‹ Les eunuques à travers les âgesChapitre 38 sur 102 · Demarquay. Malad. chirurg. du pénis · texte numérisé non relu

Demarquay. Malad. chirurg. du pénis

brûlant de l'Abyssinie, des dépouilles génitales des malheureux vaincus ; voici par quel procédé opératoire le vainqueur dépossède son adversaire des preuves de sa vaillance virile. Chaque soldat, après avoir été préalablement déshabillé, est renversé et tenu à terre par quatre ou cinq Abyssins,tandis qu'un dernier, armé d'une espèce de yatagan ou d'un simple sabre au besoin, fait un pli à la peau, au niveau de l'ombilic, l'incise, la découpe en forme de lanière dans la direction des parties génitales, élargit sa bande au fur et à mesure qu'il approche de celles-ci, et les rase totalement à leur tour, par deux coups de tranchant, l'un à gauche, l'autre à droite. L'hémorragie est rapide et abondante ; pour l'arrêter, leur barbarie leur a suggéré l'idée de verser immédiatement sur cette vaste plaie béante du beurre bouillant, qui, paraît-il, fait mer\^ille, puisque quarante pour cent de ces malheureux survivent à ces lésions et rentrent, trois mois après, dans leurs foyers, s'il y a échange de prisonniers. »

Demarquay ne nous dit pas qu'ils ont parfois la désagréable surprise, à leur retour, de trouver un nouvel hôte installé au foyer conjugal. Dans ces pays la castration a en effet pour conséquence sociale le lévirat, c'est-à-dire que la femme du mutilé passe alors dans le lit de son beau-frère ^

1. Tout récemment, au Maroc, à Casablanca, plusieurs ouvriers français et étrangers furent massacrés par la populace. Leurs cadavres furent retrouvés lacérés, portant à la tête, en guise de turban, des paquets d'entrailles, et dans la bouche certaine partie de leur corps fort habilement découpée.

Le droit des gens ne semble-t-il pas d'ailleurs avoir consacré l'odieuse coutume qui consiste à mutiler les prisonniers de guerre? Un auteur du XVII® siècle, Herbert i, n'hésitait pas à affirmer la légitimité des droits du vainqueur sur la vie du vaincu ; à plus forte raison, et si tel était son bon plaisir, pouvait-il ne le priver que d'une partie de lui-même.

« Cependant, ajoutait ce logicien inexorable, si pareil châtiment est justifié à l'adresse d'un ennemi, il serait plus que barbare de le faire subir à ses enfants : sévir contre la descendance d'un coupable, c'est là un droit qui n'appartient qu'à Dieu, selon une juste interprétation de l'Écriture. »

Mais l'humanité paraît avoir à diverses reprises transgressé ces principes. Lorsque les généraux perses se furentemparés des principastes villes del'Ionie, cinq siècles avant l'ère chrétienne, ils commencèrent par arracher des bras de leurs mères les plus belles filles, qu'ils destinaient à la couche de leur maître Dariuf?; ils prirent également les plus beaux enfants mâles pour en faire des eunuques ^ Les rois assyriens en usaient de même.

A Byzance, en l'an 813, après son abdication en faveur de l'usurpateur Léon l'Arménien, l'empereur Michel l*''" fut relégué dans un couvent de l'archipel des Princes. Ses deux fils, Théophilacte et Ignace, furent mutilés; ce dernier n'en devint pas moins patriarche de Constantinople, à l'exemple de saint Germain qui avait été fait eunuque par ordre de Constantin Pogonat.

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