‹ Les étymologies des étymologistes et celle du peupleChapitre 5 sur 10 · V. — Mouche bénie « abeille · texte numérisé non relu

V. — Mouche bénie « abeille

Au point 53 de notre Atlas, l'abeille porte deux noms, celui de vuiteot et celui de miite hem.

Le point 53 est le seul de l'Atlas où iigure cette dernière forme, donnée par une humble femme de journée d'une cinquantaine d'années.

Je n'y ai ajouté — malgré sa transparence étymologique — aucune valeur dans l'histoire des mots qui ont désigné l'abeille en France, alors qu'un autre commentateur des noms de l' h abeille » (M. Gauchat dans le Spéci-

mouchcs », des wouchettes. J'ai le pressentiment que c'est ainsi que s'expliqueront les apicula romans — non pas l'apicula latin que l'on trouve associe à formicula r= petit insecte qu'est la fourmi) — qui scr.iicnt scnianiiqucnient des « mouchetles », c'est-à-dire des abeilles pouvant — à la diiïérence de viouchtU — revêtir la diminutivité sans

men du Glossaire des patois de la Suisse romande. Attinger, Neuchâtel, 192 1) y voit le témoignage « d'une vénération spéciale » (« De là le nom de « mouche bénie » qu'elle porte au Cerneux-Péquignot (Neuchâtel), et qui se retrouve dans la région française du voisinage »). De même, selon le même commentateur, mouchette « abeille » « serait une appellation hypocoristique, qui a pu prendre naissance spontanément dans plusieurs régions (voir Jaberg, Romania, XLVI, 133). Cf. le latin apicula qui ne signifie pas non plus « petite abeille », mais ajoute à apis l'idée d'un être cher ou vénéré, et l'expression « mouche bénie » au Cerneu^j-Péquignot qui se retrouve en France ».

Je n'ai, dis-je, ajouté aucune valeur à « mouche bénie » dans l'histoire des mots qui ont désigné l'abeille en France. Cela pour les raisons que voici :

i) Elle ne m'a paru que dubitativement interprétable par « mouche bénie », et elle est en concurrence — fait unique dans tout lest de la France — avec le type mouchette, auquel elle peut être ce que habillé de soie est à porc ou à cochon, mouchette étant le nom régional, mouche bénie (comme habillé de soie} un nom particulier, isolé.

2) La situation géographique au point de rencontre de quatre aires, qui sont celles de essette, mouchette, aveille et mouche à miel, tout en m'expliquant la présence d'une concurrence de deux de ces termes, m'empêchait d'y voir « une mouche bénie » librement créée en dehors de toute

être exposés à aucune équivoque, qui seraient en roman ce qu'ont été en français les mouchettes-abeilles. Mais, bien téméraire serait celui qui avancerait cette hypothèse, que je crois fort plausible, sans la démontrer géographiquement ! Et les atlas nous manquent encore qui pourraient nous dire les rencontres mortelles d'apis. Mon livre sur les noms de l'abeille n'est qu'une ébauche.

immixtion d'ordre lexical. Il ne pouvait donc s'agir que d'une « mouche bénie » — si toutefois « mouche bénie » •,1 y a — dont le lieu de naissance est étroitement circonscrit par des conditions lexicales très particulières.

Aussi, dans ma Table de F Atlas ne iîgure-t-elle qu'au mot patois heni et non pas au mot français hénie, ce qui. serait le cas si j'avais vu dans mnt€ bent une forme indubitable de « mouche bénie ».

Mille beni remonte à la forme de mouche à miel' Ç\t point 5 3 étant au point de jonction de l'aire mouche à miel avec celle de moucbelte). Mouche à miel serait à ce point 53 viiite e mi, comme ami y est emi, et c'est sur cette forme lexicale, équivalant à mouche amie, que serait venu se greffer « mouche bénie ». Donc, si l'on veut voir dans mouche bénie un terme basé sur le fait que, comme les autres animaux domestiques, comme les étables, les alpages, etc., l'abeille est — à l'exclusion des autres animaux — la mouche qui a reçu une bénédiction ecclésiastique ou qui, simplement, est une mouche bienfaisante, il faut en restreindre l'application lexicale à ce territoire qui forme comme une <> niche » au point de rencontre de mouchette et de mouche à miel — et n'a pas même l'extension du ressort... d'un évêché — ; car, nulle part ailleurs dans la Gaule romane, mouche bénie ne se produit. J'approuve — provisoirement et avec la restriction fLiite — linterprétation par « mouche bénie ».

Mais, si mouche bent est une « mouche bénie », pourquoi ne l'appclle-t-on pas mouche bénite, comme nous appelons eau Ifénite l'eau qui, semblablement à la mouche, a été bénie par le clergé, comme le point 53 l'appelle, lui aussi {a hnit^ et comme tous les points du département du Doubs l'appellent également ?

