‹ Les eunuques à travers les âgesChapitre 30 sur 102 · Plutarque. Isis et Osiris · texte numérisé non relu

Plutarque. Isis et Osiris

3. Suivant la croyance populaire, le môme châtiment était réservé, après leur mort, aux impurs, aux fornicateurs, qui avaient suivi les voies de Typhon.

De ce mythe ég-yptien il faut rapprocher la légende grecque suivant laquelle Kronos aurait semblablement défait et mutilé son père Ouranos : il lui trancha les parties viriles à l'aide d'une faucille de diamant et les jeta dans la mer. De l'écume qu'elles firent jaillir en y tombant tout ensanglantées naquit Vénus Aphrodite.

A son tour, Zeus combat victorieusement son père, Kronos, et lui ampute l'organe viril avant de le précipiter dans les abîmes souterrains du Tartare.

Enfin, selon un récit hébraïque \ Cham, voulant se venger de la malédiction redoutable que son père Noë avait prononcé sur toute sa race, rendit eunuque le patriarche, au moyen d'incantations magiques.

Des monuments historiques de la plus haute antiquité nous montrent les conquérants faisant trancher aux vaincus la main droite, indigne de tenir l'épée désormais, et le membre viril en signe d'esclavage. Après la victoire remportée environ treize cents ans avant l'ère chrétienne sur les envahisseurs lybiens et méditerranéens par le roi Méneptah (XIX« dynastie), on inscrivit sur les murs de Karnak l'inventaire de ces hideux trophées :

Généraux libyens tués, phallus coupés

et rapportés 6

Lybiens tués, phallus coupés. . . . 6.359

Sicules, phallus coupés 222

Etrusques, phallus coupés 542

Sardiniens

Achaïens, phallus apportés au roi . , 6.111

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