Théoph. Ad Aiitolyc
Les bas-reliefs et inscriptions de Tlièbes célèbrent de la même manière les succès de Rhamsès II sur ses ennemis. Une sculpture murale représente des prisonniers de guerre, les uns liés avec des cordes, les autres élevant au-dessus de leur tête leurs mains suppliantes. Ils défilent devant les scribes royaux préposés au recensement. Dans l'angle de droite gisent pêle-mêle, des mains et des membres virils coupés, témoignage du supplice infligé aux vaincus (fig. 8j. L'inscription porte : « Conduite des prisonniers en présence de Sa Majesté; ceux-ci sont au nombre de mille; phallus, trois mille. » Une autre sculpture donne un total de 2.525 phallus coupés ^
Ces mœurs barbares étaient de pratique courante chez les Mèdes, les Perses, et en général chez tous les anciens peuples d'Orient; nombre d'historiens, Xénophon, Hérodote, Plutarque, Strabon nous les ont signalées ^.
Mais qui convient-il d'en rendre responsable ? L'histoire étant muette sur ce point, écoutons du moins la légende. Un auteur grec anonyme du Bas-Empire romain, dont le manuscrit a été retrouvé dans la Bibliothèque de l'Escurial, attribue l'invention de l'eunuchisme à une reine qu'il dénomme
1. Maspéro. Histoire ancienne des peuples de l'Orient. ChampoUion-Figeac. Egypte ancienne,
2. La Grèce antique n'ignora pas non plus la castration guerrière, la phallatomic. Un passage dune ode de Tyrtée (Première Messénique) peut se traduire ainsi: «...Le guerrier tomba tenant dans ses mains ses parties ensanglantées. » Enfin les compagnons de Xénophon, lors de la retraite des dix mille « mutilèrent les morts,de leur propre mouvement,afin de porterrépouvante dansl'âmc des ennemis.» (Anab. liv. III ch. IV,)