J'avoue que cette objection n'est pas de nature péremp-

toire ; car on a eau bénie en Suisse, et le point 53, se détachant de tous les autres points du département du Doubs, peut, malgré son ii briit être conforme pour « mouche bénie » à des patois suisses [!].

Mais mnU benï, dans la région où il se trouve, devrait être plutôt mnU bni pour être = « mouche bénie ». Ne nous arrêtons pas à ce point, qui peut être également sujet à controverse '.

Cependant, je ne puis m'empêcher de constater que sur ces points sujets à controverse — et néanmoins si importants, vu le sort brillant que M. Gauchat y attache — son indication n'apporte pas la moindre lumière.

On nous dit qu'au Cerneux-Péquignot on a relevé la forme « mouche bénie », et ce n'est pas sans surprise que Ton voit figurer cette forme française dans la carte du Spécimen, où tous les autres mots sont des types patois régionaux. « Mouche bénie » est une interprétation. Une interprétation du sujet ? Dans ce cas, quelle est la forme patoise ? Une interprétation de M. Gauchat ? Dans ce cas, quelle est la forme interprétée par « mouche bénie » ? Estelle semblable à celle du point 53 ? Présente-t-elle le même

I. Je ne ferai pas davantage prévaloir, pour établir l'imminence d'une évolution de mouche è mi à mouche bénie, les faits phonétiques particuliers qui se produisent dans la région immédiatement avoisinante : Le point 42 immédiatement voisin du point 53 au sud-ouest dit 0 mmt — c'est un mot français comme dans toute la région — pour « eau bénite » (il a niîls à tni, abeille). Ce point pour « que vous vouliez venir », où venir est en contact syntactique très étroit (question : nous savions que vous veniez ») dit k vo vye mnî, et ki mu) pour « qu'il vienne » ; mais il dit vm en contact syntactique plus lâche (« ils devaient pourtant venir aujourd'hui »), et vi pour « (il) vient, (tu) viens »). J'en conclus uniquement que les combinaisons vn et ht peuvent devenir en contact syntactique très étroit mn, et je ne veux pas en conclure que ntut-e e mî ait pu inversement être influencé par ce changement phonétique pour produire mùt€ beni.

rappon que 53 avec «^ eau bénite » ? Serait-elle malade au poin: de redouter le plein air ? A-i-on, comme au point 53, une concurrence avû: mouchciU qui, vraisemblablement a dû y exister, si elle n'y existe plus ; car le Cerneux-Péquignot a appanenu à l'aire -otu (= ette fr.), ainsi qu en témoigne le mot wi = Uyau français, « tiroir », le seul mot en -ttie que nous en connaissions, et dont nous devons la connaissance à M. Gauchat lui-même (Archiv fur das Stud. der neueren Spr. und Lit., vol. CXI, p. 395), mot quiadéterminé le cboix du dérivé de /iVirr, de tirùt f. « tiroir » qui lavoisine, de préférence à tiroir^ tirant^ tireur (joli sujet pour un géographe linguiste) ? Le Cerneux-Péquignot ferait-il partie des patois auxquels fait allusion la note de la carte : « à ajouter « mouche à miel » passim » ?

Nous n'aurons de réponses aux questions ci-dessus que lorsque le Glossaire, qui est dxé sur Thistoire des noms de l'abeille en Suisse, sera sorti de l'ère des spécimens et que sa publication aura progressé jusqu'à la lettre m (maïubc) \

D me parait toujours dangereux de tabler sur des formes françaises déduites de formes patoises que Ton ne nous donne pas ou, ce qui revient au même, — qu'il s'agisse d'identitîcations latines ou d'identifications françaises, c'est tout un — sur des étymologies préconçues, auxquelles on est tenté de rattacher de vive force des définitions revèches données par le sujet invoqué ou consulté. Le Spécimen nous en otfre un exemple frappant, dont on verra l'exposé dans l'article qui fait suite au présent.

I A moins qu'il ne doqs sutBse d*a::.: i :. .a ?jrl:ca:ioa de Tartidc

d vSpU t'nbouige-. :. .. i^r.^ le Gloi^ire, Tar-

tkic iniiul éhèoè ^^ ^;:.. j -pportenà sans doute la

sohition du probt^mc . ua apis autochtooe eDchàssé dans

un apicalâ. égakrocnt autochtone, seloo M. Gauchat.

Je n'ai pas attaché plus d'importance à béni de la forme secondaire du point 53 mûtt' béni que je n'en ai attaché aux formes suivantes de béni qui se trouvent dans une situation géographique exactement identique au béni du point 53 ; car la géographie linguistique m'a appris ce que valent les formes patoises que l'on recueille aux contins d'aires lexicales différentes, où le patoisant est à la merci des courants contraires qui se heurtent sur son territoire.

