IV INTRODUCTION
d'années dans nos programmes et dans nos méthodes d'enseignement; de là est ^résulté cet état, sinon de « crise », du moins de malaise, qui frappe tant de bons esprits. Dans un livre qui remonte à plusieurs années, nous avions déjà prédit les résultats aujourd'hui visibles pour tous. Si nous le rappelons, c'est pour donner quelque poids à nos.
nouveaux avertissements *.
Au sein de notre démocratie encore mal équilibrée, l'instruction secondaire périclite: son avenir inspire de légitimes inquiétudes à ceux que préoccupent les destinées intellectuelles du plus intellectualiste des peuples. Personne ne songe à nier la haute valeur de maîtres universitaires auquels, dans les autres contrées, on trouverait difficilement des supérieurs, peut-être même des égaux, soit pour
1. Voir, dans notre livre sur Y Enseignement au point de vue national, le tableau anticipé et détaillé de la situation présente, p. 447 et passim»
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la culture d'esprit et la finesse du goût, soit pour la largeur et Télévatioii des idées. Nos professeurs de philosophie, en particulier, ceux de rhétorique et d'histoire peuvent défier toute comparaison. Pourquoi donc un malaise se fait-il sentir, dont « l'instabilité des programmes » n'est qu'un indice superficiel?
L'enseignement libre atteint déjà un effectif de 48 pour 1 00 contre l'effectif de 52 pour 100 qui appartient aux lycées; écart minime.
Mais l'afflux ou le reflux de la clientèle n'est qu'un aspect inférieur du grand problème soulevé par l'éducation de la jeunesse. Apprécier impartialement la situation présente du point de vue des intérêts généraux et permanents, comme d'un centre élevé de perspective, voilà le seul moyen de mettre fin à cette maladie de l'éducation libérale qui, en se prolongeant, amènerait une véritable démoralisation, d'abord de la jeunesse, puis du pays tout entier. L'Université, qui enseigne au
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nom de la nation, a pour tâche de faire prévaloir sur les intérêts d'individus ou de groupes l'intérêt universel, les hautes traditions et les grandes idées inspiratrices de la patrie. Avec ses trois ordres d'enseignement en corrélation l'un avec l'autre et fortement centralisés, elle n'est rien moins, pourrait-on dire, qu'un des hémisphères cérébraux de la France : toute lésion de ce côté serait un péril national.
Qu'est-ce donc d'abord que les études libérales? Quel est leur rôle dans la nation et pour quelles carrières sont-elles particulièrement indispensables? Gemment, à côté de ces études, peut -on en organiser d'autres plus proprement utilitaires et pratiques? Quelles sanctions et quels « débouchés » doivent avoir ces divers ordres d'études? Comment l'Université de France, par son ministre et surtout par son Conseil supérieur, peut-elle assurer le développement régulier de l'enseignement et
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son appropriation aux idées démocratiques?
Tels sont les problèmes de haut intérêt que nous nous proposons d'examiner avec toute la sincérité et tout le désintéressement d'un philosophe.