INTRODUCTION
sommairement l'histoire de l'eunuchisme. Sommairement, disons-nous, car le sujet serait des plus vastes si, remontant aux origines de cette sanglante coutume, on voulait développer les considérations morales qu'elle comporte. Nous avons dû nous borner, et l'on ne trouvera ici à proprement parler qu'un essai historique sur les mutilations génitales, désignées du terme générique de castration. Tout au plus avons-nous un peu élargi ce cadre, dans l'un des chapitres, à propos de la castration d'origine religieuse, car il nous a paru indispensable d'envisager d'un rapide coup d'œil les différentes mutilations rituelles.
C'est volontairement, par contre, que nous avons laissé dans l'ombre un point qui semblerait devoir ressortir à cette étude: nous voulons parler de la castration chez la femme. Il ne s'agit pas ici, bien entendu, de cette opération en tant que procédé chirurgical réservé à diverses rhaladies de la matrice ou des ovaires, mais de la castration plus ou moins complète envisagée dans son évolution à travers- les âges. En d'autres termes, fit-on, autrefois, des: 'feihmes eunuques? Et s'il y en eut, ont-elles mérité, intégralement, cette appellation? Leur faisait-on subir l'excision simple du clitoris ou des petites, lèvres, comme cela se pratique encore sur différents points de l'Afrique, ou bien l'ablation des organes essentiels de la génération, utérus et ovaires, en faisait-elle de véritables eunuques?
Est-il seulement vraisemblable qu'une aussi grave
intervention put être menée à bonne fin par les chirurgiens contemporains d'Hippocrate? Il est permis pour le moins d'en douter. Toutefois un historien ancien rapporte qu'un chàtreur d'animaux, ignorant certes des méthodes antiseptiques, aurait enlevé la matrice à sa fille, laquelle exerçait le métier de courtisane. Remontons plus en arrière: dans les Prohlè^ mes d'Aristote, il est parlé d'eunuques hommes et d'eunuques femmes. Gomment doit-on l'entendre ?
Le texte d'un historien grec, Xanthus, qui est parvenu jusqu'à nous par les citations qu'en ont faites Suidas et Heyschius nous apprend qu'un roi de Lydie, Gygès, fit le premier châtrer des femmes pour s'en servir en guise d'eunuques^ et aussi pour leur conserver plus longtemps la jeunesse et la beauté, ut iis semper setaie et forma florentibus uteretur^.
Chaque fois, malheureusement, qu'ils abordent ces questions, les anciens textes deviennent ambigus et pleins d'obscurité et toute cette partie mériterait à elle seule une étude des plus approfondies. Elle ne saurait en tout cas trouver place dans cet ouvrage où il ne sera question que de l'excision des organes génitaux mâles.