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tum ; on met ensuite dans la blessure un morceau d'écorce pour éviter la réunion.
D'après Miklucko-Maclay ces mutilés se marient. Dans l'érection, le pénis devient large et plat, et en raison de l'ouverture de l'urèthre à la base de la verge, le sperme est éjaculé hors du vagin. Lorsqu'ils veulent uriner, ils s'accroupissent en relevant un peu la verge. Cet hypospadias est en usage, non seulement dans l'Australie méridionale, mais encore aux environs de Port-Darwin.
Dans certaines tribus, on se contente d'inciser l'urèthre au niveau de la portion périnéale i.
Plusieurs explications ont été données de cette curieuse mutilation. On a pensé tout d'abord qu*en raison de la pauvreté du sol, l'existence n'était possible dans ces pays que pour un nombre restreint d'individus. La doctrine de Malthus devenant dans ces conditions une loi inéluctable, les Australiens auraient trouvé ce moyen ingénieux de s'y conformer.
Micklucko-Maclay prétend au contraire que l'opération était effectuée seulement sur les hommes faibles, et qu'elle constituait un procédé de sélection, d'amélioration de la race.
En réalité, quelque bizarre que cela puisse paraître, il semble que ces indigènes n'établissent aucune espèce de rapprochement entre l'acte sexuel et la procréation ; ce sont là, pour eux, deux choses absolument distinctes. Le but de ces mutilations n'est donc pas, comme on l'a cru, de restreindre la fécondité. Les travaux récents de Baldwin Spencer et
1. D. Charnay. Mutilation du pénis chez les Australiens, in Bull. Soc. Anthrop. Paris, 3890, 4 s, I. 856.
LES RELIGIONS ET l'eUNUCHISME 47
de F.-J.Gillen \ et surtout ceux de Walter E. Roth ^ ne permettent plus aucun doute sur ce point : ce sont des mutilations rituelles, et rien autre. Au surplus, lorsqu'on interroge les naturels sur l'origine probable de cette étrange coutume et sa raison d'être, ils se bornent à répondre : « Ainsi faisaient nos ancêtres, ainsi nous devons faire. »
Une autre forme singulière de mutilations a été observée au Nouveau-Mexique chez les Indiens Pueblo, par le D' Hammond K Dans chaque village de cette tribu, on choisit un des hommes les plus virils, qui prend le nom de înujerado, et on le rend impuissant en pratiquant sur lui plusieurs fois par jour l'acte onanistique et en le contraignant à monter presque constamment à cheval *.
1. B. Spencer and F.-J. Gillen. The native tribes of central Australia, Londres, 1899.
2. W.-E. Roth, Ethnological studies amongst the N. W. central Qiieensland Ahorigines, Brisbane, 1896, Superstition, Magic and Medicine. Brisbane, 1903.