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2. Gerichtlich medicinische Uniersnchungenûber das skoptsenthum in Riissland^ von E. Pelikan ûhersetz von J. Jwanow, Saint-Pétersbourg, 1876.

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des prêtres orthodoxes : « Tel valet, tel maître^ disent-ils ; ces gens-là ne sauraient être les ministres du Christ véritable. »

Lorsqu'il s'agit de convertir quelque pauvre diable, on cherche d'abord à lui démontrer la nécessité d'une opération chirurgicale, et s'il paraît faire la sourde oreille, on emploie le moyen héroïque et on lui offre de l'argent. Des mendiants, des prisonniers ont été ainsi mutilés pour des sommes variant entre cinquante et cent cinquante roubles.

Un autre mode de propagande, le plus fréquemment employé peut-être auprès des petits commerçants besogneux et des paysans, consiste en prêts d'argent à gros intérêts. Bientôt les billets s'accumulent et l'emprunteur se trouve réduit par l'usurier à l'une ou l'autre de ces alternatives : la ruine absolue ou l'initiation. Il est rare qu'il hésite. « Va chez Seimenow ou chez Nasarow (deux Skoptzy), disait-on à un paysan qui déplorait sa misère, fais-toi châtrer, et tu auras ensuite de l'argent autant que tu en voudras I » A intervalles réguliers, les initiés d'une même région, qui forment une association désignée sous le terme de korabl (nef ou vaisseau) se réunissent dans la demeure du plus ancien Skopets, le « cher petit père » le « père nourricier ».

Une pièce spéciale, dissimulée avec soin, y est réservée aux cérémonies du culte et aux prédications édifiantes. Des images, des chromos grossiers décorent seuls les murs nus : les portraits de Skoptzy célèbres, de Silova, de Pierre III,Sseliw^anow,lechef ceint d'une auréole, en font à peu près tous les frais. Parfois, quelques images liturgiques : le roi David dansant devant l'arche; l'agneau de Dieu et

les attributs de la Passion ; l'œil qui voit tout entouré d'un triple cercle d'anges. Les nefs les plus importantes possèdent aussi des reliques : ce sont des cheveux de Sseliwanow, des morceaux de ses vêtements, des pièces de monnaie datant de Pierre III.

A la nuit close, moment propice « aux incantations troubles et aux liturgies coupables », la cérémonie commence. Les hommes ont revêtu un large pantalon blanc et une sorte de blouse de même nuance, serrée à la taille par une ceinture ; les femmes, la tête et le cou recouverts d'une sorte de châle blanc, portent aussi une chemise blanche et une robe bleue. Tous sont pieds nus.

Après s'être inclinés profondément devant le «père nourricier », les hommes vont s'asseoir à droite, les femmes à gauche, chacun portant à la main un mouchoir et un cierge.

A ces réunions, qui se prolongent parfois jusqu'au lever du soleil, assistent les châtrés de la secte « les agneaux blancs, les blanches colombes^ les purs^ les vrais petits enfants de Dieu» ; les sectaires non encore châtrés, « les grisons, les boucs »; enfin les néophytes ou « nouvelles âmes », ces derniers sous la direction d'un parrain et d'une marraine.

A la suite d'un fanatique prêche biblique, où sont interprétés dans l'esprit de la secte les passages de l'Écriture, les danses commencent, au rythme des hymnes célébrant les vertus du sauveur Sseliwanow.

Les assistants, en file indienne, se suivent en sautant, figurant une croix : c'est la petite nef [korahlik). Puis ils se placent dos à dos, et continuent à avancer en sautillant de gauche à droite dans le sens du soleil (/3eii7 mur, slenolschka). Eniin les fidè-

les se mettent aux quatre coins de la salle, et changent de place en se croisant, à pas précipités: cette dernière figure est dénommée Ir petite croix (krestik).

Un certain nombre de Skoptzy commencent à ce moment à tourner sur eux-mêmes, suivant un rythme de plus en plus rapide (radenijë). « Quant à l'ardeur qu'ils y mettent, on peut en juger par ce fait qu'après les radenije le sol de la salle est luisant comme un parquet fraîchement frotté et que les chemises des danseurs, imprégnées de sueur, mettent plusieurs jours à sécher au soleil d'été. »

Quelquefois, au cours de ces réunions, un néophyte, une nouvelle âme, parvenu au paroxysme de l'excitation hystéro-mystique due aux rat/e/nje, sacrifie sa virilité, comme faisaient autrefois les ministres de Cybèle.