Dans les moitiés occidentales de la Somme et du Pasde-Calais, le « buis » porte les noms suivants que je francise : buis, biii€ (avec € représentant l'^ finale de buis qui a régulièrement persisté), buis béni et bois béni.

Alors que le point 277 dit bois béni, le point 278 dit bois dîiu Je n'en ai point conclu que le bois béni était devenu du bois (de Saint) Denis, et le patois dni seul figure dans ma Table (comme béni seul y figure).

Le point 285, le plus rapproché du point 277 au nordest, a trois formes différentes — le point 5 3 en avait deux — buis, buie et : bénie.

Le béni s'est laïcisé par l'adjonction du € de buie. Est-ce le bois ou est-ce le buis qui s'est laïcisé -^ Je ne saurais le dire, la géographie linguistique ne me renseigne pas làdessus. C'est le buis dit le voisin 289, c'est le bois dit le voisin 277 : je ne tranche pas le différend qui s'élève entre eux deux.

Si j'accepte comme une vérité que « mouche bénie ;> est une étymologie réelle, je ne l'accepte qu'avec la restriction suivante qui la dépouille de toute espèce de valeur démonstrative dans l'interprétation de niouchette et d'apicula : cette étymologie, de nature populaire, est conditionnée par des faits phonétiques et lexicaux particuliers à la

minuscule réi;ion où elle s'est produite et n'a pas pu se produire ailleurs — où elle n'existe pas.

C'est en vain que l'on chercherait « mouche bénie » ou une équivalence sémantique de « mouche bénie » dans les aires aveille, avette, abeille, é(s), etc. et même dans Vijitérienr de l'aire mouchatle-7}wuchotte, où moiichotte est encore trop solidement ancré pour avoir la velléité de se franciser, comme nous allons voir qu'il l'a eue au point 53 qui représente un patois plus francisé.

Pourquoi, si « mouche bénie » est d'une origine indépendante de certaines conditions lexicales qui en déterminent la naissance, ne serait-il pas né ailleurs que là où il est à la frontière de, monchotte et de mouche à nii ?

Pour être convaincante, il fiiut que mon argumentation implique sinon la nécessité d'une évolution directe de mouchoite à « mouche à miel », du moins une tendance générale à toute la région qui explique, en cas d'évolution de mouclxftle, un aboutissement fatal à « mouche à miel », exclusif de tout autre aboutissement — et excluant, par conséquent, une naissance de « mouche bénie » indépendante de l'adoption de mouche à miel, qui peut s'être faite, selon nous, en produisant des formes interprétables ou interprétées par « mouche bénie «, une naissance de « mouche bénie » ne pouvant se produire dans toute la Gaule romane que dans la voie qui conduit de mouchotle à mouche à miel.

Je dois démontrer que le point 53 qui a monchotte comme ancienne forme — on ne saurait contester la priorité de mouchtte sur mouche bénie, je m'imagine, on ne saurait admettre une laïcisation, un abandon de « mouche bénie », de musca benedicta — que ce point 53 qui a monchotte pour ancienne forme, dis-jc, devait tomber fatalement en un « mouche à miel », si, obéissant à une tendance ou à

une nécessité se faisant sentir dans toute la région à laquelle il appartient, il allait se défaire de moiichotte, que le point 53 (et son voisin le Cerneux-Péquignot) est fatalement, dans toute la Gaule romane, la seule « niche » où peut se trouver « mouche bénie » '.

Cette démonstration me sera facile ; car l'évolution de j/ioMchotte à mouche à miel est conforme à celle que j'ai établie ailleurs (Path. et thér. verbales, IV) en me basant sur d'autres mots congénères phonétiques de mouchotte. Dualité inoiichotte-moHche à miel, possibilité de mouche bénie dans cette dualité seulement et quand la phonétique du mot miel est un appât étymologique, découlent naturellement des faits <^ue j'y ai exposés.

Je me vois obligé de les rappeler, et ainsi de me répéter.

Le suffixe français -ette est à l'est de la France -atte-ottey «qui, par cette modification phonétique s'est rallié à des mots en -atte-oUe n'ayant pas de valeur diminutive, pas plus qu'en français, et a perdu, ainsi, sa valeur diminutive. Comme tel, il a été capable de créer de nouveaux mots. Ainsi la pomme de terre, introduite dans cette aire à cette

I. Il y a en réalité deux ou trois points voisins qui, vu leur état lexical et phonétique égal à celui de 53, pourraient l'avoir également, mais ils ne sont pas, comme le sont 53 et le Cerneux-Péquignot, dans un état d'isolement géographique. Et d'ailleurs, i) « mouche bénie » n'est pas une nécessité, mais une simple possibilité dans un état lexical particulier qui, lui, est une condition sine qua non de la naissance de « mouche bénie » ; 2) la dualité d'expression peut fort bien exister sans que les sujets d'Edmont lui en aient fait part ; 3) mouche à tuiel est une forme française, un mot étranger aux patois, que ceux-ci s'assimilent ou ne s'assimilent qu'incomplètement (les points 27 et 28 de Haute-Marne, par ex. ne s'assimilent pas la seconde partie du mot — 27 : myé « miel », mÔ€ t myel « abeille » ; 28 mye « miel » ; mu-e e fllVel « abeille ») ou enfin qu'ils estropient (ou réétvmologisent) comme 53 et le Cerneux-Péquignot, qui sont dans un isolement géographique explicatif d'une forme dénaturée du mot étranger.

