Les mots patois ne sont-ils pas tous vieillis à Blonav
2. 11 s'agit sans doute de la taille. Sur le caractère de l'exemple, d, /W, etc., dans une note précédente.
j. M™«^Odiu enregistre sans contrôle tout ce qui lui a été dit. Dans
L'étymologie n'est pas un art qui consiste à rapprocher phonétiquement des formes et à subjuguer de vive force à ce rapprochement la sémantique qui se montre rebelle. Un mot (( spécialisé » (« embellir » par un travail de la vigne) remonte à un usage « non spécialisé » (embellir) et qui s'est « spécialisé )> (« embellir » disparu ou disparaissant) à la suite d'un état pathologique n'affectant pas nécessairement tous les emplois primitifs et en laissant d'intacts après lui.
Je ne me représente pas, dans l'état actuel du français, un éclaircir, à transparence étymologique restée parfaite, qui ne serait que ceci :
éclaircir, enlever dans une planche de jardin des laitues où elles poussent trop Aïuqs (cî. ahéli de Blonay).
Si je trouvais cette seule acception d'éclaircir dans un dictionnaire français du xx^ siècle, j'en concluerais quéclaircir a perdu toutes les autres acceptions plus directement ou tout aussi directement étymologiques que celle-là, que « rendre clair, donner plus de netteté, rendre plus brillant, débrouiller, informer, etc.» ont disparu de • la langue française actuelle.
En est-il ainsi du dérivé verbal de « beau » en Suisse romande ? Pas le moins du monde.
Tout ce que le Glossaire romand a recueilli sur ce dérivé verbal de « beau » est divisé en deux articles : abeller {ahéla) et abellir (^abéli), qui eux-mêmes se composent de deux rubriques.
les patois contrefaits j'aurai à faire un choix de mots vivant dans des conditions d'existence impossible (tek sérhlorâ, erreur et invention du sujet; ravâi, illusion grammaticale de M">e Odin). Si une forme abéll (ou une forme semblable) avait donné lieu à une définition aussi dénaturée, le Glossaire de Blonay serait bien plus dangereux encore que je le crois réellement.
Le premier (abeller) se compose de :
i) Verbe intransiiif <• plaire, convenir ». Cette signification est basée sur un exemple de M"'' O. « cela a bien ABELLÉ (convenu) que j'y sois allé » et un autre plus ancien, « cela ne m'ABELLAiT (plaisait) guère », que M. G. a retrouvé ' à Blonay, lors de la révision à laquelle il a procédé (« cela ne m'ABELLAiT pas tant »). Cet abeller a, paraît-il, été copié par Bridel qui ajoute le sens de « surprendre » et par Moratel qui y joint celui « d'embellir )) (ce qui fait d' abeller un verbe transitif et synonyme des deux suivants dont l'un est un abeller, l'autre un abellir).
2) (( Embellir ». Seul exemple: « il croît [l'enfant] en embellissant » (Couvet).
Le second (abellir) se compose des deux rubriques suivantes :
i) Verbe transitif. « Egaliser... » Seul exemple: voir plus haut.
2) Verbe réfléchi. « Se cicatriser ». Seul exemple: voir plus haut (Lcysin).
Tâchons de voir clair dans ce galimatias.
ABELLER 2 (uu enfant « embellit ») n'est pas = abellir 2 ; car. nous dit-on, abellir 2 (« se cicatriser ») s'est appliqué « par analogie » à ce que signifie abellir i (c'està-dire (égaliser...). Or abellir 2 n'étant point « égaliser », mais « fossoyer », ce n'est pas par analogie à abellir i qu'ABELLiR 2 peut signifier « se cicatriser ». Une coupure « s'est déjà embellie » n'a rien de commun avec i<^ fossoyer » — encore moins qu'avec « égaliser ». Je me représente fort bien une coupure qui « embellit, prend bon aspect », « sich schôn ausnimmt ». Cette dernière interprétation