‹ Les eunuques à travers les âgesChapitre 10 sur 102 · Plutarq. Adv. Coloi · texte numérisé non relu

Plutarq. Adv. Coloi

LES RELIGIONS ET l'eUNUCHISME 27

avant le désastre de Sicile, on vit à Athènes un Galle phrygien sauter sur l'autel des douze dieux et se couper les parties viriles, il sembla que ce fût là un signe de la colère des dieux, avant-coureur funeste des plus grands malheurs. Cette répugnance pour les extravagances du rite phrygien est d'autant plus facile à concevoir que les eunuques étaient; en général, méprisés des Grecs ; ce qui ne les empêchait pas de faire un trafic considérable d'esclaves mutilés *.

Le culte de Cybèle s'introduisit dans l'Empire romain beaucoup plus tard qu'en Grèce. C'était à l'époque de la seconde guerre punique, au moment même où le génie d'Annibal semblait devoir faire échec aux aigles romaines jusque-là victorieuses. L'anxiété régnait dans la République, lorsqu'un incident imprévu vint ranimer les courages : les décemvirs avaient découvert dans les Livres Sibyllins un oracle qui promettait la victoire, à cette condition que Cybèle, la Mère de l'Ida, mater Idœa^ fût transportée de Pessinonte à Rome.

Ce fut donc une divinité de plus introduite dans la Grande Ville. Toutefois les Romains manifestèrent longtemps le même éloignement que les Grecs pour le rite phrygien.

En l'an 102 avant Jésus-Christ, le grand prêtre de Pessinonte était apparu au Forum dans son costume sacerdotal, le front ceint d'une couronne d'or, le corps majestueusement drapé dans une longue robe de pourpre. Un appareil si imposant n'avait pas manqué de produire une grande impression sur l'esprit de la multitude. Pourtant, lorsque, cette même année,

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