époque, a été appelée pomin[a\)tte et cette forme désignait, non pas une « petite pomme » — ce que n'était pas la pomme de terre — mais un « (tubercule) ressemblant à la pomme ». Ainsi vwuche-ep « abeille » > mouchette y devient mouc}^a][)lte qui signifie « insecte ressemblant à la mouche », et non « petite mouche » — ce que n'est pas Tabeille — et c'est la raison pourquoi mouchette « abeille » n*a pu vivre que dans cette région, tandis qu'il a disparu presque totalement de partout ailleurs.

L'aire -atte -olte était autrefois beaucoup plus étendu^ qu'elle n'est aujourd'hui. Elle s'étendait sur tout le territoire où il reste encore quelque mot en -atte -otte revêche, inconvertible en français.' Ces reliques ne peuvent avoir été empruntées, non assimilées qu'elles sont à -ette.

Actuellement, elle se trouve différemment réduite selon les mots, et j'ajoute hardiment selon les sujets interrogés,, la raison de leur disparition se basant sur des appréciations plus ou moins individuelles.

Que s'est-il passé ?

Apres avoir eu un suffixe [a]otte indépendant du français ('//(', créateur de mots nouveaux, et de nature sémantique différente, ces patois sont pénétrés par le français. Celui-ci, dans sa cohabitation avec eux, leur fait sentir à nouveau la diminutivité de -ettc. Le français les absorbe lentement. Le patois retourne à -ette.

L'opération du retour se fait tout naturellement, sous la surveillance du français, qui l'autorise ou ne l'autorise pas, qui admet ou laisse pour compte.

Elt)i[a\L)tte rejoint alltimctte, fà{a]otte rejoint fauvette; mais lh^s[a\ftlc « fille », css[a'\.nie « esse de l'essieu » qui rcjoigncnt-ils ? Et ctdlot « pantalon » — car il en est de même du suffixe correspondant à -et fr. — rejoint-il cuict ?

Entre ces deux alternatives — admission ou rejet — il y a des accommodations possibles. Un léger obstacle pouvait être contourné. C'est ce qu'ont fait pOfnm[a}jtte et moucl^a]otte, dont la conversion en français montre un parallélisme tel que je dirai volontiers que leur traitement est connexe, que l'un a servi de modèle à l'autre.

Pomm[a]otte était né dans notre aire lorsque le suffixe patois représentant -ette français, au contact du même suffixe patois, mais celui-ci sémantiquement égal à -atte -otte du français, avait perdu sa valeur diminutive remplacée par « semblable à ».

Pommette y était donc = (tubercule) ressemblant à la pomine et ne pouvait être « petite pomme », contrairement à sa réalité matérielle ;

Mouchette y était donc =- (insecte) ressemblant à la « mouche » et ne pouvait être « petite mouche », contrairement à sa réalité matérielle.

Le français s'étant emparé de la direction sémantique de ces motSj comme du patois en général ;

— n'avait-il pas imposé à ces \)2i.\.o\s pomm[a\ptte « pomme de l'air », pomm[a]ote de terre « pomme de terre », pommetier (( pommier » dont l'étymologie patoise est légitimement arhre à pommes de terre, tout cela, parce que les patois, tout en restant phonétiquement patois, sont sémantiquement ce que le français est, où pomme est aussi bien « pomme de l'air » que « pomme de terre » —

le patois se libérant du suffixe [a\)tte sous cette emprise et dans la mesure que le français le lui permettait :

pomm\a\)tte contourne l'obstacle pommette qui s'oppose à sa francisation et devient pomme, pomme de terre — non sans que certains parlers ou certains patoisants, abasourdis par le mouvement lexical qui se produit, en renversent les termes et disent pommette « pomme » et pomme de terre

« pomme de terre » \ semblables en cela à certain patois wallon (190) qui de moucheîle vrai (' moucheron » fait mouche « moucheron », parce que dans son .entourage imvichetie « abeille » devient mouche (à miel ou à larme) ;

mouch^ a'otle contourne l'obstacle mouchette qui s'oppose à sa francisation et devient mouche qu'il est nécessaire de spécialiser — plus nécessaire que pomme par de terre ; car si pomme est à la rigueur = « pomme de terre », mouche n'est jamais = « abeille » — comme le français le fait, donc >* mouche à miel.

