‹ Les eunuques à travers les âgesChapitre 13 sur 102 · Saint Épiphane · texte numérisé non relu

Saint Épiphane

OÙ, avec Fassistance du sous-patriarche de Jérusalem, il fonda une école de catéchumènes, qui ne tarda pas à devenir célèbre. Mais les ressources de sa féconde imagination devaient l'entraîner, peu après, sur les pentes de l'hérésie, et lui faire nier les châtiments divins. Aussi, saint Épiphane lui refusa-t-il la palme du martyre, bien qu'il eût subi la torture pendant la septième persécution : «Il toucha la couronne de la main, sans se la pouvoir mettre sur la tête... »

On sait à quel point la folie mystique est contagieuse; l'exemple d'Origène fut donc le pointde départ d'une série de mutilations identiques.

Au ni« siècle, un Arabe, du nom de Valésius, soutint que, loin d'être un obstacle au sacerdoce, la castration en était au contraire la condition indispensable. 11 rattacha à ses idées un certain nombre d'adeptes qui prirent le nom de Valésiens. Ces fanatiques, déliant l'autorité du patriarche d'Alexandrie, se mirent en devoir de pratiquer l'émasculation non seulement sur les adeptes de leur secte, mais encore sur leurs amis, leurs hôtes, en un mot sur tous ceux qui tombaient entre leurs mains, afin de leur assurer le bonheur éternel.

Anéantir le genre humain en ce monde, sous le fallacieux prétexte de le sauver dans l'autre, telle fut cette étrange doctrine, qui trouva malgré tout d'assez nombreux partisans. Un groupe important de ces hérésiarques avait élu résidence à Rachats, au-delà du Jourdain.

De tels abus provoquèrent, de la part de l'Église, une répression énergique. Au concile de Nicée, en 325, le débat sur cette grave question aboutit à la promulgation du canon suivant, confirmé lors du

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second concile d^Arles : « Si quelqu'un à été fait eunuque par les médecins dans une maladie, ou par les Barbares, qu'il demeure dans le clergé ; mais celui qui s'est mutilé lui-même, se trouvant en état de santé, doit être interdit, s'il fait partie du clergé ; et à l'avenir on ne doit en promouvoir aucun. Et comme il est évident que ceci est dit seulement contre ceux qui, de dessein prémédité, osent se mutiler eux-mêmes, le canon reçoit dans le clergé, si d'ailleurs ils en sont dignes, ceux qui ont été faits eunuques par les Barbares ou par leurs maîtres. »

L'acceptation de ce paragraphe suscita d'ailleurs des controverses passionnées, en particulier dans le but de savoir si celte admission, au cas de maladie ayant nécessité la mutilation, ne devait pas être strictement réservée aux maladies des organes génitaux, et s'il n'y avait pas lieu d'en exclure, par exemple, le cas de castration pratiquée sur un lépreux, pour enrayer son mal. La question fut tranchée dans le sens de la négative.

Un peu plus tard, en 395, une bulle du pape Léon I®'' interdit formellement la castration sous toutes ses formes, même effectuée volontairement dans l'intention d'éviter le péché : Léonce d'Antioche, qui s'était mutilé afin de vaincre la passion qu'il éprouvait pour une femme habitant sous son toit, fut de ce fait déposé de la prêtrise.

En définitive, l'Église rejette de son sein le principe même de l'eunuchisme, et cette règle générale ne comporta jamais d'exceptions, sauf peut-être à Fépoque où l'engouement pour les ennuques chanteurs, les castrâti, atteignit son apogée K

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