS
Ces efforts méritent tous les éloges de rbîstorieii : malheureusemeot le xviii* siècle, qui avait peut-être puisé une partie de son flathousiasme pour l'agriculture dans la lecture -du Télémaque, ne pat pas se défendre de tomber ici dans la sentimentatilé. M'étaitee pas le cas de se livrer aux effuaioiis d'une philanthropie expansive, toujours empressée à, faire parade de sa tendresse pour le pauvre peuple i Que de fois en «e siècle on célébra, même en cbalre, l'agriculture, la sainte agriculture? Que de larmes fuient vecaées par les âmes aensibleB, à la seule pensée, de cette noble et modeste profession I Que de fois on montra à une jeunesse attendrie Cinciaaaius à la charrue, ou Veift-. pereur de la Chine ouvrant tous les ans le premier sillon , pour donner le signal du labour à son immense empire I Rollin avait dit, en homme sérieux, qu'il est bon de conduire quelquefois, aux joura de congé, les enfants à la campagne, pour les faire assister aux travaux des champs ', ce qui pouvait être pour eux une .distraction utile et agréable. Cette idée est reprise et exagérée par les réformateurs. Il ne s'agit plus seulement d'apprendre aux jeunes Parisiens, qui souvent ignorent l'origine du pain çiu'ils mangent, à connaître • les engrais, le labour, les semailles, les moissons, les vendanges, les instruments aratoires », il faut en faire autant d'agriculteurs. A cet effet, dans le jardin potager du collège,
'Cette idée parait aToir été ''chère au Xïiri' siècle. Nous la retrouvona dans un livre publié en i77i (Principes d'imtitution. par l'abbé Le More, p. 22^;. En llSl, le projet de Talleyrand partait le décret suivant : ■> On rendra souvent les «afonts témoine ira travaui champêtres et des ateliers; ils y prendront part autant que leur ige le leur permettra. ■
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chaque élève aura sou coin de terre, où il cultivera du blé ou des légumes. Les plus faibles « épierreront, d'autres sarcleront; les plus forts laboureront à la bêche, ceux-là avec la cbarrue. » Chaque élève, pris d'un tendre amour pour ce coin de terre qu'il arrose de ses sueurs, apprendra par là même à respecter le droit de propriété- Ces jeunes hommes, appelés un jour à gouverner la nation, connaîtront par expérience un art sans lequel il n'y a point de nation, et, au besoin, Us sauront c s'attendrir sur les infortunés qui l'exercent '. »
Cesidéespassaientdesthéories des pédagogues dans la pratique des maîtres. Condillac, précepteur du prince de Parme, nous apprend qu'on lui fit commencer un petit cours d'agriculture dans un jardin tenant à l'appartement. * Le prince bêcha son champ, sema du blé, le vît croître, le vit mûrir et le moissonna > *. 0 scène attendrissante t o sainte agriculture ! nous pouvons déjà prévoir les effusions et les fêtes champêtres de la Révolution.
< Coyer, op. cil., p. 93. Voir aaasi sur ce sujet GuTtoD de Morveau, op. cit., p. 273 et seq. et Grivel, op. cit., t. IJ, p. SG2 etseq.
> Condillac, Cours d'études, discours préliminaire de la p«mmaire, 1782, t. 1", p. 2t. .>,