‹ Les études classiques avant la RévolutionChapitre 67 sur 81 · CHAPITRE PHEMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PHEMIER

Organitation de» iludet elannqvu avec ta RenaiMonce et le XVI» tièele

PlgM.

I. Notre Bfstème d'étndes cla«tiqueB date du svi* BîËel*. — Le Ha;en Age ae connut guère que rcaaeignement supérieur. Uue coQDsiasance r&pide de U graqiaiaire, laquelle était remplie de aubtilitéa scolaetiques, devait conduire l'entant, vers douze ou treize eue, à l'élude de la philosophie et de 1b dialectique, seule science entourée d'honneur. — L'apparition avec la Renaissance de l'antiquité grecque et romaine opère une révolution. Les vieux profcsMure avouent ne pae savoir le vrai latin. La grammaire méprisée jusqu'alors esl mise sur le même rang que la philosophie. Les études littéraires retiennent ptasieurs années l'élève lequel ne consacre plus que deux années il la philosophie. Enfin toute subtilité est bannie des études littéraires. '^ Cette transformation est accomplie dès les premières années du xvi* siècle. Témoignage de Ramus %

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IL Cette révolution littéraire tal aidée psr un cbangement survenu dans l'orgaDiBatiou des collèges. — Les élève* de philosophie appelés Artiens, qui jusqu'alors aTaient dd assister aux leçons publiques de la rue du Fouare, reçureot aniverselleaient ces leçons i l'intérieur des collèges depuis le milieu du xv siècle. ~ Dès tors les pnncipaux, acquis pour la plupart aux idées de la Renaissauce, eurent tonte liberté de les faire triompher dans leurs établissements. .

IIL Les études classiques sont désormais fondées. — La rhétorique prend plus d'importance que la logique.

— Grande place faite aux exercieee de compositioa et d'explication des auteurs que le Moyeu Age Avait négligés. — Le maître (qui au Moyen Age n'était qu'un Ueteur) devient véritablement un professeur. — L'Église favorise le mouvement de la Benaissance, — Les statuts de 1598 le consacrent déOnitivement. — Époque de la division par

IV. InHnence de cette révolution sur l'esprit humain, — Un entboueiasme exceesif, un assaut d'imitation menace tout d''iburd dn noyer la pensée moderne et la civilisation chrétienne dans une stérile contrefaçon de l'antiquité. — Mais peu à peu l'esprit français qui. niolgré une activité féconde etdes productions grandioses, n'avaitpassuenhoter une seule œuvre parfaite au MoyenÂRs, porté désormais par les nouveaux modèles qui lui ont révélé l'idéal du beau,' mettra au jour des chefs-d'œuvre immortels. — D'un autre côté, les études claeBiques, en pénétrant par les collèges dans les couches profondes de la nation, vont assurer la culture intellectuelle du tiers-état et le préparer à ses destinées : . .

CBi PITRE II

L'enaeignement du latin ou xvii* tiècte.

\. Lei études eloisiquei dora la première moilii du ZVli* tiitte.

— Grammairei latines. Elles sont trop compliquées. Deipautère. Tentative de Ramns et de Richer. Despautâre, malgré toutes les attaques, même celles de Molière, se maintient par la force de l'habitude. — Les rhéloriquet sonl également trop chargées de règles : Voasius, N. Mer*

' cier; — Expliealion des auteurs. Le xvi* siècle, les statuts

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TABLE DES HATTÈREa 5

de ISOS faisaient nue gronde part à l'expIicatioD des anteurt. Au ivii» on explique beaucoup moins. On ne Toil pluB les auteurs dans leur ensemble. Usage des morceaux cboisle. — Exereicei de composition. Ils ont gagné ce qu'a perdu l'explication. Exereitiola, narrations, c/rries. recueils d'expressions et de lieux communs. Vers latins très cnlti-

II. te» études élastiques dans la seconde moitié du xvrr liéele.

— Béaction contre celte situation. — Tout d'abord on Teut simplifier la sommaire. Grammaires du P. deCondren, de Lancelot, de Boeeuet. Pen de règles pt beaucoup d'usage.

