II Rois, IX
L'Ecriture nous apprend également que David apporta à Saul deux cents membres virils, dépouilles sanglantes conquises sur les Philistins, afin de lui prouver qu'il était digne de devenir son gendre. Aujourd'hui encore, parmi les tribus berbères campées sur les versants de l'Atlas, le jeune homme ne manque pas de présenter à son futur beau-père les membres virils des ennemis qu'il a vaincus, comme preuve de sa valeur guerrière.
Semblable coutume se retrouve à toutes les pages de l'histoire.
Au vii^ siècle de notre ère, lorsque la flotte d'Héraclius, exarque d'Afrique, parut devant Byzance, la populace, qui l'accueillait en libérateur, se rua à l'assaut du palais de l'empereur Phocas, en proférant des cris de haine et de vengeance. Découvert dans une cachette obscure, le tyran fût traîné hors de son palais et des mains de femme le mutilèrent affreusement, avant qu'Héraclius ordonnât sa mise à mort.
On trouve d'autre part dans Ancillon une amusante anecdote, contemporaine du règne de Henri I'% et empruntée à un chroniqueur lombard du x« siècle. Luitprand :
« Les Grecs faisaient la guerre au duc de Bénéventet le traitaient assez mal; Théobald, marquis de Spolette, son allié, étant venu à son secours et ayant fait quelques prisonniers, ordonna qu'on leur coupât les parties qui font les hommes et les renvoya en cet état au général grec, avec ordre de lui dire qu'il l'avait fait pour obliger l'Empereur, qu'il savait aimer beaucoup les eunuques, et qu'il tacherait de lui en faire avoir bientôt un plus grand nombre \ Le mar-