Bull. Soc. Anlhrop., 6 avril
2. Il faut rapprocher de cette coutume celle du kalancf, en honneur dans quelques peuplades sauvages, chez les Dayaks,
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Plusieurs peuplades sauvages se sont transmis, de génération en génération, la coutume de la castration unilatérale. Chez les Bedjas, tous les hommes, sans exception, sont privés du testicule droit. Dans le pays de Kafa, les Sidama écrasent entre deux pierres le testicule sacrifié. Leurs voisins, les Zindjers, se privent également d'un testicule, à l'exclusion des membres de la famille royale.
Ces différentes sortes de mutilations s'effectuent au moment de la puberté, à titre de cérémonies d'initiation ; mais très souvent aussi elles relèvent, accessoirementjde quelque superstition ridicule. Les Gafres, les Hottentots, qui s'amputent le testicule gauche, pensent éviter ainsi les grossesses gémellaires \ et les Sidama estiment que c'est là un moyen assuré d'accroître la vigueur et le courage de leur race.
Toutefois l'idée religieuse demeure le principe dominant de ces diverses mutilations sexuelles.
les Modangs, les Longwais. Le kalang est un petit instrument de cuivre ou d'argent long de 5 à 7 centimètres et d'une grosseur moyenne de 3 à 5 millimètres. Les indigènes en introduisent jusqu'à deux ou trois horizontalement à travers le gland et la verge, et ils en agrémentent les extrémités de perles de corail ou de métal, voire même de touffes de plume. Les femmes montrent une véritable passion pour ces bizarres ornements qui, disent-elles, avivent beaucoup le plaisir pour elles ; « C'est pour le coït ce que le sel est pour la viande. » Aussi est-il aussi indispensable au jeune homme qui veut se marier d'en être pourvu que d'avoir coupé un certain nombre de têtes.
(Zaborowskï).
1. Le Hollandais Trutter qui voyageait en 1801 chez les Boschiraans et chez les Hottentos-Koranas raôonte qull vit parmi eux de nombreux monorchides, sans qu'il lui fût possible de donner la raison de cette difformité
'Des maniffestati^s'M'une^semblabiy crédulité se comprennent\ la ri^ïï^i^ttiez ces peuples enfants ; mais ce qui paN^tof^^ij^Ç^^î^i^le, c'est qu elles firent leur apparition*" ëll Elîrope, en plein dix-huitième sièdfey Elles continuent, au début du vingtième, à étendre leurs ravages sur la Roumanie et sur la plus grande partie de la Russie méridionale, parmi les membres d'une secte fanatique, celle des Skoptzy. Comment s'expliquer la survivance d'une hérésie aussi monstrueuse jusqu'à nos jours, et sa possibilité même dans des pays dits civilisés ?
Sans doute faut-il incriminer par-dessus tout la misère et l'ignorance où croupit depuis des siècles le paysan russe. Il y a cinquante ans à peine, la situation du moujikj assujetti au servage, soumis aux peines corporelles avilissantes, était de tous points la même qu'en France, celle du légendaire Jacques Bonhomme avant la Révolution : courbé sous le poids chaque jour plus considérable des gabelles et des redevances, son labeur acharné ne le mettait pas toujours à l'abri de la misère et de la faim.
Aujourd'hui le paysan russe ne peut davantage suffire aux charges dont on l'accable, et le beau geste d'Alexandre II abolissant le servage aboutit en définitive à un esclavage plus funeste encore. La misère continue de sévir dans les campagnes, profonde, implacable ; elle se reflète dans l'aspect indigent des izhas dont les habitants finissent trop souvent par demander à l'alcool l'oubli de leurs souffrances. Résultat : dans certaines provinces, c'est par centaines qu'on expédie les criminels alcooliques vers la Sibérie. Rien n'a été tenté jusqu'à présent pour relever ce
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lamentable niveau intellectuel : l'empire russe reste par excellence la terre de l'obscurantisme. Quatrevingt-dix-neuf pour cent des paysans ne sauraient déchiffrer une lettre. Un individu sur cent environ y sait lire, écrire, et possède quelques notions générales. « Qu'on se figure la France avec tout juste quatre cent mille personnes sachant qu'il existe une Allemagne et ayant entendu le nom de Napoléon, et l'on aura le bilan intellectuel de la Russie \ »
Les superstitions et le fanatisme n'ont pas de base plus solide que l'ignorance ; aussi l'âme russe allaitelle s'ouvrir spontanément à tous les schismes.
Dans ce merveilleux terrain de culture, les souffrances matérielles et morales devaient favoriser l'éclosion d'espoirs, sans cesse trahis, dans un avenir plus équitable ; la misère allait faire du paysan la proie des ambitieux ou des illuminésf qui sauraient exploiter sa confiance et lui faire entrevoir la fin de ses maux -.
Ce déplorable état social peut expliquer la multiplicité des sectes répandues dans Tempire des tsars , et dont les origines sont parfois assez obscures à démêler. « Los racines en semblent plonger au-delà des limites du sol national, les unes en Orient, les autres en Occident, tenant à la fois à l'Europe et à FAsie et se reliant aux vieilles croyances perdues des premiers siècles de notre ère, et aux vagues efforts, aux aveu-