V. p. 192, note 2. — Les canons des conciles exclurent
38 LES EUNUQWES
Le mariage et l'ordination sont en effet les deux sacrements que TÉglise refuse aux eunuques. Voltaire ne laissait pas de trouver cette exclusion paradoxale : « Bannir les eunuques du service des autels, écrivait-il \ paraît contraire à l'esprit de pureté et de chasteté que ce service exige. Il semble surtout que des eunuques qui confesseraient de beaux garçons et de belles filles seraient moins exposés aux tentations; mais d'autres raisons de convenance et de bienséance ont déterminé ceux qui ont fait les lois. »
Ces raisons de convenance ont-elles fait aussi, comme Jean Boucher le relate dans les Annales d'Aquitaine, que le jour de l'intronisation d'un nouveau pape, les cardinaux chargés d'élire le successeur de saint Pierre aient dû constater, de visu et tacto, « s'il avoit génitoires ^ » ?
La légende rapporte, en effet % qu'à cette occasion le pape, assis sur un siège de marbre, devait se soumettre à l'examen des cardinaux qui passaient devant lui à tour de rôle et lui touchaient les parties viriles en prononçant la formule : Testiculos habet et bene pendentes. Cependant que tous les membres du Sacré-Collège entonnaient un cantique dont le refrain célébrait la virilité de l'élu : Habet ova nos ter papa !
unanimement de rÉglise le castrat -volontaire, par la déposition s'il étaitclerc, ou par Y excommunication s'il s'agissait d'un simple fidèle. Même sanction contre le chrétien qui mutilait ou faisait mutiler autrui.