Mouche à miel français est à l'exclusion de tout autre « abeille », le s>uccesseur désigné d'un mouch\a\otte dont le parler, tout en restant patois, se délivre quand il est sémantiquement guidé par le français.

Le point 53 connaît bien le chemin qui, lentement, aboutit au français % comme le connaissent, dans tout Tenrobage de l'aire actuelle -[a])tte une multitude de par- 1ers plus ou moins convertis au français.

C'est sans rencontrer d'obstacle qu'il a converti en alouette, fauvette, allumette des mots qui étaient chez lui

1. C'est pourquoi j'ai pu dire plus haut avec raison que « l'aire [a'^tte est ditTcreniinem réduite selon les sujets interrogés ».

2. C'est, au contraire, à raulotis, que les auteurs patoisants et les gens pour qui il est devenu un jouet font marcher le patois. Celui-ci a-t-il fait quelque écart dans quelqu'un de ses mots, qu'aussitôt ils exploitent cet écart et « surpatoisent » le parler — heureusement non pas avec la conséquence qu'ont les lois phonétiques, ce qui permet de dévoiler leurs artifices. A-t-on par fausse application d'un retour au français fait saiaidf de salade, qu'aussitôt ils le font suivre de savants sèiénardf, risarde, proinenardt\ dcc^rin^otarde, etc., mots qui n'ont existé que dans leur cerveau et qu'enregistrent sérieusement les lexicographes (Odin). Salarde a été une mine qu'ont exploitée les félibres vaudois. Ce sera le sujet d'un prochain article {tes patois conlrejaits).

terminés par -otte^ comme ils le sont encore chez ses voisins. Par contre, le français lui laissait pour compte ceux que son suffixe -ette ne pouvait tolérer, parce que leur équivalent français n'existait pas {nœx^ybl « oseille », tirot « tiroir », djetbt « jatte », b^sot « fille »), ou ne pouvait être repéré soit sémantiquement, soit formellement Ql€Ol « hache », bœyot « brouette », blot « belette », fûri^bt « fourchette (de table) », dont il n'a pas voulu faire une petite fourche — à foin, à fumier — bien que les points voisins le fassent, en le percevant sous un autre jour '). Le point 53 a eu sûrement pommotte (v. carte pomme de terre) et, contournant l'impossible pommette, il en a fait pomim. Il a encore moiichotte et, contournant l'impossible pommette, il en fait mouche... à miel", mouche... à spécifier par une spécification qui était en patois ê mi, qui a donné lieu à une étymologie populaire (« mouche bénie », si étymologie populaire il y a), et cette « mouche bénie » (?) représente au point 53 la forme patoise de mouche à miel qui, patoise ou non patoise (points 27 et 28), enlace l'aire actuelle atte-otte, restant de l'ancienne, et où il recouvre un mouch[a]otte déchu pour avoir représenté, dans un parler sémantiquement subjugué par la langue littéraire, un mouchctte français que, de concert avec le sens commun, elle condamne et dont les parlers populaires eux-mêmes se sont débarrassés, sauf en quelques points relégués du territoire gallo-roman (Valais) où il nargue le sens commun.

I. Je vois dans fourchette k instrument de table » un terme qui excuse ■que l'on ait hésité à l'employer — si toutefois le peuple perçoit nettement son étymologie (ci dont je doute quelque peu). Cf. le mot allemand Gahel « fourchette » (de table) et « fourche (à foin, à fumier), et non un diminutif. Celui-ci, dans la Suisse allemande, est réservé, en style enfantin, à « fourchette pour enfant », ou, au figuré, pour désigner certaines menues bifurcations (du cheveu, p. ex.).

Au Cerneux-Péquignot nous avons « mouche bénie » pour « abeille » ; mais ce « mouche bénie » est une traduction faite par M. Gauchat (ou son sujet) d'une forme que nous ignorons. Nous apprenons par le même auteur (Archiv...) que le « tiroir » y porte le nom de yot, lequel est = fr. layette. C'est le seul mot en -ittam que nous connaissions de ce patois.

Il nous suffit pour conclure que le Cerneux-Péquignot appartenait à l'aire -otte (= ette fr.) ; car, ce village eût-il partout ailleurs le suffixe -ette, yot ne pouvant être converti en layette français, qui signifie actuellement tout autre chose que « tiroir », et ne pouvant être un mot emprunté récemment puisqu'il -n'existe plus — pas plus qu'ailleurs en Suisse — dans le département du Doubs, où il est, notamment au point 53, remplacé par tirotte, qui doit son suffixe à layette et qui, lui aussi, ne peut être converti en un tirette français — yot, dis-je, est un témoignage que le Cerneux-Péquignot a traité — ittam comme le point 53, que, s'il a eu pour « abeille » l'éqinvalent du fr. inouchette, cet équivalent était moutchotte, que le Cerneux-Péquignot aurait été exactement en l'état du point 53, à cette différence près peut-être — nous l'ignorons — que moutchotte y est un terme d'autrefois et non d'aujourd'hui, comme il Test au point 53.