— HSme réforme pour les ouvrages de rhétorique. On demande plus de lecture que de théorie. — Faire une grande place t rtxplicaiion des auteurs et appliquer immédiatement relève k la traduction. Voir les chefs-d'teuTre dans leur ensemble. Exemple des grands humanistes du xvt* «iâcle. Pratique de Bossnet. — En retour, réduire les exercices de composition. Moins de thèmes. Point de recueils de mots. Ce que pensent des vers latija PartrRojaX,

le P. Lamy, Fleurj !5

III. Éducations particuiières au ivii* siècle. — Plan de Richelieu tracé pour le cûliége de sa ville natale, on 46t0. Ëtuda approfondie de ta langue française. Grande part faite à l'histoire, aux sciences, aux langues Tivantes. Toutes les sciences enseignées en français. — Bossuet éducateur du Dauphin. — Fénelon éducateur du dnc de Bourgogne. — L'abbé Fleury par ses tendances utilitaires, sou esprit de réforme, ses attaques contre te système d'études de son temps, est le tfù précursedr du xviii* siàde 3t

1. Rollin se présente k l'entrée de ce xviu* siècle qui devait agiter avec passion la réforme des études et le problème de l'éducation. — Bollin se montre sagement progressif.

— Il consacre tontes les améliorations de l'Age précédent.

— IlTCUt la grammaire latine rédigée en français, des régies simples, éclairées par l'usage. — 11 donne plue d'importance k ta version qu'au thème, à l'explication des auteurs qn'à la composition. — Thèmes oraux ■ moyen de se

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570 TABLE DES 1UTIËBE3

pMier de dieUauiMire. ■ — Faire de l'ex^icatioM dai >ntean ■■ comnie nn dJetionnaire virant, aaa gramiMire

pariaote. •

II. Hollin demande de pltu qne Piwt-Bojal, que la laagne françaite aoit aoaeignée par principei. — n ne bit pas aswi de place & Tbietoin ni au tciencas- — Hais (on livre Mt le mannel dn go6t et comme (e code de* ttodea daa- ■iqnei. — Les noraleiin dn iTiii* lièele, loin da aa o»tenter dea pragrè* aeeomplis, «oat réclamer un véritable bonlaTercenient de* métliode* et de* programme*

Réaction contre le latin a» iriir tiiele,

l. Catuti de la riadiim eotUre le latin au xviii* tièele. — On aaaitte an xviit* tièele k nna TéritaUe réaction contre le latin qni eierçait nne eipèce de royanlè dans l'édacation.

— Le* eansea de cette rtaetion sont d'alwrd l'ïmp«wtance croisiaDte do fruii;Bi* qui s'était illnetré par d'immortel* chef*Hl'(8nTTe, tandii qne le latin pasaait déSBitivement an rang de* langue* morte*. — Le* langoes viTantei, Thnlsire et la géapraphie, le* seience*, *o«laient ansti entrer daos le* programme*. — Or, le latÏD eemUait abaorter tant l'ensaignemeat secondaire. On entend partout daa* le* collèges comme dd cliqueli* de déclinaison*, de conjugaieoni, de vert, d'amplifleatioos, de harangnet, de pënode* cicéroniennet. ConsommatioD eSrayanle de latin de la part des élévet et dei mnltrcB. — On contianait & se serrir de grammaires rédigées en latin. Plaintes de Halebraoche.

— SoDS prétexte que la prononciation du latin ee rapproche pin* de l'arthographe qne U prononciation dn français, l'ntase si attaqué d'apprendre k lire ans «niants avec des livre* lalini, se maintint jnsqo'en plein iviii* siècle. — Enfin les élèves étaient tenu* de parier latin et ne cessèrent de la faire qne vers le milieudnsviiiisiècle. — Cesexcèt mêmes soulèvent l'opinion. Le vents et contre le latin. Les onteort qui veaJent se faire lire, l'ècarteut même des ouvrages d'érudition. — Ce siècle, sa refusajit à voir les procès accomplis dans l'enseignement des langue* ancienaes, prend en dégoût l'ancienne éducation qui lai painlt hérissée de latinisme. Haro inr le latin -

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TABLE DSS MATIËREa S

II. Atlaquet contre le latin. Ces attaqnet oe Tiennent pu de Boiuiatiu qui te contente de pratiquer l'iducetion négative et luBH Emile dans rigaorance des lanitues anciennes. — En detiore de Iloua8ean,nne série inioterrompua d'écriTain* obscur» ou célËbres ront entendre contre le latin vme longue plainte, qui redouble de violence après respulùon des Jésuites et nous conduit à travers cinquante ans de récriminations jasqa'à la Révolution fran^ae. Nommons ; Croosoi, La Condamine, Gédojrn, Daclos, d'Alembert, Gufton d« Horveau, le présidant Rolland, Voltaire, . Coûter, Hathias, Diderot, Grimm, UetTétius. Voltaire résume tous ces griefs en disant de sa sortie du collège: «Je savais du latin et des sottises. • — Il ne s'agit pas néanmoins de supprimer le latin, mais de l'apprendre plus vits, afin de donner place aux autres c

Moyetu propotés pour apprendre rapidemetU le latin.