Mais, en général, les mutilations sexuelles n'ont lieu qu'à l'occasion de cérémonies extraordinaires d'initiation (priwod). Ces mutilations sont de deux ordres : Mante gazza cite comme premier échelon les cérémonies du petit sceau, premier blanchissage^ première purification (vtoraïa tchistota) qui consistent dans l'abrasion testiculaire seule (fig. 6) et confèren t à l'initié « le droit de monter le cheval tacheté ». Le nouvel adepte ne possède plus dès lors « les clés de l'enfer » — les testicules — mais il lui reste « la clé de l'abîme ».

Le baptême complet, le second sceau ou sceau impérial {isarskaïa petchat), second blanchissage, seconde purification répond à l'émasculation totale (fïg. 7),il donne droitde monter le cheval blanc de l'Apocalypse.

Les deux opérations constituent les deux degrés de l'initiation, et elles se font dans la plupart des cas.

l'une après l'autre. La gravité s'en trouve ainsi sensiblement atténuée. Presque tous les Skoptzy de sceau

Fia. 6. — Le petit sceau (émasculation incomplète chez un Skopets.) D'ap. Teinturier.

impérial présentent deux cicatrices séparées par un lambeau de peau saine, avec souvent un petit tronçon de la verge.

L'ablation d'un seul testicule, pratiquée par les

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moins fervents, où l'amputation isolée du membre viril sont beaucoup moins fréquentes. Quant à la ligature du pénis à l'aide d'un fil d'archal, destinée à empêcher le coït, elle n'a été observée qu'à titre exceptionnel.

Il est assez rare que le nouvel initié trouve en luimême le triste courage de se mutiler. Il se rend alors, pour y être opéré par quelque affilié de la secte, dans un endroit écarté, le plus souvent dans une hutte située au milieu des bois. Mais l'opération peut avoir lieu également dans les centres les plus fréquentés.

Les investigations de la police ont même amené la découverte dans certains établissements de bains d'une cabine spécialement réservée à cet usage. Il s'y trouve un appareil en forme de croix sur lequel s'étend le futur Skopets.

Une ligature est placée sur les bourses du patient, après qu'elles ont été trempées pendant quelques instants dans du lait chaud, pour les rendre pendantes. Alors, tandis que les assistants entonnent un hymme en l'honneur de l'esprit divin, l'opérateur saisit d'une main les parties et les abat à l'aide d'un fer rouge, en mémoire du « baptême du feu » des premiers sectaires, ou plus souvent à l'aide d'un couteau spécial ou d'un rasoir. Puis il élève les parties coupées aux yeux de l'assistance et s'écrie : « Voilà le serpent écrasé ! »

D'autres fois, on applique un cataplasme de bouse de vache sur les bourses du néophyte, qui doit alors tourner rapidement sur lui-même, tandis qu'un prêtre l'exhorte en criant sans cesse : « Attrape celui que tu poursuis. » Et cela jusqu'à ce qu'il tombe étourdi, anesthésié parce genre d'exercice. Le cata-

plasme est aussitôt enlevé, les bourses sont liées, puis sectionnées à Taide d'un instrument tranchant au-

FiG. 7. — Le sceau impérial (éviration complète). D'ap. Teinturier.

dessous de la ligature, et l'on applique sur la plaie un onguent particulier.

Il résulte presque toujours de l'opération une cicatrice scrotale médiane, dans le sens de la longueur.

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OU dans celui de la largeur, suivant la manière dont les testicules ont été saisis, mais indice à peu près certain de l'affiliation à la secte.

Rarement la mort a été la conséquence de la castration effectuée de cette manière. Il y aurait lieu pourtant de s'en montrer surpris, étant donné la brutalité du manuel opératoire et l'incurie des opérateurs. Le choix de Tinstrument leur est en effet indifférent, tantôt c'est un rasoir, ou un couteau de poche, des cisailles, une serpette, unébauchoir; tantôt même un morceau de tôle, ou un os de beuf gros^ sièrement travaillé suffisent aux exigences chirurgicales de ces fanatiques.

Lorsque la mutilation a porté sur la totalité des organes génitaux, ou seulement sur la verge, un clou d'étain ou de plomb, destiné à assurer ultérieurement la perméabilité du canal est introduit dans l'urèthre, comme cela se fait, ainsi que nous le verrons plus loin, pour tous les eunuques complets. Africains ou Orientaux. La plaie est ensuite saupoudrée d'alun ou recouverte d'herbes médicamenteuses; un bandage en T maintient le tout.

Le bistournage * ne semble pas avoir été employé par les Skoptzy. Les accusations portées contre un certain nombre de soi-disant bistournés (pereweziischij krutscheniki), dans les gouvernements d'Orloff et de Tambow^ n'ont jamais reçu de contrôle scientifique.

De même l'enquête médico-légale ordonnée en 1865, dans le gouvernement de Tauris, au sujet d'un nommé Konon Jarkin, accusé d'avoir mutilé des enfants en

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