Qu'ils aillent droit au but et procèdent avec suite
4. Il faut, en tout ce qui concerne la religion, user d'une extrême réserve pour qu'une difficulté dont on demande la solution ne dégénère pas en opinion. personnelle que l'on cherche à faire prévaloir. Mieux vaudrait s'abstenir d'argumenter sur des matières aussi graves ; Gicéron lui-même déclarait impie la coutume
de raisonner contre les choses divines, même sous le prétexte d'exercer des écoliers.
La direction d'un maître capable de guider des jeunes gens avec prudence et douceur, sans les décourager ou les blesser, atténue la plupart des inconvénients que présentent ces exercices.
Faut-il, dans l'enseignement de la philosophie, s'attacher à une école particulière ?
Plusieurs pensent qu'il est utile d'adopter une école^ ses idées et sa méthode, du moment qu'elle jouit de l'estime des hommes sérieux ; on échappe par ce moyen aux dangers que ferait courir une liberté trop grande laissée aux professeurs. Peu de maîtres sont, en effet, capables de se faire un corps de doctrine ; et beaucoup risquent, s'ils sont livrés à eux-mêmes, d'émettre des idées aventureuses. Ce qui ne se présente jamais quand on accepte en bloc les enseignements d'une école.
D'autres condamnent cet exclusivisme ; ils semblent avoir de bonnes raisons pour le faire. En voici quelques-unes; je cite textuellement : « En matière de philosophie, il faut laisser à un chacun la liberté de juger les choses par lui-même; c'est un fâcheux préjugé pour ne jamais trouver la vérité, que de se laisser emporter par la seule autorité ; c'est principalement dans cette occasion que l'on doit se servir de la règle de saint Augustin, que quelque autorité et quelque sainteté qu'ait un auteur, on ne doit avoir de créance en ce qu'il dit qu'autant que ses raisons nous en convainquent; et, en un mot, il n'y a que Dieu à l'autorité duquel nous devions déférer aveuglément. . . Un véritable philosophe ne s'arreste ni à l'autorité des auteurs ni à ses préjugés. Il remonte toujours jusqu'à ce qu'il
ait trouvé un principe de lumière naturelle et une vérité si claire qu'il ne puisse la révoquer en doute. » Il ne faudrait pas transporter en théologie cette liberté d'examen. Car Tautorité est le fondement sur lequel repose cette science. Il est donc juste de s'incliner devant le témoignage de l'Ecriture sainte d'abord, et d'acquiescer au jugement des Pères et des Docteurs, qui senties interprètes de la Tradition, et en particulier de ceux dont la doctrine a, pour ainsi dire, été canonisée par l'Eglise.