‹ Les eunuques à travers les âgesChapitre 23 sur 102 · Montaigne. Essais · texte numérisé non relu

Montaigne. Essais

LES RELIGIONS ET l'eUNUCI^ÏSME 55

con cupiscence de ceux qui venoient à la dévotion, ou tenoit aux temples des garses à jouyr et estoit acte de cérémonie de s'en servir avant venir à l'office : Nimirum propter continentiam incontinentia, necessaria est, încendîum ignibus extinguitiir. » (Car l'incontinence est nécessaire à la continence, et l'incendie est éteint par le feu ^)

Les Skakouny ou sauteurs, signalés pour la première fois sous le règne d'Alexandre P"", donnèrent également l'exemple de cet impudique mysticisme.

Lancées sur une telle voie, les tendances hérésiarques s'accentuèrent chaque jour davantage. Au symbolisme erotique, aux rites libertins vinrent s'adjoindre bientôt les sacrifices sanglants et les mutilations qui avaient déjà souillé les cérémonies sacrées chez les Anciens.

Au dire des Grecs orthodoxes, la cruauté et l'ascétisme auraient ainsi provoqué de tous temps, chez les sectaires russes, et en particulier dans les tribus finnoises de l'Empire, des scènes de criminelles orgies. Mgr Philarète ^ parle d'un nouveau-né dont le sang et le cœur mêlés de miel auraient été pour les adeptes une sanglante eucharistie. « Dans une autre communauté de sectaires, une victime volontaire, une

1. Actuellement encore, aux Indes, de nombreuses bayadères ou danseuses, au service des temples, s'adonnent à la prostitution comme à un devoir de sainteté. La plupart d'entre elles se recrutent dans les castes qui passent pour sacrées ; ce sont des femmes ou des sœurs de brahmanes. Lorsque leurs charmes commencent à se flétrir, elles se cloîtrent dans des pagodes où elles continuent à s'adonner à la prostitution, sous la protection des prêtres. (Cf. L. Montanus. Die prostitution in Indien Freiburg. i. B. 1904.)

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