O. Dorsey. Omahia sociology
Ces trophées phalliques, dont les Égyptiens victorieux remplissaient des chariots, les fantassins les attachent à leur fusil ou à leur bouclier, les cavaliers à la tête de leur cheval. De retour dans leur pays, ils en décorent la porte de leur demeure.
Un guerrier qui ne possède aucun de ces hideux trophées est dédaigné, méprisé de tous ; il n'a pas le droit de tisser sa chevelure à la manière des braves éprouvés. Celui au contraire qui peut montrer de nombreux phallus coupés à ses ennemis devient un héros et les femmes chantent sa gloire ; « Samnou- Nougous, notre prince, notre maître, est la terreur des Gallas ; les plus braves d'entre eux évitent sa rencontre. Que de veuves parmi eux dont les maris sont vivants I II a arraché leurs dépouilles viriles ; qu'on regarde plutôt à sa porte ? Samnou-Nougous est invincible ; partout la victoire le suit : ses cris jettentl'épouvante dans les rangs ennemis et sa lance est la mort ! Il va bientôt nous quitter pour aller combattre. Que ses ennemis tremblent ! Ils seront terrassés, émasculés et notre prince reparaîtra parmi nous, dans toute sa gloire, comme le Christ qui ressuscita le troisième jour. »
C'est en ces termes que ces bardes féminins célébraient les exploits d'un chef dont la porte était ornée d'un grand nombre de lauriers phallotomiques ^.
Après le désastre d'Adoua, les soldats de Ménélick firent subir l'affreuse mutilation à tous les Italiens tombés sur le champ de bataille. « Il est de triste usage, écrit Demarquay ^, de se parer, sous le ciel