De deux choses l'une :

Ou bien mouche bénie est au Cerneux-Péquignot le latin musca benedicta qui s'est perpétué à travers tous les âges en ce lieu où le latin l'a déposé, comme Ton nous a dit qu'il avait déposé un melarium, lequel était un « pommier », qui ne porte pas des « pommes », mais des a culs de chien », autrement dit des « nèfles » dans un pays où

pommelier était étymologiquement un « arbre à pommes de terre ». (^Fantasmagorie étym. dans Path. et thér. verb. /F).

Est-ce cela ? Il y aurait alors trois types latins et autochtones en Suisse : apis, apicula, musca benedicta.

Ou bien mouche bénie est au Cerneux-Péquignot greffé sur un autre mot désignant 1' « abeille ».

Est-ce sur aveille, qui, selon M. Gauchat, remonte à un apicula latin en place, lequel apicula, par son suffixe hypocoristique, marque, comme mouche bénie, la vénération des hommes pour l'abeille, et sur lequel n'est jamais venu se superposer « mouche bénie » ?

Est-ce sur essette, dont le suffixe équivaut sémantiquement à celui de apicula et qui ne se fait jamais accompagner de « mouche bénie » ?

Est-ce sur un mouche à miel, sémantiquement transparent, que le Cerneux-Péquignot aurait trouvé trop prosaïque, et qui, pas plus que les deux précédents^ ne se fait accompagner de « mouche bénie » ?

Ne serait-ce pas plutôt sur un mouchotte qui, dans un parler échangeant otle contre ette, transparaît comme un mouchette français que la diminutivité en -ette rend intolérable pour être = « abeille », et qui, dédiminutivisé, affranchi de ce qui en cause la tare, a besoin, pour être « abeille », d'un spécifîcatif Àf miel dont la forme patoise ê mi se prête à l'incompréhension ou à Tétymologie populaire ? Non ! pense M. Gauchat, et sa version est plus poétique, comme est plus poétique la version qui fait naître Minerve tout armée du cerveau de Jupiter que celle qui en fait une fille naturelle.

Le cas d'hypnotisme phonétique que révèle l'interprétation de mouche bénie par M. Gauchat a été prévu.

Je n zi pi^ a in accuser d'un manque de « vénération » à l'égard de labeiUe, ni de ce « sentiment touchant de solidarité entre l'abeille et l'homme », moi, qui ai £ût d'elle mieux qu'une » mouche bénie » : j'en ai foit un saini, voire même une sainîf.

M. Gauchat aurait pu le savoir, sll avait lu la senle édition authentique de mon travail qui forme le iiy volume de la Bibliothèque de l'Ecole des Hautes- Études — et non l'édition, à moi inconnue, où l'on me fait dire qu aivîlk de Suisse est emprunté à abeUle de Paris, ni l'édition de Bonn, où l'on me £iit dire qu'Mfiflair a remplacé le représentant d'apis.

Aux pages 112 et ,113 de mon travail sur Fabeilie, j'ai dit:

« A plus fone raison que es-prexier, es-jœril qu ne deviennent bremer, rèmi que par ricochet de es-moc- CHET > MOUCHET qui lui-mème ne devient mouchet que par une analogie provoquée par es-guêpe, etc., essaim « vraie mouche piquante » conmie guêpe, conune taox, devait devenir saim, autrement écrit sè^ et devait venir se ranger auprès des multiples st que présentait déjà la langue. C'est ce qu'il a fait effectivement peut-être seulement un jour, une heure, mais ce qu'il a tait assurément en théorie tout au moins. Il n'existe nulle part, mais il a peut-être existé et certainement a existé idéalement, car sans lui essaimer ne serait pas devenu saimer.

« Essaim <« abeille » est devenu saim « abeille » toutes les fois qu'il a pu et partout où il a pu le devenir, du Mmeu à la frontière prussienne de la Wallonie (où il a donné sawfri^tuiF) « essaim »). Saim « abeille » vit d'une N-ie idéale, empêché qu'il est de vivre réellement par le polysémantisme de se. »

Et j'ai ajouté en note :

« Qui sait si, se trouvant en concomitance avec mouche « abeille » fém., ce se n'aurait pas pu devenir sainte et si les dictionnaires étymologiques ne nous eussent dit alors : SAINTE i)... 2) « abeille )^ (à cause du rôle bienfaisant de cet insecte, opposé à...) »

L'existence de ce saint a exactement la même origine que celle de mouche bénie. Je constate avec satisfaction que je n'ai pas été tenté de le mettre en rapport avec la valeur sémantique des suffixes icula et ette. Que « mouche bénie » ait existé réellement ou ne soit qu'à l'état d'embryon, peu m'importe : je sais la place qui doit lui être assignée dans l'arbre généalogique de l'abeille en France.

