Lampride. Vie d* Alexandre Sévère, ch. XXIL
l'eunuchisme dans l'antiquité 133
taient eux qui régentaient la vie du palais, de cette cité énorme, de ses églises, ses trésors, ses trois mondes militaire, ecclésiastique, administratif*. »
Plus tard, lorsque le parti militaire eut porté Constantin au pouvoir, les principaux eunuques furent relégués dans les couvents de déportation, dans les montagnes du Taurus pour la plupart. Un monass tère situé à Topos se composait entièrement de ces hommes incomplets.
Cependant la pédérastie ou, pour employer un terme plus récent, l'homosexualité, dont les eunuque s'étaient trop fréquemment montrés les fervents apôtres, avait envahi toutes les classes du monde latin. Les poètes même avaient chanté ces amours étranges, et après Virgile, Catulle, Tibulle ne rougirent pas davantage de montrer un attachement excessif envers de trop chers amis. Ces mœurs étaient à ce point répandues qu'au temps des Bacchanales, les hommes se livraient davantage à la débauche entre eux qu'avec les femmes: Pliira vironim inter sese quam femîiiarum esse stupra ^.
A Rome, une rue entière, la rue des Toscans, était habitée par des invertis sexuels, désignés du nom de pathicij pœdicones, qui n'avaient d'autres moyens d'existence que l'exploitation des vices de leurs contemporains:
In lusco vico, ihl siint homines qui ipsi sese venditant.
(Plaute, Ciircul, 490.)
Encore cet infâme commerce n'était-il pas tou-