I. Il l'agit d'apprendre rapidement le latin. — C'est la préoccupation de Bamus, de Hontaigae au xvi* siède, de CO' ménius, de TannegayLefebvre, du P. de Condren au xvii*. — Mille expérimeatateuTB, ■ charlatans > agitent la même question et offrent leurs recettes dès les premiAret années

II. Plut de gFanunaire. — La latin appris comme tme langue vivatUe.—Poar aller plus vite on commence par supprimer la grammaire. — Enseigner le latin par l'usage, comme une langue vivante. Certains veulent Taire parler latin, tous en faire beaucoup lin». — Grande errenr de faire ainsi du latin on but, alors qu'il est surtout un mojen de formation intellectuelle. Les aoeiens eurent comme gjmuaitique de l'esprit la rhétorique, le Moyen Age la scolastique, La Renaissance nous rendit les langues anolennea. Hais le xviii* siècle, ne voyant dans le latin qu'une langue de pins A savoir et non un instruioeot d'éducation intellectnelle, voulut es précipiter l'étude et le faire apprendre comme une langue vivante. — Dès lors plus de grammaire. DflspautËre et mfime L^ncelot pris en dégoûL — Nicole, Lamy, Fleury, Rollin défendent la grammaire s^s laquelle il faudrait « apprendre cent foia ce qu'il safArait d'ap-

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prendre ane Mnlt. ■ —■ Hsiile courant «tt contre. Locke, DamarMli, l'sbbé de Radon-riUlera, l'abbè Plnche, GDytob ds Horvean, Sobbathier n'en vealeat pas pour le* commençants 72

III. Grammaire eomporée. -— Par nae étrange contradiction, on l'occape niannioinR, 1 l'exemple de Port-Royal, d'ëtndes de grammairo comparée. Recfaercfaea ttfmologiqnee. — DnoiBreal*, Fréret, Tnrgot, Beauzée, de BrosKeg, Diderot, Court de Gibelin. — Pourqnoi cette tentative devait échoner.

— Chaire de grammaire comparée aux Écoles centrale*... 7S

IV. Leçtmi de mott. — On Tent donner anx élèTe* nue pro- TÏKÎon rapide de mots. — Les Raàna grcequet de Port- Royal. Le Kadiees de Pierre Danet. Le lanaa KnguoTum de Coménias. Le tort de ce< essais qni supprimaient toiil« régie, tonte grammaire, était d'enlever fc l'étude des laagnes mortes ce qni peat former l'esprit par la compar^son et l'onttljse. D'où le titre si généralement adopté de : Micanique det hnguei, pour indiquer l'absence de toute marche rationnelle. Tout pour la mémoire et la rontine SI

V. Pliu de tompotition latine. ~ Après ta grammaire, la composition latine est sacrifiée, sous prétexte qu'il s'agit de comprendre le latin et non de le parler on de l'écrire.

— CinqnanteaDsd'anathëmeseontrelesTienx errements. — Antoritéa invoquées. — Thèse de Pluche. Sabbatbier, Mathiae pour établir la supériorité de la version sur le thème. -- La cause da thème est perdue. Tout au plus des thèmes oraux (Plufibe). ~ Daus une séance de l'Académie des sciences explosion de colère contre l'ancienne éducation. Vaucanson. — Une page de Gil-BIta. — Anecdote des prinees de Lorraine 85

VI. Traduetioni interHnéairti. — Après avoir supprimé les thèmes, on veut faciliter l'explication elle-même avec des traductions Interliné aires. Port-Royal. Locke. — La méthode latine de Dumarsaisqni ptaçûtle mot français sons chaque mot latin, èritanl les inversions et les ellipses pourépargnertontlravailft l'élève, eut un immense snccèe. Les essais en ce genre et les méthodes pullulent. — Système de RadonvlUier*. — Grand débat pour savoir s'il fallait faire la eomtrvclion. Radonvilliers, Cbompré ee prononcent avec énergie contre la constmction qu'ils appellent ■ une destruction. » 93