COMiMENT ON CONCILIE L'ÉTYMOLOGIE EN CONFLIT AVEC LA SÉMANTIQUE

Le Spécimen du Glossaire des patois de la Suisse romaiide (Attinger, Neuchâtel, 1921) comprend l'étude d'une trentaine de mots, soit une tranche alphabétique allant du mot abécé à abçskyè (J'). A cette tranche alphabétique correspondent 12 mots dans le glossaire Odin, dont le tiers seulement est pris en considération dans le Spécimen, les autres devant y trouver place ailleurs pour des raisons de classement alphabétique.

Si restreinte que soit dans ce spécimen la part qu'y occupe le Glossaire de Blonay, elle suffit pour nous montrer comment cet ouvrage purement descriptif^ que M. Gauchat considère comme « le pilier » du Glossaire des patois de la Suisse romande, peut entrer en conflit avec les étymologies de ce dernier.

L'article abéli du spécimen est basé sur deux formes vaudoises ayant chacune une signification différente, mais dont la seconde est considérée comme dérivée de la première par analogie.

La première de ces significations n'est attestée que par le Glossaire Odin, dont voici l'article complet:

« abeli v. a. Fossoyer^ le haut d'une vigne, d'un champ,

I. Fossoyer en français populaire de la Suisse n'est pas sémantiquement l'équivalent du mot français — c'est pourquoi il figure ici en italiques. Il signifie « labourer avec le fossoir » et est dérivé de fossoir^ prononcé /o5J(?î autrefois et même encore aujourd'hui, quoique, le plus souvent, redevenu /o55oir depuis le rétablissement de Vr final.

pour y déposer la terre du bas, | Use pi, nie l-ahélehri : laisse seulement, je fossoierai le haut (de la vigne ou du champ). »

La seconde signification (« se cicatriser » — v. ci-des sous l'article de M. Gauchat) n'est attestée que par un exemple de Leysin (Vaud), qui est sa taiè se d:(a abèlya, sa coupure s'est déjà fermée.

Il est évident que ces deux sens — « se cicatriser » d'une part et a jossoyer le haut d'une vigne ou d'un champ » d'autre part — présentent un écart sémantique tel qu'il a pu paraître difficile de les réunir sous une même rubrique et de leur donner une même étymologié. On l'a fait d'ailleurs... après vérification du premier sens. « Après avoir relevé dans la première moitié de la lettre A tous les cas^ de vocables dont le sens ou la forme restaient douteux, M. Gauchat a parcouru l'automne dernier La Gruyère, les Alpes vaudoises et le Valais pour étudier sur place la possibilité de faire disparaître les déficits de notre information... A Blonay, M. G. a eu la chance de rencontrer encore une des collaboratrices de M""^ Odin, dont l'excellente mémoire a permis de rectifier plusieurs petites erreurs du meilleur de nos dictionnaires patois » (22'' rapport annuel 1920).

La vérification de l'article ci-dessus faite, il est résulté l'article suivant du spécimen :

« abêli Vd 31, abèli 14 || 1° V. tr. Egaliser un terrain, reporter la terre du bas en haut d'une vigne, d'un champ en pente. Lés^ pi, mè Fàbélphri, laisse seulement, j'égaliserai (Vd Blonay Gch ; Odin traduit « je fossoierai le haut »). 2" V. réfl. se cicatriser. Sa taiè s'èd:{a abèlya, sa coupure s'est déjà fermée (Vd Leysin).

Hist. Emplois spécialisés de « rendre beau », cf. l'anc. fr. et le prov. anc. et mod. abelir, l'it. abbelJire, et notre article abèla. Une vérification faite à Blonay nous a per-

mis de préciser le sens indiqué par Odin. Le mot s'est appliqué par analogie à la cicatrisation d'une plaie. »

GCH.

Nous avons sous les yeux tous les matériaux dont on s'est servi pour la rédaction de l'article ci-dessus, et il est intéressant de voir comment naît un article dans le laboratoire où se fait un dictionnaire étymologique ou historique dans les conditions de documentation et de révision où s'est trouvé le Glossaire romand ' .

i) La définition du glossair.e Odin est exacte : M"''' Odin définit un travail réel et bien connu du vigneron — je ne parlerai que de celui que je connais plus particulièrement et qui, d'ailleurs, est le même en agriculture qu'en viticulture. Il consiste à « fossoyer » (en automne généralement) la bordure supérieure de la vigne en pente, avant d'y déposer la terre de la bordure inférieure, terre qui sera ravalée lors du « fossoyage », celui-ci (au printemps généralement) se faisant naturellement de bas en haut. Très souvent ce travail est négligé; mais je l'ai toujours vu faife en automne, quand il importe d'enfouir le fumier au printemps suivant. C'est un « habillage » ^ du terrain fait en vue du transfert en haut de la terre du bas.

