M. Boudhors, dans Y Enseignement secondaire
bi LES ÉTUDES CLASSIQUES ET LA DÉMOCRATIE.
maire supérieur. La majeure partie des institutions libres et congréganistes s'est vouée à la préparation des bacheliers du style « moderne » . Un certain nombre de ces établissements a aussi conservé avec soin les études latines et, du même coup, le prestige classique. Tandis que le scepticisme gagnait la majeure partie des parents, ceux qui avaient gardé la foi à la supériorité des études latines en venaient à croire, bien à tort, qu'elles étaient négligées dans les lycées et les collèges; ils ont alors confié leurs enfants aux institutions libres, où ils se figuraient que les hautes traditions d'enseignement seraient mieux conservées. Comme, au moyen âge, la culture s'était réfugiée dans les couvents, on prétendait que les études classiques allaient avoir leur dernier refuge dans les établissements religieux*! Ajoutons que l'on
1. Un journal radical ayant montré dans le triomphe des a modernes » l'avènement de la grande Béotie et prédit (avec raison) que celui qui rirait le dernier et rirait^ fort, ce serait l'enseignement des jésuites, le P. Burnichon, de la Compagnie de Jésus, a répondu dans les Études religieuses du 20 avril 1897 : « De tels pronostics nous dictent notre devoir.... C'est une mission que nous avons déjà remplie dans le passé et qui nous revient de droit. L'Église a sauvé l'esprit humain contre l'inva-
avait dirigé contre l'internat des critiques exagérées, sans se demander si la vie des jeunes gens en Allemagne, répandus dans les familles, était vraiment plus morale et plus exempte de dangers que celle de nos élèves. A force d'attaquer ainsi l'internat, on a amené nombre de parents, non pas à y renoncer, mais à le chercher ailleurs que dans nos établissements universitaires, où, du reste, par les mesures prises sous le ministère de M. Bourgeois, on avait eu le tort d'affaiblir et d'énerver la discipline.
En même temps, la ressemblance entre les programmes des écoles primaires supérieures et ceux de l'enseignement moderne a permis aux écoles primaires congréganistes, — nous disons primaires^ — tant à Paris qu'en province, de faire recevoir au bout de trois ans un grand nombre de bacheliers modernes. Elles ont ainsi profité d'un vice radical d'organisation.
Récemment, au Conseil académique, M. Gréard, vice-recteur de l'Académie de Paris, constatait
sion de la barbarie ignorante; le moment vient où elle devra le proléger contre les progrés de la barbarie scientifique » .
que renseignement moderne a vidé les lycées et surtout les collèges d'une grande partie de la clientèle qu'attirait l'enseignement spécial. Les familles, ne trouvant plus au lycée l'enseignement pratique et vraiment utile qui existait autrefois dans l'enseignement spécial, vont le chercher dans d'autres établissements. Les Frères de la Doctrine chrétienne (qui viennent de publier un cours de philosophie destiné à l'enseignement moderne), les Frères du Sacré-Cœur, les Petits-Frères de Marie, la Société de la Croix-de- Jésus, etc., ont profité de l'analogie qui existe entre les programmes de l'enseignement primaire supérieur et ceux du secondaire moderne; sans tomber sous le coup de la loi, qui ne prévoyait pas un baccalauréat sans latin, ils ont transformé en véritables établissements secondaires plus de deux cent cinquante de leurs écoles primaires^ Le R. P. Chauvin, de l'Oratoire, a publié, dans la Quinzaine, deux études très intéressantes sur les Humanités modernes, dont il est partisan. Il constate leur échec dans l'Université et déclare