Vn. P/a* de vers latitu. — Jusqu'alors grande pari faite aux

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TABLE DES HATIËKES 573

vers latiiu qui sont muiiiii avec g^rdeor et à tout propos par profeseeura et élâTes. — Vrais tours àû force. — La muae latine à la Faculté de m^decinâ. — RéactioQ. — Opiaion de Port-Royal, Pleur;, Uollia, d'Alembcrt, Plache, Matbias. — Lea vers latins supprimés & Sorèie. — On

demaDde de Rimples notions de métrique 100

Vlll. Curieuse expérimentation des nonvelles méUiades par CondiUae dsos l'éducation dit prince de Parme 107

CBAPITHB VI

Brreur de celle hotUHU contre le tatin

I. Sons prétexte de hUer l'étude du latin on voulait le bouleverser. — Torts de ces réformes poussées à l'excès. — Nécessité des thème* pour comprendre les rËgles et former l'esprit par la comparaison, ponr retenir la grammaire el rendre par l'effort présent* à la mémoire les mots déji TUS. — Utilité de la compotUUm latine ponr savoir vraiment le latin et entrer dans le génie des chefs - d'œoTre antiques. — Lea vera latin* tant attaqués éveillent l'imagination, baljitLient l'oreille an nombre et à l'iharmonie dans

le stfle. Opinion de Sainte-Beuve... lOS

II. Importance de la traduction pour le développement inteitectaal de l'élève. — A un ige où l'enfant ne peut pas composer, c'est-à-dire tirer de son tond, la traduction la met en présence d'un cbef-d' œuvre dont il fint reproduire le sens et la force. — Erreur des novateurs du xviii* siècle, qui, eu plaçant entre les mains des élèves des traductions interlinéaires, supprimaient l'effort personnel condition de tout progrés. — Las études classiques sont un cours gradué de logique. — Elles préparent le penseur

. et l'Écrivain (babiicté à écrire de certains élèves de rhétorique qui n'ont fait que traduire). ■— EUles forment toutes les facultés de l'homme, d'où leur nom à.'humemitéji 113

III. Supiriorilé de* lafint comme instituteurs du genre Aumain. — On trouve dans lea auteurs romains l'homme universel, le fond étemel de notre nature. On peut dès lors les prendre comme maîtres du sens commun. — Chez les grecs, plus de profondeur et plus de charme, mais un goût de terroir et un caohet national qui les rend moins cosmopolites. — Ce caractère de parlicularisme est encore

674 TABLE DES MATIÈBES

pliM proitoitei ehei les moderaes, dont le* langaM «ont noliii parMtea et dont \e» eheh-d'œarre Renient diffleilement compila de toni let temps et de tons le* fieox. — Les latins lont également plni limples. — Enfin le ktïn est Ife Ungn»inire de la langue française

Ltgrei

I. Vieiuitutltt du grec — La réforme da latin atteignait à pins forte raison le grec. — An xvi* siècle, il y ent platAt iam Hellénistes distingués qn'nn TéiitaUe eoseignement du grac — ■ABiard, Henri de Uesme, les Estienn», RoiuiH. — Les statate da IIM consacrent l'enieîgDeraent du gr«o dans l'Université. — Es«mpla dM Jésuites. — Destinées du grec an XVII* siècle. — Impulsion de Port- RojraL — Rollin s'efTorce de réagir contre W décadence da grée au xviii* siècle. Cette déeadeuee constatée par le

P. Barthier, La Chalotais, Rolland 4!S

II. Milkode tfeiutigntment du grée. — Large lectara an XVI* siéfte. — Plutôt des deroirs écrits au ivii*. — Grammures. — Dictionnaires. -~ Méthode grea/ve et Racint* grecques de Laocelot, dans. le but de simplifier l'étude dn grec. — L'oQTTage du P. Labbe bien supérieur. — Plaintes au xviii* siècle contre l'importance donnée au thème anz dépens de l'explication. — BoUin vent noe grammaire simple et n'inlrodait les thèmes grecs qu'eu troisième. — Il commence l'étude du grec en sixième, Pluche en quatrième. — Ce qu'on pensa des ftacines de Laneelot. — Plus do grammaire, traductions inteiiinèaires, disant les noTatenr*. — Ualgré de nombreuses publications sur la Grèce, cette étude est en décadence k la veille de la Révo- Intion 12S

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