La définition malencontreusement rectifiée est absolument incompréhensible et ne présente à l'esprit aucune espèce de travail dont soit susceptible une vigne.

La rectification s'est effectuée de la façon suivante : on a remplacé le « fossoyage » de M""^ Odin par le travail en

1 . Dans l'étude qui précède celle-ci, nous avons vu comment naissait un article dans un dictionnaire folklorique.

2. J'appellerai, dans le présent article, habiller I celui qui signifie « mettre en état pour une destination », et habiller II celui qui, né sous l'influence d'habit, signifie « couvrir de vêtements ».

vue duquel il est fait, par le portage de la terre du bas de la vigne en haut, qui impliquerait- ? — unecc égalisation» que je ne comprends pas — à Blonay on travaille la vigne de bien singulière façon ! Par cette « égalisation », qui est un embellissement — ? — il est jeté un filin — ? — à « se cicatriser » qui est un embellissement et, d\autre part, à l'étymologie abellir. qui signifie ce qu'on vient de lire, à Blonay où l'on a aussi abeîJer, qui y signifie « convenir, plaire » et à Couvet (Neuchâtel) « embellir ».

Et voilà comment « fossoyer le haut d'une vigne, pour y déposer la terre du bas » (Odin) — indication étymologiquement désintéressée d'un sujet, donnée à une personne qui ne savait pas le patois — « égaliser un terrain, reporter la terre du bas au haut d'une vigne en pente » (Gauchat) et, par analogie à ces travaux, « se cicatriser » ont pour origine abellir.

2) M. Gauchat a vérifié à Blonay l'exemple donné par M'""-" Odin '. le n'ai pas à critiquer les modifications qu'il apporte au texte de M"^" Odin. Je constate que, dans

I . Les exemples de M"ic Odin sont généralement insignifiants comme celui-là, et traduits du français. Ils rappellent ceux des manuels d'exercices pour apprendre une langue étrangère. Pour s'en convaincre, il suffît de lire ceux qui figurent aux mots suivants : thé, chocolat, sucre, muscat, orange, olive, olivier, oublie, tous mots que lie une parenté économique ou chronologique (ce qui fait leur valeur démonstrative — Cliché : autrefois... aujourd'hui... — « Qiielle perte », dit-on dans la Préface, « c'eût été pour la science et pour notre patrie, si cette foule d'exemples fussent demeurés enfouis dans ses carnets !) » Il ne pouvait en être autrement dans une région où, depuis longtemps, toute conversation en patois a cessé. 11 y a plus de 40 ans, je m'étais installé à Hrent, d'où, pendant trois jours, j'ai rayonné dans tous les alentours s.uis jumais trouver deux personnes qui s'entretinssent en patois. Cependant j'étais piloté par un grand buveur indigène qui m'a conduit d.ins tous les cabarets des villages de la région. C'est de là que j'allai a 'iorgon d'où je rapportai une thèse d'élève, actuellement sans aucune valeur.

l'exemple d'abélj retrouvé dans la mémoire d'une collaboratrice de M""*" Odin, il transcrit mè où celle-ci transcrit mCj ahclàv où celle-ci transcrit ahéla, ce qui va me permettre tout à l'heure de ne pas attacher d'importance à la transcription de M"'^^ Odin abeJi « habiller », s'il me convient de voir dans ce mot un c qui devrait être rendu par le même signe qu'elle emploie pour ahéli . M"'"" Odin disposait de ■cinq caractères différents (e non compté) pour transcrire les divers e. Si elle n'a pas su distinguer ^ de j- ', :( de 5;, par exemple, à plus forte raison devait-elle se tromper sur la nature des e.

3) Les formes françaises, provençales et italiennes auxquelles M. G. renvoie le lecteur n'ont aucune valeur sémantique qui soit analogue à celle du canton de Vaud, qui sont, nous dit-on, des « emplois spécialisés de rendre beau », alors que les équivalents français, provençaux et italiens n'en présentent aucune spécialisation. En s'y reportant, le lecteur y verra bien que abellir et abeller y sont, quant à la forme, des parallèles parfaits des formes vaudoises ; mais il y trouvera aussi la preuve qu'ABELLiR désignant un travail réellement existant (O.), ou un travail imaginaire (G.) ne peut remonter à un mot signifiant « rendre beau », tant qu'il restera en contact intime et perçu avec « beau », se recroqueviller exclusivement dans une acception restreinte à un prétendu « embellissement » d'une vigne o^u d'un charnp en pente -.

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