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de M. Cousin, c- une sorte d'insurrection tumultueuse de l'esprit nouveau contre la scolastique », avait réussi à la bannir complètement de l'éducation littéraire proprement dite. Il essayaaussi de la chasser du domaine de la phiIosophie..Le lecteur connaît la lutte qui s'éleva alors contre le péripatétisme. On opposa. Platon à Aristote, on se plut à opposer Aristote à luimême, depuis que la découverte du véritable texte, au XV" siècle, apprit au monde stupéfait qu'on n'avait eu jusqu'alors qu'un Aristote incomplet et tronqué, pour le rendre orthodoxe. Les humanistes, dont les oreilles habituées an style cicéronien étaient blessées par le jargon de la scolastique, vinrent prêter main forte aux adversaires de l'aristotélisme. « Que dirai-je, s'écriait Nizolius, de cette immensité de termes barbares et inouïs jusqu'à ce jour, dont les dialectes latins ont souillé la philosophie par leur ignorance des choses et leur inhabileté dans l'art de parler ? Quel est celui qui a un peu fréquenté les écoles de ces philosophàtres et n'a pasentendu cent fois parler de potentialités, de quiddités, d'entités, d'eecéités, d'universalités, de formalités, de matérialités et de mille autres termes
Ce langage ne respire pas un grand amour pour la scolastique. La guerre était ouvertement déclarée. L'un des épisodes les plus connus de cette lutte fut l'attaque furieuse de Ramus contre Aristote, Portant la guerre en plein pays ennemi et au sein même de l'Université, il n'avait pas craint de donner pour titre à la thèse qui devait le faire recevoir maître es arts cette proposition malsonnante : Tout est faux dans Aristote. qtuBCumque ab Aristotele dicta essenl commentUia.
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L'exagération de ces attaques devait les faire échouer. Les écrivains en vogue n'en continuèrent pas moins la campagne contre la scolastique, en jetant le ridicule sur cette méthode. Dans Babelals, Gargantua ', retenu • pendant dix-huit ans et onze mois • sur le de modîs signiflcandi, t en rien ne prouffitait et, qui pis est. en devenait fou, nyais, tout resveux et rassoté, > Que pouvait-on apprendre de vieux professeurs bourrés de syllogismes, cousus de baroco et de baralîpton ? c Leur savoir n'était que besterie, et leur sapiance n'était que moufles, abastardissant les bons et nobles esprits et corrompant toute fleur de jeunesse. > Aussi, lorsque Kabelais met une harangue dans la bouche d'un professeur de l'Université de Paris, Janotus de Bragnardo, ce ne sont que raisonnements absurdes, arguments in modo et in figura, phrases latines dans le genre de celle-ci : ego habet bonum vtno. Montaigne railla à son tour ces écoles de parlerie, ces ordonnances logiciennes et aristotéliques et tout ce bastelage qui lui rappelait les joueurs de passe-passe. «Qui, disait-il, a pris l'entendement en la logique ? Veoid-on plus de barbouillage au caquet des harengieres qu'aux disputes publicques des dialecticiens? » Veut-on un exemple de subtilité sophistique : • Le jambon fait boire, le boire désaltère; par quoyle jambon désaltère. ■ — Qu'il s'en mocque... C'est baroco et baralîpton qui rendent leurs suppôts ainsi crottez ' et enfumez*, i
i LiT, 1, ch. XY.
■ Essais, IW. m, ch. viu; IW. 1", eh. izv. Montaigne dit Billeara : « Aristote n'amnsa point sou disciple k composer des syllogismes. D'où Tient qu'en France les entants trompent asseï
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Ces plaisanteries lancées contre la, métbode scolastique par des auteurs dont les écrits étaient dans toutes les mains ; l'esprit de révolte , s'attaquant à toutes les institutions du passé, trouvant le joug de l'école aussi insupportable que tout autre ; l'exemple de l'enseigement classique, qui s'était débarrassé de toute subtilité syllogistique en littérature et en grammaire, pour ne s'appliquer qu'à l'étude des textes, tout un ensemble de circonstances avait contribué à discréditer dans l^opinion les arguties philosophiques. Néanmoins Aristote et les vieux procédés d'argumentation continuaient à régner dans les collèges. Les statuts de 1598 nous en fournissent la preuve'. La classe de philosophie durait deux ans et avait toujours pour base l'étude d' Aristote. La première année était consacrée à la logique et à l'éthique, la seconde à la physique et à la métaphysique. L'usage des disputes était maintenu '. C'est au point qu'en comparant
ordinaireiueat l'espéraDce que l'on en a conçue ? J'ai oui dire k des gens d'entendement que les collègea où on les envoie les abrnlissent ainaï. »
< Les arlieru, en quittant la rue du Fouare pour t'iatériear des cnllëge», ne firent plus que deux années de philûsopliîe an lieu de quatre. La première année, on interprétait dans les classes dn tnatin la logique ea corameuçant par les caUgoriea. Venainnt ensuite le traité de Vlnterprélation, les cinq premiers livres des Analytiques, les huit livres des Topiques, enfin les deux livres de la Démonslration. Ou. expliquait l'Èthiquâ dons les classes du soir. La seconde année Était occupée, (e matin à la Physique d'Aristole, le soir à sa Métaphysique.
* Les élèves, après avoir argumenté la première année dans l'intérieur dn collège, devaient, durant la seconde, paraître en public et, vers le carême, traiter sous forme oratoire, une 'question de logique ou de morale. Au mois de juin, ils devaient répondre sur toutes les parties du cours, logique, morale, pbfsique;Ct métaphysique. Voy. art. H. L'article 43 porte testueùemeut : « Les