Ils peuvent encore se proposer l'étude d'un docu
ment théologique ou historique, par exemple un ou plusieurs conciles, une constitution pontificale, un opuscule d'un Père de l'Eglise ou d'un écrivain du Moyen-Age, ou une vie de Saint. Tous les membres de la conférence se mettent d'abord au courant du texte qu'ils doivent examiner et des difficultés qu'il présente. Sans cette préparation, la conférence serait dénuée d'intérêt; car nul ne s'intéresse à ce qu'il ignore.
L'étude qui doit être entreprise demande un certain nombre d'opérations que tous peuvent faire simultanément ou qu'ils peuvent se partager. Yoici les principales : chercher la littérature du sujet, c'est-à-dire la liste des travaux qui s'y rapportent, indiquer ceux dont la lecture est indispensable; les lire ou les consulter ; chercher la meilleure édition du document, et, si la chose est possible, contrôler une édition défectueuse, au cas oii il n'y en aurait pas de satisfaisante ; examiner l'authenticité de la pièce et vérifier soi-même, au besoin, les attributions admises, se gardan t bien d'acepter sur parole les opinions d'autrui; étudier la vie de l'auteur et chercher les circonstances au milieu desquelles cette pièce a été publiée, la manière dont elle a été reçue et les résultats qu'elle a pu obtenir; étudier alors le document pour en préciser le sens et pour voir le parti que l'on en peut tirer en théologie, en droit canon ou en d'histoire. Ce dernier travail sera fait en commun : l'un des membres de ia conférence lira le texte par fragment, donnera son opinion, qui sera soumise à une discussion courtoise ; chacun émettra son avis. Il aura fallu communiquer et discuter le résultat des opérations précédentes.
Une pareille étude ne peut se terminier en une seule
réunion. Elle demande du temps. Menée avec sérieux et persévérance, elle rend à de jeunes travailleurs des services signalés, en stimulant leur ardeur, en provoquant leur initiative, en ouvrant devant eux des horizons nouveaux . Rien ne saurait être plus formateur. Si la conférence est dirigée par un homme ayant de l'acquit et de l'expérience, il initie promptement aux meilleures méthodes de jeunes esprits avides de savoir et d'étudier.
FI serait à désirer que les prêtres, les religieux ou les laïcs chrétiens, dont les travaux ont mérité l'approbation des hommes compétents, vissent se former autour d'eux un cercle de jeunes travailleurs. Des séminaires pratiques pourraient, de la sorte, s'établir et fonctionner dans la plupart des diocèses. La science et la reUgion en tireraient un égal profit. Il serait si facile d'utiliser ainsi, pour la gloire de Dieu, des forces que, malheureusement, on laisse dormir !
3. L'étude d'une ou de plusieurs questions de théologie, de philosophie, de droit canon, d'histoire ou de liturgie, peut fournir un très utile sujet de conférence. Quelqu'un se charge de traiter la matière proposée, que ses confrères ont soin d'examiner attentivement pour être à même d'ouvrir et d'entretenir une discussion vraiment utile. Les sujets sont très nombreux et vatiés ; on peut, au besoin, recourir aux listes que publient, dans chaque diocèse, les directeurs des conférences ecclésiastiques. Mabillon a donné, à la lin de son traité, un certain nombre de difficultés historiques; le lecteur trouvera dans un appendice celles qui conservent de l'intérêt.
Le premier soin des membres de la conférence sera
de bien établir la bibliographie du sujet. Ils précisent ensuite les termes dans lesquels il convient de poser la question. Après avoir recherché les diverses opinions, ils discutent les preuves mises en avant par leurs auteurs et leurs partisans. Les textes empruntés à l'Ecriture sainte ou à la tradition doivent être vérifiés et tous les arguments contrôlés. - Cette discussion fait l'objet d'une conférence ou deux.
Si une opinion émise prévaut, l'étude est terminée ; il n'y a plus qu'à confier à un rapporteur la tâche de résumer tout ce travail dans une dissertation dont il sera donné lecture. Lorsque plusieurs questions seront sorties de ces discussions, les membres de la conférence sentiront augmenter leur goût et leur initiative. Les sujets se présenteront comme d'eux-mêmes; ils n'auront plus que l'embarras du choix. D'excellents articles de revue, et peut-être un ouvrage de longue haleine seront le fruit de ce travail fraternel.
4. Ces réunions peuvent fournir le moyen de tenir des confrères au courant de ses propres lectures, de leur épargner la peine de lire plusieurs revues et des livres utiles, et de recevoir, en échange, un service analogue. Pourquoi donc trois ou quatre hommes ne diviseraient-ils pas entre eux une besogne qu'ils ont tous besoin d'accomplir? Chacun, après avoir lu la .part qui lui revient, la communiquerait aux autres. Que de temps gagné avec ce procédé charitable ! et, j'ajoute, quel charme donné aux relations !
Ce qui est possible pour la lecture courante des revues et des publications récentes peut être mis en pratique dans la préparation d'un travail étendu. Il est facile de se partager un dépouillement de sources et
de prendre ses notes suivant une même méthode. Sans travailler à la même œuvre, un homme d'étude, en recueillant, dans un ouvrage qu'il lui faut lire, des renseignements qu'il sait utiles à un ami, le dispense d'une lecture peut-être longue. La communication des fiches ainsi rédigées et la conversation qu'elle entraine rendraient à elles seules des conférences très intéressantes.