Tite-Livc, XXXIX
jours des plus rémunérateurs, et Juvénal ne ménage pas ses railleries à un certain Névolus que des amis peu généreux ont abandonné dans un complet dénûment : « Quel maigreur I lui dit-il. Un malade, en proie depuis longtemps à la fièvre quarte, ne saurait être plus mal en point. »
Les pathici portaient pour la plupart la chevelure longue 1, mais ils s'épilaient avec soin tout le reste du corps. « Des hommes faisaient également métier d'épiler les jeunes garçons qui tenaient à ressembler à des femmes et à les remplacer au besoin ^ »
C'étaient également ces barbiers, tonsores, qui se chargeaient d'émasculer les enfants pour les prostituer ensuite ou les vendre au plus offrant. Vers le ii« siècle, à Rome, on pouvait se procurer un jeune esclave mutilé pour la somme d'un talent environ.
Bon nombre d'invertis professionnels étaient donc des eunuques, spadones. Leur costume, en harmonie avec leur métier, se composait généralement d'une longue toge traînante ou de vêtements souples et demi-transparents. Leur figure imberbe, leur voix féminine étaient choses très recherchées d'une certaine catégorie de débauchés.
Cependant la conscience publique réprouvait de pareils égarements et la voix de quelques écrivains ne cessait de les flétrir \ Mais les racines du mal étaient profondes. En vain Horace, dans une de ses