‹ Les eunuques à travers les âgesChapitre 35 sur 102 · Puisque votre empereur aime tant les eunuques, rail · texte numérisé non relu

Puisque votre empereur aime tant les eunuques, rail

quis se préparait à tenir sa parole, lorsqu'un jour une femme, dont ses gens avaient pris le mari, vint tout éplorée dans le camp et demanda à parler à Théobald. Le marquis lui ayant demandé le sujet de sa douleur : « Seigneur, répondit-elle, je m'étonne qu'un héros comme vous s'amuse à faire la guerre aux femmes, lorsque les hommes sont hors d'état de lui résister. » Théobald ayant répliqué que depuis les Amazones, il n'avait pas ouï dire qu'on eût fait la guerre à des femmes, « Seigneur, repartit la Grecque, peut-on nous faire une guerre plus cruelle que de priver nos maris de ce qui nous donne de la santé, du plaisir et des enfants ; quand vous en faites des eunuques, ce ne sont point eux, c'est nous que vous mutilez ; vous avez enlevé, ces jours passés, notre bétail et notre bagage, sans que je m'en sois plainte; mais la perte du bien que vous avez ôté à plusieurs de mes compagnes étant irréparable, je n'ai pu m'empêcher de venir solliciter la compassion du vainqueur. » La naïveté de cette femme plut si fort à toute l'armée, qu'on lui rendit son mari, et tout ce qu'on lui avait pris. Comme elle s'en retournait, Théobald lui fît demander ce qu'elle voulait qu'on fît à son mari, au cas qu'on le trouvât encore en armes. « Il a, dit-elle, un nez, des yeux, des mains, des pieds, c'est là son bien que vous pouvez lui ôter, s'il le mérite ; mais laissez-lui, s'il vous plaît, ce qui m'appartient. »

Réponse qui dénote chez les femmes de ce temps un sentiment très net des prérogatives conjugales, mais à laquelle on pourra peut-être reprocher une

lait-il, tous ceux qu'il m'enverra coqs, je les lui renverrai chapons. »

localisation trop exclusive dans l'objet de leurs sentiments affectifs.

Deux cents ans plus tard, en l'an 1134, Magnus IV, héritier légitime du trône de Norvège, est battu et fait prisonnier par un aventurier irlandais du nom de Gilchrist. Ce dernier se fait sacrer roi, et après avoir fait castrer son adversaire, il l'enfermé dans un couvent.

De même la tradition sicilienne, moitié historique, moitié légendaire rapporte qu'après les Vêpres siciliennes des pêcheurs qui expédiaient en Provence des thons salés joignirent à leur envoi des tonneaux entiers de membres coupés aux Français, au cours des massacres qui ensanglantèrent à cette époque Palerme et Messine '.

Nul pays, sans doute, n'a été à l'abri de pareilles atrocités. Aux plus mauvais jours de son histoire, à l'époque des guerres de religion, la France ellemême donna maintes fois le spectacle de ce mode cruel de répression. Lors de la Saint-Barthélémy, un parti de fanatiques conduits par l'Allemand Besme, se précipite dans la chambre de 1 amiral de Coligny. Besme découvre brutalement le corps du vieillard surpris dans son sommeil et d'un coup de poignard il lui tranche les organes sexuels. Puis les assassins précipitent le corps tout pantelant par l'une des hautes fenêtres de l'hôtel, et ils le traînent ainsi, mutilé et tout couvert de sang, jusqu'au gibet de Montfaucon 2,

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